Musée du Masque de fer et du Fort Royal

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Musée du Masque de fer et du Fort Royal
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Le musée du Masque de fer et du Fort Royal
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Le musée du Masque de fer et du Fort Royal (ex-musée de la Mer) est un musée archéologique, d'arts et d'histoire de Cannes labellisé « Musée de France ».

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le musée du Masque de fer et du Fort Royal est installé dans le fort royal de l’île Sainte-Marguerite au large de Cannes dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (France).

Les bâtiments[modifier | modifier le code]

Le bâtiment le plus imposant du fort, dit le « Vieux Château » s’est constitué autour des citernes romaines avec des développements importants aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles. Le musée du Masque de fer et du Fort Royal, créé officiellement en 1977, présente à partir de 1978 des vestiges archéologiques issus de fouilles terrestres et sous-marines, des maquettes explicatives et des œuvres d’art contemporaines. Le musée est organisé sur plusieurs niveaux :

  • les prisons d’état dans une aile indépendante construite par Louis XIV ;
  • au rez-de-chaussée, les citernes romaines du château ancien ;
  • le premier étage avec les produits des épaves et les fresques romaines et des salles s’ouvrant sur une vaste terrasse réservées aux expositions internationales temporaires estivales.

Le musée[modifier | modifier le code]

Le bâtiment le plus imposant du fort, dit « le Vieux Château », construit au XVIIe siècle sur des citernes romaines, se divise en deux espaces : les prisons et le musée. Le musée du Masque de fer et du Fort Royal, crée officiellement au printemps 1977, présente des vestiges archéologiques, issus de fouilles terrestres et sous-marines et des maquettes explicatives. Des salles s’ouvrant sur une vaste terrasse sont réservées aux expositions temporaires.

Bon nombre de prisonniers se sont succédé : outre « le Masque de fer », le fort compta des pasteurs protestants, des prisonniers de famille, les Mamelouks de Napoléon[1], smala d'Abd el-Kader : entre 1841 et 1850, des centaines d'algériens sont incarcérés en France. Ils débarquent sur l'île en 1843, ils s'entassent dans le fort qui compte 554 détenus en 1847. Les femmes et les hommes sont séparés. Ils tentent de vivre comme dans leur pays. Un cimetière fut construit afin d'y ensevelir ceux morts sur l'île. Fin de l'incarcération : 1856…

Le mémorial huguenot[modifier | modifier le code]

Dans le fort de l’île Sainte-Marguerite furent enfermés des protestants pour « crime de religion » aux XVIIe et XVIIIe siècles.

En 1950, un mémorial huguenot a été aménagé dans une ancienne cellule. Il rend hommage à six ministres protestants qui furent incarcérés à perpétuité dans le fort :

  • Paul Cardel, pasteur à Rouen, arrive à Haarlem (Hollande), le à l’âge de 35 ans. Il rentre en France en 1688. Arrêté au chevet d’une malade, à Paris, le , il est envoyé à Sainte-Marguerite le . Il y meurt, fou, le .
  • Pierre de Salve, sieur de Bruneton, est né à Vergèze (Gard). En 1685, il étudie la théologie à Schaffhouse (Suisse) puis est nommé pasteur à l’Église wallonne d’Ardenbourg, le . Il demande alors un congé pour « affaires importantes ». Arrêté à Paris, le , il est transféré à Sainte-Marguerite le . On a conservé de lui le sermon « Christ m’est gain à vivre et à mourir ».
  • Gabriel Mathurin, dit Lestang est originaire d’Uzès. Il est nommé pasteur à Arnhem (Hollande) en 1687. Il est arrêté à Paris le , à l’âge de 50 ans, incarcéré à Sainte-Marguerite et libéré en 1715. Il meurt en Irlande en 1718.
  • Mathieu de Malzac, né à Uzès en 1657, étudie à Genève. Il est pasteur à La Bastide (Bas-Languedoc) puis à Rotterdam en 1686. À partir de 1689, il exerce son ministère entre Paris et Lyon. Arrêté en 1692, il est emprisonné à l’île Sainte-Marguerite. Pontchartrain, ministre de Louis XIV, demande qu’il soit traité avec humanité. Cette recommandation lui vaut le privilège exceptionnel d’une promenade de 2 heures. Il meurt dans sa prison, le .
  • Elisée Giraud, de Bergerac, figure sur une liste dressée à Rotterdam. Il passe d’Angleterre en Hollande puis à Paris. Enfermé deux ans à Vincennes, il est transféré à Sainte-Marguerite le .
  • Gardien Givry, né à Vervins en 1647, est nommé pasteur à Sedan, Montpellier, Nîmes puis Plymouth pendant 5 ans. Il rentre en France en 1691 et tient des assemblées, notamment à Saint-Quentin, La Boîte à Cailloux et Château-Thierry. Il est arrêté au bout de 7 mois puis déporté avec Elisée Giraud.

