Mohammed ben Salmane Al Saoud

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Mohammed ben Salmane
Al Saoud
محمد بن سلمان آل سعود
Description de cette image, également commentée ci-après
Le prince Mohammed ben Salmane Al Saoud

Titres

Prince héritier d'Arabie saoudite
Vice-Premier ministre

Depuis le
(5 mois et 22 jours)

Prédécesseur Mohammed ben Nayef Al Saoud

Ministre de la Défense saoudien

Depuis le
(2 ans, 10 mois et 20 jours)

Prédécesseur Salmane ben Abdelaziz Al Saoud

Vice-prince héritier d'Arabie saoudite
Second vice-Premier ministre


(2 ans, 1 mois et 23 jours)

Prédécesseur Mohammed ben Nayef Al Saoud
Biographie
Dynastie Saoud
Nom de naissance Mohammed ben Salmane ben Abdelaziz ben Abderrahmane ben Fayçal ben Turki ben Abdallah ben Mohammed ben Saoud
Naissance (32 ans)
Riyad (Arabie saoudite)
Père Salmane
Mère Fahda bint Falah ben Sultan Al Hithalayn
Résidence Palais d'Al-Yamamah
Description de l'image Coat of arms of Saudi Arabia.svg.

Mohammed ben Salmane Al Saoud, né le à Riyad, est le prince héritier et le vice-Premier ministre d'Arabie saoudite depuis le 23 juin 2017. Issu de la dynastie saoudienne, fils du roi Salmane et petit-fils d'Ibn Séoud, fondateur du royaume, Mohammed ben Salmane, parfois désigné par ses initiales MBS[1], est aussi depuis le plus jeune ministre de la Défense au monde[2] et président du Conseil économique et de développement.

Le 4 novembre 2017, nommé à la tête d'une commission anti-corruption, il déclenche une purge sans précédent (en) qui voit le limogeage ou l'arrestation de dizaines de princes, ministres et d’hommes d’affaires[1] qui lui assure le contrôle des principaux leviers du pouvoirs au sein du royaume[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière politique avant 2015[modifier | modifier le code]

Fils de Salmane ben Abdelaziz Al Saoud et de Fahda bint Falah ben Sultan Al Hithalayn, sa troisième épouse, Mohammed ben Salmane est diplômé en droit de l'université du Roi-Saoud.

Il commence sa carrière politique en décembre 2009 en devenant à 24 ans conseiller spécial de son père, alors gouverneur de Riyad. En 2011, lorsque Salmane est nommé ministre de la Défense, MBS devient son conseiller personnel[4]. En 2013, il dirige le cabinet princier à la suite de la nomination de son père en tant que prince héritier[5].

En avril 2014, il devient secrétaire d'État et membre du gouvernement[6].

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Le , lors de l'accession de son père au trône, il est nommé ministre de la Défense et chef de la Cour royale[7] à 30 ans, ce qui en fait le plus jeune ministre de la Défense au monde[2].

Depuis mars 2015, Mohammed ben Salmane conduit les opérations militaires saoudiennes au Yémen contre les rebelles houthistes afin d’empêcher la constitution d’un « Hezbollah yéménite »[4].

En décembre 2015, il annonce la mise en place d’une coalition de 34 pays musulmans pour lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes. Elle comprend un volet sécuritaire et militaire (échange de renseignement, entraînement, équipement et déploiement de forces « si nécessaire »), ainsi qu’un volet « idéologique » pour contrer les capacités d’endoctrinement des groupes djihadistes[8].

Le même mois, dans une déclaration publique, le service de renseignement allemand exprime son inquiétude devant la nouvelle politique étrangère du jeune prince, soulignant de quelle façon la « position diplomatique jusqu'ici prudente des chefs aînés de la famille royale est remplacée par une politique interventionniste impulsive » et présente un danger pour la stabilité de la région[9].

En janvier 2016, il réfute l’éventualité d’une guerre contre l’Iran, estimant qu’un tel conflit « aurait un impact très fort sur le reste du monde »[10].

Prince héritier[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la mise à l'écart du prince héritier Moukrine ben Abdelaziz et à son remplacement par Mohammed ben Nayef, ministre de l'Intérieur. Mohammed ben Salmane est nommé vice-prince héritier du royaume et second vice-Premier ministre[11].

Le , à 31 ans et à la surprise générale, il est nommé prince héritier par le roi Salmane et le conseil d'allégeance de la famille royale saoudienne en remplacement de son cousin Mohammed ben Nayef[12],[13],[14].

Réformes politiques, sociales et économiques[modifier | modifier le code]

Le plan national Vision 2030[modifier | modifier le code]

Touchée par la baisse du prix du pétrole, l'Arabie saoudite doit réduire le budget de fonctionnement de l'État. Dans le cadre du Programme de transformation nationale lancé en janvier 2016, Mohammed ben Salmane dresse la feuille de route de plusieurs réformes économiques et sociales qui doivent aboutir à une évolution profonde de l'économie saoudienne vers une économie diversifiée, plus ouverte, industrialisée et modernisée[15]. Ces mesures ont été dévoilées le 25 avril 2016 sous la forme d'un plan « Vision 2030 » qui fixe les objectifs en détail[16].

