Musée judéo-alsacien de Bouxwiller

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Musée judéo-alsacien de Bouxwiller
Synagogue de Bouxwiller abritant le musée.
Synagogue de Bouxwiller abritant le musée.
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Département Bas-Rhin
Ville Bouxwiller
Adresse 62a Grand-Rue, 67330 Bouxwiller
Coordonnées 48° 49′ 32″ Nord 7° 28′ 49″ Est / 48.825603, 7.480206
Informations générales
Date d’inauguration 1998
Protection  Inscrit MH (1984, façades, toitures, parvis, mur de clôture)
Informations visiteurs
Site web http://judaisme.sdv.fr/today/musee/

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Musée judéo-alsacien de Bouxwiller

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Musée judéo-alsacien de Bouxwiller

Le musée judéo-alsacien se situe dans la commune de Bouxwiller, dans le département du Bas-Rhin, où une communauté juive a longtemps prospéré[1]. Installé dans l'ancienne synagogue du village, le musée retrace la culture judéo-alsacienne. Il est géré par l'Association des Amis du Musée Judéo-Alsacien de Bouxwiller.

La synagogue-musée est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du 03 avril 1984[2].

Histoire du musée[modifier | modifier le code]

La synagogue, construite en 1842, a été utilisée durant la Seconde Guerre Mondiale comme fabrique de carton par les nazis. À leur départ, ils la pillent et saccagent totalement. Seul, un petit oratoire est réaménagé, où ont lieu les services religieux dans les années 1950[1]

L'ancienne synagogue faisait partie des 267 synagogues construites après la Révolution Française, période à laquelle les juifs ont eu droit à la citoyenneté française. De plus, sur les 267 synagogues construites en France, 184 se trouvent en Alsace-Moselle, preuve de la richesse du patrimoine alsacien.

En 1983, le lieu de culte est abandonné. Devant la menace de disparition du patrimoine judéo-alsacien rural et, en particulier de la synagogue de Bouxwiller vouée à la démolition pour en faire un parking de supérette, une association s'est vite formée : l'AMJAB.

Pour arrêter les pioches des démolisseurs, cette association propose une solution positive, à réaliser en partenariat avec les pouvoirs publics : la création d'un musée retraçant l'histoire et mettant en scène la culture des juifs d'Alsace ayant vécu en symbiose avec leurs voisins chrétiens pendant près d'un millénaire.

Après quinze ans de démarches, de déceptions, d'acharnement, le musée ouvre finalement ses portes le 1er juillet 1998.

Quand les visiteurs entrent dans le musée, ils peuvent lire un dicton de tolérance en alsacien : Lewe un Lewe lonn signifiant « Vivre et laisser vivre ».

Aménagement du musée[modifier | modifier le code]

Le vide intérieur de l'édifice, par les nazis qui en avaient fait une usine, a donné l'occasion d'une architecture faite sur mesure. Ainsi, rampes et plateaux s'enchaînent pour créer, par les couleurs, les lumières, les perspectives, etc. des ambiances changeantes, en fonction du thème traité.

L'association des amis du musée judéo-alsacien[modifier | modifier le code]

L'association est créée en 1983, sous l'impulsion de Gilbert Weil. Son but essentiel est de faire connaître et de valoriser la culture et le mode de vie des "Juifs de la campagne alsacienne".

En même temps qu'avançait le musée, l'AMJAB a développé de multiples actions pour la connaissance et la "remise en vie" du patrimoine judéo-alsacien.

A son initiative, des élèves-architectes ont procédé au relevé d'une quarantaine de synagogues rurales, sous la direction du professeur Fr. Luckel. En effet, un "chantier d'été", aidé par ICOMOS (UNESCO) a permis un remarquable travail d'étudiants sur la nécropole d'Ettendorf. Un autre "chantier d'été" a aidé à percer le mystère des graffiti hébraïques gravés sur les remparts de Neuwiller-lès-Saverne. L'Association a ainsi sauvé un ensemble synagogue-école-bain rituel à Hochfelden, aujourd'hui pris en charge par une association locale.

En gagnant un concours européen organisé par la Communauté économique européenne, elle a évité la ruine de la synagogue "cachée" de Pfaffenhoffen qui a permis la réhabilitation et l'ouverture au public en 2000 du bâtiment.

Pour l'AMJAB le patrimoine bâti ne peut se comprendre que replacé dans la culture qui l'a généré, d'où des recherches, des expositions, des articles dans la presse, des conférences en France et à l'étranger, des traductions, des publications.

L'AMJAB s'honore d'avoir été lauréat du "Prix Patrimoine Vivant" de la Fondation de France et d'être soutenu par la Fondation du judaïsme français.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Berg, « La synagogue de Bouxwiller ou le classicisme audacieux », in Almanach du Keren Kayemeth Leisrael, 1992, no 5752
  • Marc Wehrung, « Le musée judéo-alsacien de Bouxwiller », in Almanach évangélique luthérien d'Alsace et de Lorraine, 2002, p. 65-70
  • Gilbert Weil, « Le musée judéo-alsacien de Bouxwiller », in Freddy Raphaël (dir.), Le judaïsme alsacien : histoire, patrimoine, traditions, La Nuée Bleue, Strasbourg, 2003 (nouvelle éd.), p. 116-117
  • Gilbert Weil, « Le musée judéo-alsacien : un lieu vivant », in Almanach du Keren Kayemeth Leisrael, 2005, no 5765, p. 29-34

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Max Gugenheim, « Bouxwiller », sur judaisme.sdv.fr (consulté le 27 janvier 2015)
  2. « Notice no IA67009580 », base Mérimée, ministère français de la Culture Synagogue. Musée