Mounir Majidi

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Mounir Majidi
Illustration.
Mohamed Mounir El Majidi
Fonctions
Directeur du secrétariat particulier du Roi Mohammed VI
En fonction depuis le
Monarque Mohammed VI
Prédécesseur Mohamed Rochdi Chraïbi
Président de SIGER
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Rabat (Drapeau du Maroc Maroc)
Nationalité Marocaine
Diplômé de Université Louis-Pasteur (Strasbourg)
Pace University (New York)

Mounir Majidi (en arabe : منير الماجيدي), ou Mohamed Mounir El Majidi, né le à Rabat, est le Directeur du Secrétariat Particulier du roi Mohammed VI depuis 2000 et président de la Siger, la holding royale, depuis 2002. Il est par ailleurs président du Fath Union Sport (FUS) Rabat, de l’Académie Mohammed VI de football ainsi que de la Fondation de l’hôpital Cheikh Zaïd. Il a également été Président de l'association Maroc Cultures, organisatrice du Festival Mawazine, de 2005 à 2015.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Mounir Majidi grandit dans une famille modeste dans le quartier populaire de l’Océan à Rabat. Son père est fonctionnaire. Elève brillant il est sélectionné pour poursuivre sa scolarité dans l’école à domicile de Naoufel Osman, le fils de la princesse Lalla Nezha, sœur de Hassan II, et cousin de Mohammed VI[1]. Il réalise toute sa scolarité à ses côtés et passe son baccalauréat au lycée Dar Essalam de Rabat. Il part ensuite étudier l’informatique à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg. Diplômé, il décroche un poste chez Sagem. Il démissionne pour rejoindre la Pace University à New York où il obtient un MBA en finance[2],[3].

Mounir El Majidi retourne ensuite au Maroc et occupe plusieurs postes à la Banque Commerciale du Maroc, à l’ONA et à la Caisse de dépôt et de gestion. En 1997, il lance First Contact Communication (FC COM), une société de panneaux d’affichage publicitaire qui possède son propre modèle breveté de panneaux. Contre une redevance en pourcentage du chiffre d’affaires, il obtient une concession de 30 ans pour implanter des panneaux d’affichage à Casablanca, avec une exclusivité sur les aéroports et les gares du royaume[4],[5]. Cette exclusivité a fait l'objet d'accusations de clientélisme. En 1999, il prend des parts dans la société de téléphonie GSM Al Maghrib qui est revendue à Maroc Telecom en 2002[6].

Directeur du Secrétariat Particulier du roi Mohammed VI[modifier | modifier le code]

En 2000, Mounir Majidi est nommé Directeur du Secrétariat Particulier du roi Mohammed VI. Il réorganise la gestion des palais et de l’intendance royale[3]. Mohammed VI lui confie en 2002 les rênes de la Siger, la holding royale, avec pour objectif de la moderniser et de la consolider. Par extension, il pilote la stratégie des sociétés ONA et de la Société Nationale d’Investissement (SNI), qui devient alors le bras armé d’un changement de cap économique[7]. Sa mission est d’insuffler une nouvelle gouvernance économique au Maroc en réorganisant l’économie autour de champions nationaux, notamment dans les domaines à forte croissance, comme les télécommunications, l’énergie, le transport, la banque, la santé, le tourisme, l’immobilier et la grande distribution[1]. Cette stratégie vise également à faire du Maroc un acteur incontournable de l’économie africaine subsaharienne voire continentale[7].

Début 2015, la SNI annonce sa réorganisation en un fonds d’investissement de type Family Office, désengagé des secteurs matures et définitivement délesté de ses fonctions opérationnelles historiques[8]. L’autre aspect de la mutation de la holding royale se porte sur le développement de ses filiales sur le continent africain[9]. Cette nouvelle orientation s’inscrit en droite ligne du Forum Afrique Développement, lancé à l’initiative de Mounir Majidi, dont la 3e édition s’est tenue en février 2015 pour la première fois au Maroc, à Casablanca. Cet événement, qualifié de « Davos africain » était organisé par Attijariwafa Bank, filiale bancaire déjà implantée dans une quinzaine de pays sur le continent[10]. Selon Mohamed El Kettani, son Président-Directeur Général, « Le temps est venu pour que l'Afrique travaille plus pour elle-même »[11]. En 2018, sous l'impulsion de Mounir Majidi, la SNI devient Al Mada, reconnu comme l'un des plus grands fonds d'investissement à capitaux privés de la scène panafricaine avec 600 millions d'euros investis en Afrique subsaharienne entre 2014 et 2017[12].