Réformes budgétaires[modifier | modifier le code]

En raison de la baisse des cours du pétrole en 2015 et de recettes pétrolières revues à la baisse, Mohammed ben Salmane amorce des réformes budgétaires : les subventions sur l'essence, l'eau et l'électricité sont désormais conditionnées aux revenus des ménages saoudiens. Une taxe sur certains produits nocifs pour la santé comme les cigarettes ou les boissons sucrées a également été introduite[17].

En avril 2017, Mohammed ben Salmane rétablit la plupart des bonus et aides aux fonctionnaires[18].

Libéralisation économique[modifier | modifier le code]

Président du Conseil des affaires économiques et du développement depuis le 29 janvier 2014 et président du Conseil suprême de la compagnie Saudi Aramco[19], il est responsable de la politique pétrolière et économique du Royaume.

L’objectif du plan est de diversifier l’économie du pays en réduisant sa dépendance vis-à-vis du pétrole. Mohammed ben Salmane décrit cette réforme comme « thatchérienne ». Elle repose notamment sur la libéralisation des prix du marché de l’énergie, le développement de secteurs sous-exploités (mines d’uranium, tourisme religieux), ainsi que la mise en œuvre d’une politique de privatisation (santé, éducation, secteurs militaires), l’introduction d’une taxe sur la valeur ajoutée et la réduction des aides sociales[17],[20].

Il impulse également une profonde réforme de l’administration du royaume, en important la méthode de gouvernance anglo-saxonne des Key Performance Indicators (KPI) qui vise à assigner aux hauts fonctionnaires des objectifs précis[4].

Fonds public d'investissement[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, Mohammed ben Salmane annonce qu'un projet de privatisation partielle de Saudi Aramco est à l'étude et qu'une décision sera prise dans les prochains mois[21],[17]. Cette privatisation de 5% du capital de la compagnie pétrolière nationale pourrait donner naissance à la première capitalisation boursière mondiale, estimée à 2 000 milliards de dollars. Elle traduit une volonté nouvelle d'ouverture du capital aux investisseurs étrangers[22],[17].

Économie et société[modifier | modifier le code]

Le , lors d'une conférence intitulée Future Investment Initiative réunie à Riyad, Mohammed ben Salmane dévoile Neom, projet de zone de développement économique et « mégapole high-tech » sur les rives de la mer Rouge (Golfe d'Aqaba, essentiellement dans la province de Tabuk)[23],[24].

En marge de cette conférence, il affirme vouloir mettre fin à l'influence notable que les milieux religieux conservateurs exercent sur la société saoudienne depuis des décennies, en déclarant : « Nous ne ferons que retourner à un islam modéré, tolérant et ouvert sur le monde et toutes les autres religions », tout en ajoutant : « Nous n'allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d'idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant »[25]. Il veut notamment favoriser l'accès des femmes au marché de l'emploi[26].

Selon le politologue Stéphane Lacroix, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI) : « Avec MBS, les deux dossiers avancent toujours en parallèle. Il veut être à la fois le grand modernisateur autoritaire, qui met à bas le système saoudien traditionnel, et le porte-étendard du volontarisme saoudien face à l’Iran. L’histoire s’accélère. Nous sommes peut-être à la veille d’une nouvelle guerre régionale »[27].

Purge « anticorruption »[modifier | modifier le code]

Le 4 novembre 2017, une commission anticorruption est créée par décret royal, avec Mohammed ben Salmane à sa tête. Le soir même, la commission fait arrêter 4 ministres, 11 princes dont le milliardaire Al-Walid ben Talal[28], et des dizaines d'anciens ministres, fait limoger les chefs de la Garde nationale et de la Marine, et fait immobiliser des jets privés à Djeddah afin d'éviter des fuites hors du territoire[1]. Officiellement, ces arrestations seraient liées à la gestion par les autorités de l'époque des inondations de fin novembre 2009 à Djeddah[29], catastrophe qui avait détruit 8092 maisons dans la ville, provoqué 116 morts et 22 000 réfugiés et nourri la colère populaire contre les autorités[30].

Le même jour, l'hôtel Ritz-Carlton de Riyad, de 492 chambres, est réquisitionné par le gouvernement, vraisemblablement pour servir de prison de luxe aux personnalités arrêtées[31], dont les comptes seraient bloqués. Les autorités pourraient ainsi saisir des avoirs allant jusqu'à 800 milliards de dollars[32].

Selon le politologue Stéphane Lacroix : « C’est une manœuvre avant tout politique. En Arabie saoudite, les princes ont toujours mélangé les finances publiques avec leurs propres deniers. MBS cherche à détruire tous les réseaux susceptibles de s’opposer à la nouvelle verticale du pouvoir qu’il est en train de construire »[27].

