Youssef Saheb Ettabaâ

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Youssef Saheb Ettabaâ
يوسف صاحب الطابع
Fonctions
2e Principal ministre de Tunis
Monarque Hammouda Pacha
Osman Bey
Mahmoud Bey
Prédécesseur Moustapha Khodja
Successeur Mohamed Arbi Zarrouk Khaznadar
Garde des sceaux
Monarque Hammouda Pacha
Osman Bey
Prédécesseur Moustapha Khodja
Khaznadar, ministres des Finances
Monarque Osman Bey
Mahmoud Bey
Prédécesseur Mohamed Arbi Zarrouk Khaznadar
Successeur Mohamed Arbi Zarrouk Khaznadar
Biographie
Date de naissance vers 1765
Lieu de naissance Moldavie
Date de décès
Lieu de décès Le Bardo (Tunisie)
Nationalité tunisienne
Religion Islam

Youssef Saheb Ettabaâ
Principal ministre de Tunis

Youssef Saheb Ettabaâ (arabe : أبو المحاسن يوسف صاحب الطابع), né vers 1765 et décédé le 23 janvier 1815[1], est un mamelouk d'origine moldave[2] qui devint un homme politique de la régence de Tunis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Réduit en esclavage et racheté par Baccar Djellouli, caïd et riche commerçant, en 1777 à Istanbul, alors qu'il avait treize ans, il vit quelques années chez la famille Djellouli, tout en s'accoutumant avec les usages et la langue tunisienne. Parvenu à l'âge de raison, il est offert en 1781 au prince Hammouda Pacha, âgé de 18 ans et déjà associé au règne de son père depuis 1777. Le ministre Hammouda Ben Abdelaziz se charge de son instruction[3].

Homme fort de la Tunisie[modifier | modifier le code]

Devenu une personnalité influente, Saheb Ettabaâ occupe le poste de garde des sceaux dès 1782, en remplacement de Moustapha Khodja qui demeure le principal ministre du bey ; il s'impose toutefois comme le principal gouverneur de la politique beylicale et s'impose aussi comme le premier négociant de la régence.

Entre 1783 et 1815, une grande partie du pouvoir économique tunisien est entre les mains de Saheb Ettabaâ. Il modifie le fermage, contrôle mieux les recettes des impôts et fixe des familles de caïds qui deviennent ses indispensables. Diplomate, Youssef Saheb Ettabaâ rapproche le souverain avec la dynastie ottomane. En 1795, il contrôle les barrières à l'importation et à l'exportation de toute l'activité commerciale et élimine le précepte d'achat par anticipation ; il surveille également le commerce artisanal, notamment celui destiné à la fabrication de la chéchia et intensifie la course à l'armement en mer Méditerranée durant les années de rivalités franco–britanniques.

Principal ministre de la régence[modifier | modifier le code]

Saheb Ettabaâ devient principal ministre en 1800, après le décès de Moustapha Khodja. Osman Bey le désigne khaznadar lors de son accession au trône[4]. Trop puissant, il est assassiné après la mort de son protecteur Hammouda Pacha, à l'instigation des princes Hussein et Moustapha manipulés par Mohamed Larbi Zarrouk Khaznadar, leur oncle maternel de lait. L'acte est motivé par sa fine connaissance des rouages du pouvoir et la jalousie de Zarrouk pour sa position prépondérante au gouvernement[4]. L'attaque a lieu le 15 septembre 1814 devant l'entrée du sérail du palais du Bardo ; il meurt à la suite de ses blessures le 23 janvier 1815.

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Saheb Ettabaâ est à l'origine de la construction de la mosquée portant son nom à Halfaouine. Cette mosquée est un très bel édifice qui se distingue par sa riche décoration : emploi de marbres précieux pour les colonnes ainsi que pour le revêtement des murs intérieurs et stucs finement ciselés pour les plafonds. Alors que sa construction débute le 20 février 1808, elle est inaugurée le 4 mars 1814[5] ; les travaux sont placés sous la direction de l'architecte Haj Sassi Ben Frija[6]. Juste à côté de la mosquée, Saheb Ettabaâ édifie également deux médersas et un mausolée constituant ainsi un complexe architectural impressionnant[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ibn Abi Dhiaf, Présent des hommes de notre temps. Chroniques des rois de Tunis et du pacte fondamental, vol. VII, éd. Maison tunisienne de l'édition, Tunis, 1990, p. 99
  2. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 89
  3. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 90
  4. a et b Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 98
  5. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 91
  6. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 92
  7. Ibn Abi Dhiaf, op. cit., p. 91-92