Vision 2030 (Arabie saoudite)

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Le plan Vision 2030 est un plan de développement mis en place par le gouvernement saoudien en 2016 qui vise à faire sortir le pays de sa rente pétrolière historique en diversifiant son économie et en ayant recours à diverses privatisations. Au sein du gouvernement, il est porté par le Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le plan Vision 2030 est rendu public le par le Ministre de la Défense, président du Conseil des affaires économiques et du développement et Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud, qui le qualifie à cette occasion de plan « ambitieux mais réalisable »[1].

Ce plan a été élaboré pour répondre aux difficultés budgétaires connues par le Royaume d’Arabie saoudite suite à la forte baisse des prix du pétrole en 2014. Or, jusqu’en 2015, 90 % des recettes publiques du pays proviennent du pétrole. Parmi les mesures prioritaires, le gouvernement a entrepris de diminuer fortement les dépenses publiques, en réduisant notamment les subventions à la consommation d’électricité, d’eau et de carburant, tout en augmentant les prix du carburant de près de 40 %[2],[3]. Ce plan prévoit notamment la vente de 5 % de Saudi Aramco pour multiplier les investissements hors du secteur énergétique et financer son programme de réformes[4].

En , le Conseil a présenté 12 programmes opérationnels (Vision Realization Programs) destinés à porter le plan Vision 2030, et qui se focalisent sur divers volets économiques, sociaux et politiques prioritaires[5].

Description[modifier | modifier le code]

Le plan Vision 2030 est un programme de réformes socio-économiques mis en place par le gouvernement saoudien afin de sortir l’Arabie saoudite de sa rente pétrolière historique en diversifiant son économie et en ayant recours à diverses privatisations. Le plan se fonde sur trois piliers[6]:

  • Économique : Objectif de diversification de son économie et d’autonomisation des jeunes générations. Renforcement de son rôle au niveau régional et multiplication de ses partenariats à l’international.
  • Social : Amélioration des services à la population, notamment dans le secteur de la santé, de la culture, des loisirs ainsi que du secteur touristique. Revalorisation de l’héritage et de l’identité nationale saoudiens. Développement durable.
  • Politique : Révision des structures institutionnelles du gouvernement pour apporter plus d’agilité et de transparence à son système de gestion publique, et incitation des jeunes générations à participer davantage à la vie publique.

Le plan prévoit notamment de développer les capacités liées aux énergies renouvelables, au secteur minier, ainsi qu’à la production de gaz naturel. Les exportations de produits non pétroliers devraient augmenter de 43 milliards d'euros à 70,4 milliards d'euros à l’horizon 2030. Avec la valorisation de nouveaux secteurs d'activité comme les loisirs ou le numérique, le gouvernement poursuit l’objectif de créer 450 000 emplois dans le secteur privé d’ici 2020[7],[8],[9]. La Fondation MiSK, créée en 2011 et dirigée par le Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud, a pour mission de soutenir les axes du programme dédiés à la jeunesse, à la culture et à l’éducation[10].

Organisation[modifier | modifier le code]

Vision 2030 s’appuie sur trois plans d’actions quinquennaux dont le premier volet, le programme pour la transformation nationale (NTP), pose les bases de 543 initiatives incombant à 24 entités gouvernementales, lancées entre 2016 et 2021, pour un coût de 270 milliards de riyals (63,4 milliards d'euros)[7],[11].

Supervisé par le ministre de l’économie et Prince héritier Mohammed ben Salmane Al Saoud, l’application du plan Vision 2030 est réparti à trois niveaux de responsabilités, selon un rythme global, quinquennal et annuel[5]:

  • Au niveau global, la supervision du programme à l’horizon 2030 est assurée par le conseil des Ministres du Royaume ainsi que le Conseil pour les affaires économiques et de développement;
  • Selon un rythme quinquennal, le suivi opérationnel est assuré par le directeur de le CEAD, les responsables des douze responsables des Programmes de réalisation de la Vision (Vision Realization Programs), ainsi que par le comité Vision 2030;
  • Tous les ans, chaque entité individuelle concernée par le plan Vision 2030 a la responsabilité de ses objectifs et de son budget.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Molly McCluskey, « ANALYSIS: Saudi's US visit to promote economic plan met with scepticism », sur Middleeasteye.net,
  2. Yves Bourdillon, « L'Arabie saoudite s'enfonce dans le déficit budgétaire », sur Lesechos.fr,
  3. « En Arabie saoudite, le prix du carburant augmente d’au moins 50 % », sur Lemonde.fr,
  4. Sébastien Seibt, « L’Arabie saoudite dévoile son projet d’économie post-pétrole », sur France24.com,
  5. a et b [PDF] (en) « KSA Vision 2030 », sur Vision2030.gov.sa
  6. (en) « Full text of Saudi Arabia’s Vision 2030 », sur Alarabiya.net,
  7. a et b « Le plan de l'Arabie saoudite pour réduire sa dépendance au pétrole », sur Latribune.fr,
  8. François-Aïssa Touazi, « Le plan saoudien Vision 2030 : quelles opportunités pour les entreprises françaises ? », sur Latribune.fr,
  9. (en) « KSA private sector must employ 4.1m Saudis by 2030 », sur Oxfordstrategicconsulting.com
  10. Hala Kodmani, « Arabie Saoudite : le «tufush», mal-être des moins de 30 ans », sur Liberation.fr,
  11. (en) « Transforming Saudi Arabia: National Transformation Program 2020 Approved », sur Shearman.com,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]