Onychomycose

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Onychomycose
Classification et ressources externes
Toefungus.jpg
Mycose de l’ongle du gros orteil
CIM-10 B35.1
CIM-9 110.1
DiseasesDB 13125
MedlinePlus 001330
eMedicine derm/300 
MeSH D014009
Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale
Onychomycose à Trychophyton rubrum.
Onychomycose diffuse.

L'onychomycose[1], aussi appelée, mycose des ongles ou mycose ungéale, est une infection des ongles due à des champignons microscopiques. Différentes espèces de champignons sont responsables de cette affection, les plus fréquemment retrouvées sont des dermatophytes (surtout aux pieds), puis des levures du genre Candida (surtout aux mains) et des moisissures. Les ongles les plus touchés sont ceux des pieds, et notamment celui du gros orteil. La transmission des dermatophytes est souvent interhumaine.

Synonymes[modifier | modifier le code]

Onyxis dermatophytique ; Teigne de l'ongle ; Tinea unguium[2].

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

C'est une affection fréquente, touchant 6 à 9 % de la population générale. Elle est rare chez l’enfant et sa fréquence augmente avec l’âge, elle affecte ainsi 30 % des plus de 70 ans[3].

Il existe de nombreux facteurs favorisants : une possible prédisposition génétique[4], les microtraumatismes, des maladies associées (psoriasis[5], diabète[6], mauvaise circulation sanguine des pieds, immunodépression dont HIV[7]…), certains traitements médicamenteux (immunosuppresseurs, chimiothérapies, corticoïdes…), et surtout des facteurs environnementaux (chaleur et humidité, transpiration importante, port continu de chaussures fermées, marche pieds nus sur les sols publics, tabagisme[8], le fait de se « ronger les ongles »[9]), des facteurs liés à l'âge…

Étiologie[modifier | modifier le code]

Cette maladie est causée par différents types de champignons microscopiques (dermatophytes, levures, moisissures) qui prolifèrent dans les endroits chauds, humides et sombres comme les chaussures fermées.

Ces champignons se nourrissent de la kératine qui compose les ongles. Les ongles les plus souvent atteints sont ceux du gros et du petit orteil.

Les champignons en cause sont le plus souvent de la famille des dermatophytes, dont :

Diagnostic[modifier | modifier le code]

Le diagnostic est suspecté devant une atteinte clinique d’un ongle, dénommée « onychopathie », telle qu'un épaississement ou une coloration inhabituelle. Les orteils (notamment premier et cinquième) sont beaucoup plus fréquemment atteints que les doigts de la main[9].

Cependant une lésion unguéale n'est due à une mycose que dans moins de la moitié des cas[3], et les diagnostics différentiels sont nombreux. C'est pourquoi, si un traitement doit être institué, il est nécessaire de confirmer l'origine fongique par un prélèvement, qui permettra également de déterminer l'espèce en cause et de pouvoir adapter le traitement. ce prélèvement peut être un ongle coupé, ou résulter d'un grattage de l'ongle ou d'une lésion cutanée proche de celui-ci. Le champignon peut être identifié en microscopie (coloration de Schiff[10] ou par la mise en culture.

Soins[modifier | modifier le code]

Ce type d’infection guérit rarement spontanément sans traitement et a plutôt tendance à s’aggraver, les surfaces infectées s’agrandissant au fil du temps. Elle est rarement considérée comme un vrai problème de santé mais plutôt comme un problème d’ordre esthétique.

Les traitements ont une efficacité relative, avec plus de 30 % d'échec[11] en moyenne. Les formes résistantes peuvent nécessiter la combinaison d'un traitement local avec la prise d’antifongique par voie orale[12]. Un tiers des patients récidive après une première cure[9].

Traitements locaux[modifier | modifier le code]

Le traitement local seul est préconisé si l'atteinte ne concerne que moins de la moitié de l'ongle et pas plus que quelques doigts[13].

Il est possible de supprimer la zone infectée (ablation chimique, découpage ou meulage mécanique), et d'appliquer un traitement local sous forme de solution filmogène ou de vernis à base de ciclopirox[14] ou d'amorolfine, (moins efficace si utilisé seul[15] mais fonctionnant un peu mieux que le ciclopirox[16]). D'autres xénobiotiques peuvent être utilisés : tioconazole[17], efinaconazole[18]

Le laser permet de traiter les patients en une ou deux séances avec un taux de succès proche des traitements généraux par voie orale classiques sans effet secondaire[19],[20]. L'un de ces lasers, le PinPointe, a obtenu un agrément de la Food and Drug Administration pour le traitement de la mycose des ongles aux États-Unis.