Grands projets socio-culturels et sportifs[modifier | modifier le code]

En 2003, le roi Mohammed VI nomme Mounir Majidi à la présidence de la fondation Cheikh Zaid qui gère les opérations et le développement de l’hôpital Cheikh Zaid de Rabat. Mounir Majidi définit et met en œuvre un nouveau modèle économique qui permet à l’établissement de retrouver un équilibre et une autonomie financière. De 2003 à 2012, le chiffre d’affaires de l’hôpital passe de 2,9 millions d’euros à 24,6 millions d’euros, soit une croissance annuelle moyenne de 31 %. L’hôpital génère 3,6 millions d’euros par an, un résultat net entièrement réinvesti dans le développement des infrastructures[13]. C’est à l’hôpital Cheikh Zaïd qu’est organisé le Premier Forum Africain de la Santé en mai 2015, sur le thème du SIDA, avec en point d’orgue la conférence du Prix Nobel de Médecine Françoise Barré-Sinoussi[14].

En 2005, le roi Mohammed VI lui confie la direction de Maroc Cultures, association qui organise chaque année le Festival Mawazine[15]. Mounir Majidi fait de Mawazine un festival international et une vitrine de l’attractivité marocaine[16]. Mounir Majidi instaure un modèle économique qui permet de générer des revenus garantissant des spectacles de qualité, tout en préservant la gratuité pour 95 % des festivaliers[17]. Le festival a accueilli Whitney Houston en 2008, Stevie Wonder en 2009, Sting en 2010, Shakira en 2011, Mariah Carey en 2012, et Stromae et Justin Timberlake en 2014[18]. L’édition 2015, qui a rassemblé 2,6 millions de spectateurs, a notamment été marquée par les prestations de Pharrell Williams et Jennifer Lopez[19]. En juillet 2015, il est remplacé à ce poste par Abdeslam Ahizoune[20].

En décembre 2007, Mounir Majidi est nommé président du Fath Union Sport de Rabat et lance un programme de modernisation du club, un mode de gouvernance voué à devenir un modèle national[21] : mise à niveau des structures et des infrastructures, instauration d'une politique sportive, et valorisation du « label FUS »[22]. Deux entités juridiques sont alors créées : FUS Gestion SA pour gérer les infrastructures du club, et FUS développement SA pour développer le patrimoine du club[23]. Il est réélu président du FUS en mars 2014[24],[25].

En juin 2018, toujours à l’initiative de Mounir Majidi, le FUS lance une cellule de haut niveau chargée d'accompagner de façon plus individualisée (suivi médical, physique et nutritionnel sur mesure, aide à la scolarité, bourses au mérite...) les sportifs les plus prometteurs vers leur qualification sur des compétitions continentales, olympiques ou mondiales[26].

En 2008, le roi Mohammed VI annonce la création de l’académie Mohammed VI de football, un centre de formation sport-études de football, et nomme Mounir Majidi à la tête du projet. Sous sa supervision, l’académie ouvre ses portes en septembre 2009, dotée d’infrastructures modernes intégralement financées par des partenaires privés[27].

Affaires[modifier | modifier le code]

Affaires politiques[modifier | modifier le code]

En 2010, les télégrammes de la diplomatie américaine sont révelés par Wikileaks. Selon l'ambassadeur américain en poste au Maroc, la corruption est généralisée au plus haut niveau du pays [28]. Les notes diplomatiques évoquent notamment Mounir Majidi [28],[29].

En 2011, lors des manifestations du 20 février [30], il est l'une des personnalités les plus ciblées. Critiqué par la bourgeoise d'affaires[30], il est représenté comme une pieuvre dans les manifestations[30].

En 2016, le nom de Mounir Majidi est cité dans le scandale des Panama Papers[31].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

En 2012, le journaliste Ahmed Réda Benchemsi accuse Mounir Majidi[32] d'avoir détourné des millions de dirhams d'argent public. Poursuivi en justice devant le Tribunal de Grande Instance de Paris, le caractère diffamatoire des propos est retenu mais Ahmed Reda Benchemsi est relaxé au bénéfice de la bonne foi[33] .

