Nicolas Hentz

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Nicolas Hentz
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Nicolas Hentz ( - )[1] est un révolutionnaire français. Il fut député de la Moselle à la Convention nationale de 1792 à 1795[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de dix-neuf enfants, dont le père est maréchal-ferrant, Nicolas Hentz naît à Thionville, le [3]. En 1780, il devient avocat au Parlement de Metz[3]. Il est élu juge de paix à Sierck, en décembre 1790, et épouse des idées révolutionnaires plutôt radicales. Il fait ainsi procéder à des arrestations d'émigrés sur la route de Trèves[3]. En septembre 1792, il est élu député de la Moselle à la Convention nationale[2], où il siège sur les bancs Montagnards[2]. Il devient membre du Comité de législation, où il propose une limitation des héritages.

Lors du procès du roi Louis XVI en , il vote pour la culpabilité du roi, contre la ratification du jugement du peuple, contre le sursis et pour la peine de mort. L'année 1793 le voit chargé de différentes missions auprès des armées. D'avril à juillet, il est envoyé en qualité de commissaire à l'armée des Ardennes. Il ne participe ni aux scrutins relatifs à la mise en accusation de Marat, ni à la condamnation des Girondins. D'août à septembre, il est en mission à l'armée du Nord, où il procède à l'arrestation du général Houchard. En octobre, une autre mission le conduit à l'armée de l'Ouest; en novembre, de nouveau à l'armée des Ardennes, puis de la Moselle et du Nord. Il rentre à Paris fin et repart aussitôt pour l'armée du Nord, jusqu'à mi-janvier 1794.

De à début , Hentz est à l'armée de l'Ouest, où, selon le Comité de salut public, il se signale en Vendée par un « zèle inconsidéré », dont les Fusillades d'Avrillé sont, parmi d'autres, un effroyable exemple. Il fait pression sur Turreau, que la Convention blâme pour ses échecs, afin qu'il intensifie les raids de ses colonnes, et obtient du Comité de Salut public que son propre successeur soit Carrier, l'homme que la situation réclame selon lui[4]. À la fin de 1793 "Ance" s'était signalé comme guillotineur à Rochefort (Moniteur du ). En , il part pour l'armée du Rhin, où on lui reproche sa violence et l'incendie de la ville de Kusel. Rappelé par le Comité de salut public le 13 thermidor de l'an II (), il rentre à Paris le 26 thermidor de l'an II ().

Condamné pour les massacres ayant eu lieu sous son mandat, Hentz est mis en état d'arrestation le 16 germinal de l'an III (), mais il arrive à prendre la fuite et se tient caché. Il bénéficie de l'amnistie générale du 4 brumaire an IV (26 octobre 1795) et l'on perd ensuite sa trace. En l'an VII (1799), on le retrouve receveur de l'Enregistrement à Douai, poste qu'il occupe jusqu'en 1803. Il devient contrôleur des droits réunis dans le département de la Lippe en 1812, employé dans un ministère à Paris en 1813, avant d'être contraint à l'exil, comme régicide, en 1817 à la suite de la loi contre les régicides de Louis XVIII.

Nicolas Hentz s'embarque alors pour les États-Unis, où il ouvre une exploitation de tabac à Wilkes-Barre en Pennsylvanie. Il enseigne quelque temps le français et la musique à Hollowel, à la frontière du Canada[3]. Il serait décédé à Philadelphie le [2].

Son fils Nicolas Marcel (1797-1856), connu aux États-Unis sous le nom de Nicholas Marcellus Hentz est l'un des fondateurs de l'arachnologie.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Hentz naaquit en 1753 à Metz, et non en 1768 à Thionville, comme l'affirme la source Sycomore, qui reproduit l'erreur (confusion avec un homonyme, cousin du père de Hentz) du Dictionnaire des Conventionnels (1918) ; voir Florange, op. laud., p. 2, et Gustave Laurent & Albert Mathiez, "Notes et glanes", dans Annales historiques de la Révolution française, 1e année, n° 4, juillet-août 1924, p. 379.
  2. a b c et d Nicolas, Joseph Hentz (1768 - 1830) sur « Nicolas Hentz », sur Sycomore, base de données des députés de l'Assemblée nationale.
  3. a b c et d Nicolas Hentz par Pierre Brasme sur De Roederer à Merlin de Thionville : des Mosellans dans la Révolution Conférence présentée devant le Comité d’Historicité Européenne de la Lorraine le 12 décembre 2009.
  4. Florange, p. 117 et 120