L'utilisation d'huiles essentielles, issues d'origan, d'arbre à thé ou de thym commun, est un traitement possible, encore assez peu étudié. L'huile essentielle d'origan a des propriétés antifongiques in vitro[21] et in vivo chez le rat[22] sur Trichophyton rubrum. L'huile essentielle d'arbre à thé a des propriétés antifongiques in vitro[23] et in vivo (seul[24] et en association avec de la butenafine[25]) chez l'Homme sur Trichophyton rubrum. L'huile essentielle de thym commun a des propriétés antifongiques in vitro[26], et in vivo chez le rat[27] sur Trichophyton rubrum.

Traitements généraux[modifier | modifier le code]

L'association d'un traitement local et d'un traitement par voie orale est parfois nécessaire. Certains antifongiques oraux exposent à des effets secondaires potentiellement graves et nécessitent certaines précautions. Le traitement est long et la guérison n'est pas toujours possible.

La terbinafine est un fongicide surtout actif sur les dermatophytoses et doit être donné pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois[9], nécessitant une surveillance biologique du foie.

L'itraconazole est un autre antifongique pouvant être donnée soit par prise quotidienne pendant plusieurs semaines, soit par prise hebdomadaire[28]. Cette molécule comporte des interactions avec d'autres médicaments et peut également avoir une certaine toxicité hépatique.

Les deux produits ont une efficacité comparable[29], avec toutefois un taux de récidive inférieur avec la terbinafine[30].