En 2015, Mounir Majidi poursuit le site d'information marocain goud.ma pour diffamation. Il exige la somme de 5 millions de dirhams [34],[35]. Il remporte son procès et gagne 500 000 dirhams [36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Malick Diawara, « Maroc - Holding royale : El Majidi fixe un nouveau cap », sur Le Point Afrique,
  2. Mustapha Sehimi, « Mounir majidi sort de sa coquille », sur Maroc-hebdo.press.ma
  3. a et b « Mounir EL Majidi, le sujet économique de Mohammed VI », sur Maghreb-info.com,
  4. « Portrait-Enquête. Qui est vraiment Mounir Majidi ? », sur Telquel.ma (consulté le 1er février 2019)
  5. « Mohamed Mounir Majidi «affiche» son abus de pouvoir ! », sur Maghress (consulté le 1er février 2019)
  6. « «Notre adossement à Maroc Telecom est un partenariat win-win»Entretien avec Farid Amrouni, président de GSM Al Maghrib », sur L'économiste,
  7. a et b « Mounir Majidi poursuit le rêve africain du Maroc », sur La Revue de l'Afrique,
  8. « Au Maroc, la SNI accélère son évolution en fonds d’investissement », sur Jeune Afrique,
  9. « Renforcer nos liens avec le Maroc : pour un partenariat stratégique », sur L’Opinion,
  10. « Avec le Forum Afrique Dévveloppement, le Maroc bâtit son Davos africain », sur agenceecofin.com,
  11. « « Le temps est venu pour que l'Afrique travaille plus pour elle-même » (M. El Kettani) », sur La Tribune,
  12. « Refonder une politique européenne pour l'Afrique - Les Echos », sur www.lesechos.fr (consulté le 30 juin 2018)
  13. « HCZ, une référence sanitaire », sur Economie-entreprises.com,
  14. « 1er Forum africain sur la Santé : Françoise Barré-Sinoussi à l'honneur », sur afrique.lepoint.fr,
  15. « Mohamed Mounir El Majidi », sur Festivalmawazine.ma
  16. Nicolas Marmié, « Ombre et lumières sur les éminences grises », sur Jeune Afrique,
  17. Sanae Taleb, « Le Maroc, un havre culturel », sur Les Afriques,
  18. Youssef Mekki, « El Majidi: "En 2014, Mawazine sera 'Formidable' avec Stromae" », sur Al Huffington Post,
  19. « Mawazine : de Mounir Majidi à J.Lo et Pharrell, making of d'un festival qui monte », sur melty.fr,
  20. « Communiqué de presse : Mounir El Majidi passe le relais de la présidence de l(association Maroc Cultures et du festival Mawazine à Abdeslam Ahizoune » [PDF], sur Maroc Cultures, (consulté le 23 novembre 2015)
  21. « Le projet de Mounir Majidi pour le Fus », sur L'économiste/Maghress.com,
  22. Brahim Oubel, « Les grands défis d'un club sexagénère », sur Le Matin,
  23. « FUS de Rabat : Une professionnalisation réussie », sur L'économiste/Maghress.com,
  24. « Pourquoi Mounir El Majidi a été plébiscité à la tête du FUS », sur H24info.ma,
  25. « Mounir Majidi réélu à la présidence du FUS Rabat », sur Maghre-info.com,
  26. lobservateurdumaroc.info, « Sport : Le Fus lance sa cellule de haut niveau », L'Observateur du Maroc & d'Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 30 juin 2018)
  27. Mustapha Sehimi, « Majidi à la tête du sport roi », sur Maroc Hebdo/Maghress.com,
  28. a et b « Wikileaks - Maroc : Selon les notes secrètes US, la corruption atteint même l'entourage royal », sur Yabiladi.com,
  29. « Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc, d'après les États-Unis », El País,
  30. a b et c « Maroc : ces intouchables qui entourent le roi », sur Les Echos,
  31. Serge Michel et Youssef Ait Akdim, « Maroc : Mohammed VI aime les îles Vierges », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  32. « La grande corruption règne en maître au Maroc », sur Le Monde,
  33. « Maroc : la tribune de Benchemsi dans "Le Monde" jugée diffamatoire », sur Le Point Afrique (consulté le 1er février 2019)
  34. « Mounir Majidi réclame 5 millions de dirhams à Goud.ma », sur bladi.net,
  35. « Maroc : Mounir Majidi demande cinq millions dh de dédommagement au site Goud.ma », sur Yabiladi.com,
  36. « Mounir Majidi remporte son proces », sur H24.info,

Voir aussi[modifier | modifier le code]