Mustapha Saheb Ettabaâ

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Mustapha Saheb Ettabaâ
مصطفى صاحب الطابع
Image illustrative de l'article Mustapha Saheb Ettabaâ
Fonctions
6e Principal ministre de Tunis
Monarque Ahmed Ier Bey
Prédécesseur Chakir Saheb Ettabaâ
Successeur Mustapha Khaznadar
Garde des sceaux
Monarque Moustapha Bey
Prédécesseur Chakir Saheb Ettabaâ
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Géorgie
Date de décès
Lieu de décès Le Bardo (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Conjoint Lella Mahbouba bent Moustapha Bey
Gulfidan
Religion Islam

Mustapha Saheb Ettabaâ
Principal ministre de Tunis
Mustapha Saheb Ettabaâ
Grade Général de division
Général de brigade
Distinctions Grand officier de la Légion d'honneur
Grand cordon de l'ordre du Nichan Iftikhar
Commandeur de l'Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare
Ordre du Nichan ad-Dam
Famille Moustapha Bey, beau-père
Ahmed Ier Bey, beau-frère

Mustapha Saheb Ettabaâ (مصطفى صاحب الطابع), né en 1784 et décédé le , est un ministre et haut dignitaire de la régence de Tunis. Mamelouk, il est d'origine géorgienne[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est pour accroître son prestige auprès de la cour beylicale d'Hammouda Pacha que le richissime fermier fiscal de l'État, Mahmoud Djellouli, offre au souverain un jeune mamelouk capable d'occuper une place privilégiée au sein de la cour. Son agent l'acquiert sur un marché aux esclaves à Istanbul, la capitale de l'Empire ottoman[1].

Au palais du Bardo, il suit le cursus des mamelouks. À la mort subite d'Hammouda Pacha, Saheb Ettabaâ est affranchi selon les coutumes de la cour beylicale mais, après avoir quitté Le Bardo, le redoutable et influent ministre Youssef Saheb Ettabaâ l'attache aux services du nouveau souverain Osman Bey, rapidement assassiné à l'initiative du prince Mahmoud.

Mustapha Saheb Ettabaâ entre réellement en politique sous le règne d'Hussein II Bey dont il devient garde des sceaux entre 1835 et 1837. Il mène avec le général français Bertrand Clauzel de délicates négociations sur l'attribution à des princes tunisiens des beyliks de Constantine et d'Oran[1]. Son prestige s'accroît peu à peu, ce qui lui permet d'entrer dans la famille beylicale via son mariage avec la princesse Mahbouba ; il épousera après sa mort une ancienne esclave circassienne. De par sa position, il aide la famille Djellouli lorsque celle-ci connaît la faillite en 1840. Il devient ensuite un principal ministre dont l'influence est importante ; il dirige le cabinet lorsqu'Ahmed Ier Bey visite la France en 1846, à l'invitation officielle du roi Louis-Philippe, puis lors de la visite de Sadok Bey à Alger en 1860. Il y salue Napoléon III et lui remet un exemplaire des codes et de la constitution nouvellement adoptée et à la rédaction de laquelle il a participé au sein du Grand Conseil[1].

Il épouse en premières noces Mahbouba, fille de Moustapha Bey avec laquelle a deux enfants : Chedly et Rachid. Après la mort de son épouse, il se remarie avec Gulfidan, une odalisque circassienne avec laquelle il a un troisième enfant, Ahmed. Ses trois fils porteront le nom de Saheb Ettabaâ qui deviendra leur nom patronymique[1]. Ses funérailles se déroulent conformément aux usages de la famille beylicale et Saheb Ettabaâ est inhumé à Tourbet El Bey[1].

Il n'a aucun lien de parenté avec Youssef Saheb Ettabaâ et Chakir Saheb Ettabaâ ; saheb ettabaâ est un surnom signifiant « garde des sceaux », les surnoms étant constitués à partir de la fonction d'origine, de la fonction la plus connue ou de l'origine géographique.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Nadia Sebaï, Mustafa Saheb Ettabaâ. Un haut dignitaire beylical dans la Tunisie du XIXe siècle, éd. Cartaginoiseries, Carthage, 2007 (ISBN 9789973704047)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nadia Sebaï, Mustafa Saheb Ettabaâ. Un haut dignitaire beylical dans la Tunisie du XIXe siècle, éd. Cartaginoiseries, Carthage, 2007 (ISBN 9789973704047)