La griséofulvine est moins efficace que les deux précédentes molécules, de même que le fluconazole[31].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. du grec onycho : « ongle », et myco : « champignon », associés au siffxe -ose caractéristique des maladies
  2. Page Onychomycose sur CISMeF.
  3. a et b Onychomycoses - Modalités de diagnostic et prise en charge - Ann Dermatol Venereol. 2007;134:5S7 - « Pdf - En ligne » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 2013-03-30
  4. (en) Faergemann J, Correia O, Nowicki R, Ro BI, « Genetic predisposition—understanding underlying mechanisms of onychomycosis » J Eur Acad Dermatol Venereol. 2005;19:17-9. PMID 16120201
  5. (en) Gupta AK, Lynde CW, Jain HC, Sibbald RG. et al. « A higher prevalence of onychomycosis in psoriatics compared with non-psoriatics: a multicentre study » Br J Dermatol. 1997;136:786-9 PMID 9205520
  6. (en) Gupta AK, Konnikov N, MacDonald P. et al. « Prevalence and epidemiology of toenail onychomycosis in diabetic subjects: a multicentre survey » Br J Dermatol. 1998;139:665-71. PMID 9892911
  7. (en) Gupta AK, Taborda P, Taborda V. et al. « Epidemiology and prevalence of onychomycosis in HIV-positive individuals » Int J Dermatol. 2000;39:746-53. PMID 11095193
  8. (en) Gupta AK, Gupta MA, Summerbell RC. et al. « The epidemiology of onychomycosis: possible role of smoking and peripheral arterial disease » J Eur Acad Dermatol Venereol. 2000;14:466-9. PMID 11444267
  9. a, b, c, d et e (en) Eisman S, Sinclair R. « Fungal nail infection: diagnosis and management » BMJ 2014;348:g1800 DOI:10.1136/bmj.g1800 PMID 24661991
  10. (en) Barak O, Asarch A, Horn T. « PAS is optimal for diagnosing onychomycosis » J Cutan Pathol. 2010;37:1038-40. PMID 20412344 DOI:10.1111/j.1600-0560.2010.01545.x
  11. (en) Hay RJ, « The future of onychomycosis therapy may involve a combination of approaches » Br J Dermatol. 2001;145(Suppl 60):3-8. PMID 11777262
  12. (en) Baran R, Feuilhade M, Combernale P et al. « A randomized trial of amorolfine 5% solution nail lacquer combined with oral terbinafine compared with terbinafine alone in the treatment of dermatophytic toenail onychomycoses affecting the matrix region » Br J Dermatol. 2000;142:1177-83. PMID 10848743
  13. (en) Lecha M, Effendy ‘I, Feuilhade de Chauvin M, Di Chiacchio N, Baran R, « Taskforce on onychomycosis education. Treatment options-development of consensus guidelines » J Eur Acad Dermatol Venereol. 2005;19(Suppl 1):25-33. PMID 16120203
  14. (en) Gupta AK, Baran R, « Ciclopirox nail lacquer solution 8% in the 21st century » J Am Acad Dermatol. 2000;43(Suppl):S96-102. PMID 11051138
  15. (en) Paul C, Coustou D, Lahfa M, Bulai-Livideanu C et al. « A multicenter, randomized, open-label, controlled study comparing the efficacy, safety and cost-effectiveness of a sequential therapy with RV4104A ointment, ciclopiroxolamine cream and ciclopirox film-forming solution with amorolfine nail lacquer alone in dermatophytic onychomycosis » Dermatology 2013;227:157-64. PMID 24051622
  16. (en) Crawford F, Hollis S, « Topical treatments for fungal infections of the skin and nails of the foot » Cochrane Database Syst Rev. 2007;3:CD001434. PMID 17636672
  17. (en) Hay RJ, Mackie RM, Clayton YM, « Tioconazole nail solution—an open study of its efficacy in onychomycosis » Clin Exp Dermatol. 1985;10:111-5. PMID 3156698
  18. (en) Elewski BE, Rich P, Pollak R. et al. « Efinaconazole 10% solution in the treatment of toenail onychomycosis: two phase III multicenter, randomized, double-blind studies » J Am Acad Dermatol. 2013;68:600-8. PMID 23177180
  19. (en) Adam S Landsman, Alan H Robbins, Paula F Angelini, Catherine C Wu, Jeremy Cook, Mary Oster, Eric S Bornstein, « Treatment of mild, moderate, and severe onychomycosis using 870- and 930-nm light exposure », Journal of the American Podiatric Medical Association, vol. 100, no 3,‎ juin 2010, p. 166-177 (ISSN 1930-8264, PMID 20479446)
  20. (en) Hamish Dow, « Onychomycosis and nail dystrophy treated with the PinPointe FootLaser », Podiatry Now Magazine,‎ juin 2011, p. 24-27 (lire en ligne [PDF])
  21. (en) F Şahin, « Biological activities of the essential oils and methanol extract of Origanum vulgare ssp. vulgare in the Eastern Anatolia region of Turkey », Food Control,‎ 2004 (lire en ligne)
  22. (en) Konstantia Adam, « Antifungal Activities of Origanum vulgare subsp. hirtum, Mentha spicata, Lavandula angustifolia, and Salvia fruticosa Essential Oils against Human Pathogenic Fungi », J. Agric. Food Chem., no 46,‎ 1998, p. 1739–1745 (lire en ligne)
  23. (en) Flores FC, « Antifungal activity of nanocapsule suspensions containing tea tree oil on the growth of Trichophyton rubrum. », Mycopathologia, no 175,‎ avril 2013 (lire en ligne)
  24. (en) Buck DS, « Comparison of two topical preparations for the treatment of onychomycosis: Melaleuca alternifolia (tea tree) oil and clotrimazole. », J Fam Pract, no 38,‎ juin 1994 (lire en ligne)
  25. (en) T. A. Syed, « Treatment of toenail onychomycosis with 2% butenafine and 5% Melaleuca alternifolia (tea tree) oil in cream », Tropical Medicine & International Health,‎ avril 1999, p. 284-287 (lire en ligne)
  26. (en) Marina D. Soković, « Chemical Composition of Essential Oils of Thymus and Mentha Species and Their Antifungal Activities », Molecules,‎ 2008 (lire en ligne)
  27. (en) M. Soković, « Antifungal Activity of the Essential oil of Thymus vulgaris L. and Thymol on Experimentally Induced Dermatomycoses », Drug Development and Industrial Pharmacy,‎ 2008 (lire en ligne)
  28. (en) Havu V, Brandt H, Heikkilä H. et al. « A double-blind, randomized study comparing itraconazole pulse therapy with continuous dosing for the treatment of toe-nail onychomycosis » Br J Dermatol. 1997;136:230-4. PMID 9068738
  29. (en) Gupta AK, Ryder JE, Johnson AM, « Cumulative eta-analysis of systemic antifungal agents for the treatment of onychomycosis » Br J Dermatol. 2004;150:537-44. PMID 15030339
  30. (en) Yin Z, Xu J, Luo D, « A meta-analysis comparing long-term recurrences of toenail onychomycosis after successful treatment with terbinafine versus itraconazole » J Dermatolog Treat. 2012;23:449-52. PMID 21801094
  31. (en) Brown SJ, « Efficacy of fluconazole for the treatment of onychomycosis » Ann Pharmacother. 2009;43:1684-91. PMID 19776299

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]