Les fouilles[modifier | modifier le code]

Les fouilles terrestres[modifier | modifier le code]

En 1972, des travaux menés dans l’enceinte du Fort Royal de l’île Sainte-Marguerite ont mis au jour des vestiges antiques importants. Quatorze campagnes de fouilles programmées entre 1973 et 1986, dirigées par Georges Vindry, ont établi l’occupation du site du VIe siècle av. J.-C. jusqu’au IVe siècle av. J.-C. apr. J.-C. :

  • Occupation pré-romaine.
  • Habitat structuré de type hellénistique (maisons, ruelles, égouts), Ier siècle av. J.-C.
  • Muraille avec des structures semi-circulaires (rempart ou mur de soutènement) fin Ier siècle av. J.-C.
  • Plusieurs cryptoportiques, 15-20 apr. J.-C.
  • Matériel du IVe siècle apr. J.-C.
  • La richesse de la décoration des Ier siècles av. et ap. J.-C. (peintures, stucs, mosaïques) permet de penser à une ou plusieurs riches demeures ou bâtiments publics.
  • Seule une dédicace de Lero et Lerine est venue rappeler le souvenir du sanctuaire évoqué par Strabon et Pline l’Ancien.

En 1995, Annie Arnaud a travaillé et étudié les structures et le matériel mis au jour par Georges Vindry. Dernièrement (en 2007), une prospection non destructive effectuée par la société Terranova a permis de dresser une cartographie des sous-sols à l’intérieur du Fort. Aujourd’hui, cet ancien chantier de fouille préservé par une barrière en bois permet aux visiteurs d’appréhender, dans une tranchée ouverte de 30 × 5 m, le mur de rempart et le tracé des maisons.

Les épaves[modifier | modifier le code]

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Le musée présente chaque été une exposition temporaire :

  • 2005 : « Cannes, lumières blanches », photographies Olivier Mériel ;
  • 2006 : « Cannes, Vibrato », photographies de Gilles Leimdorfer ;
  • 2007 : « Le Fort royal de l’île Sainte-Marguerite au XVIIe siècle », dans le cadre du tricentenaire de la mort de Vauban ;
  • 2009 : « Bellini, couleurs d’eau » ;
  • 2010 : « Ella Maillart, une vie de voyages », en collaboration avec la Musée de l’Élysée, Lausanne.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Chiffres de fréquentation 2001-2017[2]
Année Entrées gratuites Entrées payantes Total
2001 20 657 37 752 58 409
2002 15 937 23 214 39 151
2003 19 945 15 684 35 629
2004 17 833 15 450 33 283
2005 28 622 40 429 69 051
2006 34 022 42 511 76 533
2007 36 301 50 334 86 635
2008 39 239 47 942 87 181
2009 35 821 48 638 84 459
2010 37 904 44 377 82 281
2011 35 752 47 064 82 816
2012 36 718 43 317 80 035
2013 35 981 44 519 80 500
2014 38 898 47 990 86 888
2015 37 823 45 059 82 882
2016 35 794 41 654 77 448
2017 34 837 45 690 80 527

Label « Musée de France »[modifier | modifier le code]

La conservation et la présentation au public de ses collections revêtant un intérêt public, le musée du Masque de fer et du Fort Royal est labellisé « Musée de France »[3].

Changement de nom[modifier | modifier le code]

Connu sous le nom « Musée de la Mer », le musée est officiellement renommé « Musée du Masque de fer et du Fort Royal » en 2021 par la ville de Cannes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cavaliers égyptiens rescapés des massacres de la Terreur blanche. En 1816, une centaine de mamelouks de l'ex-garde impériale venant de Melun avec leur famille furent incarcérés aux frais du gouvernement
  2. « Fréquentation des Musées de France », sur data.culture.gouv.fr (consulté le 14 mai 2020)
  3. « Musée de la Mer », notice no M0873, base Muséofile, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annie Arnaud, Les îles de Lérins, Sainte-Marguerite et Saint-Honorat (Cannes, Alpes-Maritimes), Des îles côte à côte, supplément au Bulletin archéologique de Provence, 1, 2003.
  • Alix Barbet, Les peintures de l’île Sainte-Marguerite, Archéologie d’Orient et d’Occident, CNRS, 1993
  • Fabien Blanc, Prospection géophysique au Fort royal de l’île Sainte-Marguerite, ARCHEAM no 15, 2008.
  • Frédérique Citera-Bullot, Le Fort royal de Sainte-Marguerite au XVIIe siècle, catalogue de l’exposition 2007, musée de la Mer, Ville de Cannes.
  • Frédéric de La Grandville, Edmond de Ginoux, ethnologue en Polynésie française dans les années 1840, Paris, L’Harmattan, Collection « Graveurs de mémoire », 2002, 416 pages.
  • Frédéric de La Grandville, La Polynésie française sous le règne de Louis-Philippe (1836-1846), préface, édition critique annotée et restituée du manuscrit « Histoire des événemens politiques » d’Edmond de Ginoux, (1846), Paris, L’Harmattan, 2016, 310 pages.
  • Bariaa Mourad, L’image et l’objet dans la recherche ethnologique et muséologique. Conception d’un CD-ROM ethnomusicologique ; Thèse de Master ; France : Université de Provence, Centre d’Aix ; 1995.
  • Georges Vindry, L’archéologie de l’île Sainte-Marguerite et les fouilles de l’acropole de Lero, Annales de la société scientifique et littéraire de Cannes, 33, 1987.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]