Neom

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Neom
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Nom local
نيوم
Géographie
Pays
Province
Superficie
26 500 km2Voir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Fonctionnement
Statut
Entité territoriale administrative de l'Arabie saoudite (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Histoire
Fondation
Fondateur
Identifiants
Site web

Neom est un projet de ville futuriste située au Nord-Ouest de l'Arabie saoudite, à proximité de la Jordanie, de l'Égypte et d'Israël.

Description[modifier | modifier le code]

Le nom Neom est une association de neo (nouveau en grec) et M pour Mostaqbal (futur en arabe)[1].

En plein cœur du désert, ce projet pharaonique est amorcé par le prince Mohammed ben Salmane ben Abdelazize Al Saoud. Neom aurait une superficie de 26 000 km2 à 26 500 km2, soit la surface de la Bretagne ou « 250 fois la taille de Paris » et coûterait plus de 500 milliards de dollars. Neom empiète sur l'ancien Royaume du Hedjaz et forcera quelque 20 000 membres de la tribu des Howeitat à quitter un territoire qu'ils occupent depuis des siècles[2].

La direction du projet est confiée à Klaus Kleinfeld[3], membre du groupe Bilderberg[4]. La première partie des travaux devrait être achevée en 2025[1],[5],[6],[7].

Un système complet d'e-gouvernement assurera la vie administrative et sociale de la ville[6]. Celle-ci sera organisée comme une société privée dans laquelle il sera possible d'acheter des parts en bourse et qui aura son propre conseil d'administration[8].

Outre un accès internet à haut débit sans fil, les résidents disposeront de valets robotisés, de taxis drones volants et d’une lune artificielle. Un système de reconnaissance faciale couvrira tout le territoire[2]. Un projet de pont qui traverserait le golfe d'Aqaba pourrait relier cette ville à l'Égypte[9].

Conçu comme une réponse à la Silicon Valley, la ville veut être alimentée en énergie renouvelable et devenir un centre de biotechnologie, de média et de divertissement[10]. Ses concepteurs avancent que la ville pourrait générer le plus fort PIB par habitant au monde d'ici à 2030[1]. L'utopie du projet pousse certains critiques à le comparer au film Bienvenue à Gattaca[3].

Controverses[modifier | modifier le code]

En 2018, après l'assassinat de Jamal Khashoggi, le prince MBS a déclaré que «personne n'investirait [dans le projet] pendant des années»[11]. Les conseillers de Neom, notamment Daniel L. Doctoroff et l'architecte Norman Foster, se seraient éloignés du projet et du prince saoudien toxique[12].

De plus, les projets basés sur la vision du prince comprennent une technologie qui n'existe pas encore, comme les automobiles volantes, les femmes de chambre de robot, les robots de dinosaures et une lune artificielle massive. On estime que 20 000 personnes seront obligées de déménager pour accueillir la ville prévue[13].

En juin 2020, MBS a embauché une entreprise américaine de relations publiques et de lobbying pour contrer les critiques et les controverses autour du projet Neom. Le pays a signé un contrat d'une valeur de 1,7 million de dollars avec la société de relations publiques Ruder Finn[14].

Selon la publication d'octobre 2020 par The Independent, Alya Alhwaiti, un militant basé à Londres qui est porte-parole de la tribu a révélé qu'au début de 2016, lorsque le projet Neom a été lancé, MBS a promis à Howeitat de faire partie de celui-ci et de partager le développement et l'amélioration de la région. Cependant, ils ont été contraints de quitter leurs terres sans endroits où séjourner en 2020. De plus, ils ont été avertis que s'ils ouvraient la bouche ou disaient quelque chose sur les réseaux sociaux, ils disparaissaient de la terre. En outre, pour pouvoir avancer avec l'énorme projet Neom, les autorités saoudiennes ont arrêté, harcelé, traqué et tué des membres des tribus pour avoir remis en question leurs plans et refusé de vendre leurs terres ancestrales à l'État[15].

En novembre 2020, Dominic Raab a été encouragé à boycotter le sommet du G20 en Arabie saoudite par des avocats britanniques représentant la tribu bédouine déplacée par le développement de Neom. Les avocats ont fait valoir que la Grande-Bretagne avait une obligation morale de défendre la tribu et de combattre l'Arabie saoudite pour ses violations des droits de l'homme[16].

En mai 2022, selon le The Wall Street Journal, d'anciens employés ont rapporté que le PDG du projet Neom, Nadhmi A. Al-Nasr, avait favorisé une culture d'entreprise qui «humiliait les expatriés, comportait des demandes excessives et ne combattait pas les discriminations sur le lieu de travail». M. Nasr, qui avait été nommé par MBS pour diriger Neom, a été accusé d'avoir accablé de reproches et intimidé ses employés pendant son mandat, selon les témoignages de membres actuels et anciens du personnel. En 2022, deux mégaprojects de Saudi Vision 2030 ont été fusionnés, tandis que les trois projets restants ont vu leurs dirigeants expatriés partir et leurs cadres supérieurs être remplacés[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Laurent Martinet, « Arabie saoudite: Neom, un projet fou pour inventer "l'avenir de l'humanité" », L'Express,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Ruth Michaelson, ‘It’s being built on our blood’: the true cost of Saudi Arabia’s $500bn megacity, The Guardian, 4 mai 2020.
  3. a et b Isabelle Couet, « À Riyad, les annonces fracassantes du prince «MBS » », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  4. « Voici la liste du club Bilderberg des « maîtres du monde » », sur L'Obs (consulté le )
  5. « NEOM : la mégalopole du futur dont rêve l’Arabie saoudite », Le Monde (consulté le )
  6. a et b « Arabie saoudite : NEOM, le rêve à 500 milliards de dollars de Mohammed ben Salmane », sur lepoint.fr, (consulté le )
  7. Caroline Durand, « Neom, la ville qui fera 250 fois la taille de Paris », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  8. (en) Crown Prince announces Saudi mega-city listing, discusses Qatar rift, Yemen war, Reuters, 28 octobre 2017.
  9. Louis Boisgibault et Fahad Al Kabbani, Transition énergétique dans les métropoles, la ruralité et le désert, Londres, ISTE Éditions, coll. « Energie », , 238 p. (ISBN 978-1-78405-602-5, lire en ligne)
  10. (en)Oliver Wainwright, 'The next era of human progress': what lies behind the global new cities epidemic?, The Guardian, 8 juillet 2019.
  11. (en) « Saudi prince’s flagship plan beset by doubts after Khashoggi death », sur Financial Times (consulté le )
  12. (en) « Top tech execs will help Saudi Arabia build its mega city of the future », sur CNN (consulté le )
  13. (en) « A Prince’s $500 Billion Desert Dream: Flying Cars, Robot Dinosaurs and a Giant Artificial Moon », sur The Wall Street Journal (consulté le )
  14. (en) « Saudi prince defends trophy projects amid crisis », sur Asia Times (consulté le )
  15. (en) « A Prince’s $500 Billion Desert Dream: Flying Cars, Robot Dinosaurs and a Giant Artificial Moon », sur The Independent (consulté le )
  16. (en) « Dominic Raab urged to boycott G20 over Saudi Arabia's bid to evict Bedouin tribe from homeland », sur The Telegraph (consulté le )
  17. (en) « Expatriate Executives Flee Saudi Arabia’s Bad Bosses », sur The Wall Street Journal (consulté le )

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert F. Worth, « The Dark Reality Behind Saudi Arabia’s Utopian Dreams », The New York Times Magazine,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Pages liées[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]