Mécénat : la fondation MiSK[modifier | modifier le code]

Mohammed ben Salmane est le fondateur et le président du comité exécutif de la fondation MiSK créée en 2011, qui a pour mission d'accompagner les jeunes saoudiennes et saoudiens au sein du royaume dans les domaines de la technologie, de la littérature, de la culture, du social ou de l’entrepreneuriat. La fondation MiSK soutient des initiatives internationales comme le 9e Forum UNESCO des jeunes[33] en 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Purge sans précédent en Arabie saoudite: princes, ministres, ex-ministres arrêtés », sur liberation.fr, (consulté le 5 novembre 2017)
  2. a et b http://www.middleeasteye.net/news/mohammed-bin-nayef-kingpin-new-saudi-arabia-country-experts-1500997678
  3. « Arrestations de princes et ministres, limogeages dans les forces armées... Une purge "sans précédent" en Arabie saoudite », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  4. a, b et c « Le fils du roi Salman, un héritier pressé et ambitieux en Arabie saoudite », sur Le Monde,
  5. « Mohammad ben Salmane, "l’homme fort de l’Arabie saoudite" », sur L'Orient Le Jour,
  6. « Mohammad Ben Salmane. Les secrets d’une ascension fulgurante », sur http://magazine.com.lb
  7. « Le roi Salmane réaffirme l’influence des sept Soudayris, écarte un proche conseiller d'Abdallah », Middle East Eye (en), 24 janvier 2015
  8. « Comment l’Arabie saoudite envisage sa coalition contre l’Etat islamique », sur Le Monde,
  9. (en) German spy agency warns of Saudi shift to 'impulsive' policies, reuters.com, 2 décembre 2015
  10. « Zarif: L’Iran ne veut pas une escalade de la tension dans son voisinage », sur french.alahednews.com.lb,
  11. « Vaste remaniement en Arabie saoudite confrontée à des défis majeurs », sur L'Obs (consulté le 30 avril 2015)
  12. Le roi d'Arabie saoudite nomme son fils prince héritier, AFP, 21 juin 2017.
  13. Gilles Paris, Arabie saoudite : le roi Salman propulse son fils au rang d’héritier, Le Monde, 21 juin 2017.
  14. Georges Malbrunot, L'ascension fulgurante de Mohammed Ben Salman, nouveau prince héritier d'Arabie saoudite, Le Figaro, 21 juin 2017.
  15. (en) John Micklethwait, Glen Carey, Alaa Shahine & Matthieuw Martin, « Saudi Arabia Plans $2 Trillion Megafund for Post-Oil Era: Deputy Crown Prince », Bloomberg,
  16. (en) Sebastian Seibt, « L’Arabie saoudite dévoile son projet d’économie post-pétrole », France 24,
  17. a, b, c et d (en) « Interview with Muhammad bin Salman », sur The Economist,
  18. (en) « Saudi Arabia’s young prince U-turns on reform », The Economist,
  19. « Le géant pétrolier saoudien Aramco étudie une entrée en Bourse », sur La Voix du Nord,
  20. (en) Simeon Kerr, « Saudis unveil radical austerity programme », The Financial Times,
  21. « Saudi Aramco: pourrait dépasser la capitalisation d'Apple », sur abcbourse.com,
  22. « L’Arabie saoudite dévoile son projet d’économie post-pétrole », sur France24.com,
  23. http://www.futura-sciences.com/maison/actualites/batiment-villes-futur-neom-megapole-high-tech-voulue-arabie-saoudite-69011
  24. https://www.challenges.fr/monde/moyen-orient/neom-le-projet-hallucinant-a-500-milliards-du-prince-heritier-d-arabie-saoudite_508726
  25. « Le prince héritier promet une Arabie saoudite "modérée et tolérante" », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  26. « Les rêves de grandeur du prince "MBS" pour l'Arabie », Le Figaro, encart « Économie », samedi 18 / dimanche 19 novembre 2017, page 19.
  27. a et b Benjamin Barthe, Le royaume saoudien se met en ordre de bataille, Le Monde, 6 novembre 2017.
  28. « Purge sans précédent en Arabie saoudite: princes, ministres, ex-ministres arrêtés », Libération.fr, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  29. « Purge inédite en Arabie saoudite : princes, ministres, et ex-ministres arrêtés », sur jeuneafrique.com, (consulté le 5 novembre 2017)
  30. « Inondations de Jeddah : le dernier bilan fait état de 116 morts », sur leparisien.fr, (consulté le 5 novembre 2017)
  31. « Purges en Arabie Saoudite : l’hôtel Ritz de Riyad transformé en prison de luxe », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  32. (en) Margherita Stancati et Summer Said, « Saudi Crackdown Targets Up to $800 Billion in Assets », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne)
  33. UNESCO, « Partenaires », UNESCO, 26-28 octobre 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]