Mort (Disque-monde)
| La Mort | |
| Personnage de fiction apparaissant dans Annales du Disque-monde. |
|
| Nom original | Death |
|---|---|
| Sexe | Masculin[a] |
| Cheveux | Non |
| Yeux | Lumière bleue |
| Activité | Mort |
| Caractéristique | Squelette |
| Famille | Père de Ysabell Beau-père de Mortimer Grand-père de Suzanne Sto Hélit |
| Entourage | La Mort aux Rats Mortimer Albert |
| Ennemi de | Contrôleurs de la réalité |
| Première apparition | La Huitième couleur |
| Dernière apparition | La Couronne du berger |
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La Mort est le personnage de l'univers de fiction du Disque-monde de Terry Pratchett le plus récurrent apparaissant dans la quasi-totalité des romans composant les Annales du Disque Monde (tous sauf Les Ch'tits Hommes libres et Coup de tabac[1]). Personnalité anthropomorphique issue des croyances du Disque-monde, il[a] a pour charge de séparer l'âme du corps des individus décédés pour éviter l'accumulation d'énergie vitale.
Apparence
[modifier | modifier le code]La Mort, de genre masculin[2], est représenté par un squelette de deux mètres dix de haut vêtu d'une robe tissée de noir absolu et deux lueurs bleues flamboient dans ses orbites[3]. Il possède une voix caverneuse qui semble avoir la faculté de s'imprimer directement dans le cerveau sans passer par les oreilles[4]. Dans les romans, la voix de la Mort (ou de son remplaçant du moment) est reconnaissable en ce qu'elle s'écrit systématiquement en petites capitales d'imprimerie[5]. Sa faux est son outil de travail principal bien qu'il possède également une épée à son côté gauche, dont l'usage est réservé aux grandes occasions (mort d'un roi, apocalypse, etc.)[6]. Son apparence squelettique n'est pas sensée être effrayante, l'illustrateur Paul Kidby fait d'ailleurs son possible pour lui donner un aspect sympathique[7].
Bien sûr, cette représentation de la Mort ne correspond pas forcément à la culture ou à la croyance des habitants du Disque. C'est pourtant de cette façon que la Mort apparaît aux yeux des défunts même si certains sont surpris de ne pas avoir affaire à un dragon géant ou des Valkyries peu vêtues. Il explique au début de Pyramides avoir essayé un temps d'adapter son apparence aux croyances des mourants, mais y avoir rapidement renoncé devant la difficulté à répondre parfaitement aux attentes[8].
La Mort n'apparaît pas seulement aux yeux des défunts, les mages, les sorcières, les enfants[9] et les chats peuvent également l'apercevoir et lui parler. Il n'est invisible que parce que les gens normaux refusent de croire leurs yeux lorsqu'ils le voient[10]. Aussi, dans les instants où sa présence est attendue, tout le monde peut le voir.
Personnalité
[modifier | modifier le code]Contrairement à une idée fausse qu'il est facile de se faire, la Mort n'est pas le méchant de l'histoire. D'ailleurs il ne tue pas, il se contente de détacher l'âme du corps une fois les choses mortes. Il tire une fierté de sa tâche et met un point d'honneur à interagir avec chaque mort individuellement, raison pour laquelle il utilise une faux plutôt qu'une moissonneuse-batteuse[11]. Il regrette que ce professionnalisme ne soit pas reconnu par les humains[12]. Malgré le fait qu'il ôte la vie de toute personne dont l'heure est venue sans interférer, il n'a pas le même comportement avec les défunts selon la vie qu'ils ont mené, il manifeste ainsi de la compassion envers les victimes tout en se montrant parfois sarcastique ou froid avec les bourreaux[13].
Bien que comprendre le comportement d'un tel personnage soit difficile, la Mort semble fasciné par la vie et par les humains en particulier dont il étudie le comportement à partir de ses observations de leurs derniers instants[14]. Il copie certaines de leurs habitudes, comme la pratique d'un instrument de musique ou les jeux, bien qu'avec peu de succès, et apprécié occasionnellement la nourriture humaine[15]. Sa fonction lui pèse du fait de la solitude qu'elle occasionne, si bien qu'il saisit les rares occasions qu'il a d'interagir avec des vivants qui ne sont pas sur le point de mourir, comme les taverniers[16]. Il apprécie pour cette raison l'occasion qu'il a de remplacer le Père Porcher, équivalent du Père Noël, dans le roman éponyme : il exerce une fonction pour laquelle les vivants sont heureux de le voir[17].
Malgré quelques bribes de sentiments développés à force côtoyer les humains, il est peu sujet aux émotions car en tant que squelette il ne possède pas de « glandes »[18].
Il s'oppose aux Contrôleurs de la réalité au profit des humains[19].
La Mort « vit » dans un plan de réalité alternatif où le temps ne s'écoule pas et où la palette des couleurs va globalement du noir au noir[20] (il semble avoir fait des progrès au cours de la série, en incorporant des nuances de gris, toutefois toujours très foncées). Il s'est créé un environnement anthropomorphe : il y a construit sa maison, son champ de blé, ses abeilles... Sa maison a été créée d'après ses observations sur le Disque-Monde, bien qu'il n'ait pas réussi à comprendre la fonction de certains objets[21] (le tampon-encreur est taillé dans le bois du bureau et il n'a pas compris que les tuyaux de la salle de bain étaient censés être creux).
La Mort aime les petits chats[22], comme son auteur, Terry Pratchett ayant aussi écrit un ouvrage humoristique illustré sur eux, Sacrés chats (The unadulterated cat) ; il apprécie également les enfants et est notamment attaché à sa petite fille Suzanne[14].
Genèse et évolution du personnage
[modifier | modifier le code]L'une des premières inspirations de Pratchett pour son personnage est la personnification de la Mort dans Le Septième Sceau d'Ingmar Bergman[23].
La Mort est présent dès le premier roman du Disque-Monde, La huitième couleur, mais uniquement comme personnage comique secondaire auquel échappe toujours Rincevent[24]. Il devient sur le conseil de Neil Gaiman plus profondément développé à partir du quatrième livre, Mortimer, dont il est un personnage central[25]. C'est à partir de ce livre que la Mort change de personnalité, perdant notamment sa tendance du premier livre à céder à la frustration, notamment lorsqu'il échoue à prendre la vue de Rincevent[26]. Ainsi la Mort évolue en même temps que le Disque-Monde se complexifie dans l'œuvre de Pratchett[27]. Il s'implique de plus en plus au côtés des humains, notamment sous l'influence de sa petite-fille Suzanne à partir d'Accros du roc, et trouve ce faisant un sens supplémentaire à son existence[28].
Compagnons de la Mort
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De nombreux personnages gravitent autour de la Mort :
- Albert (de son vrai nom Alberto Malik) est le serviteur de la Mort, il s'occupe principalement de sa maison. Il fut autrefois le fondateur de l'Université de l'Invisible et l'un des mages les plus puissants. Comme il ne lui reste que quelques jours à vivre, il a passé un marché avec la Mort afin de demeurer dans le domaine de ce dernier puisque le temps ne s'y écoule pas[29].
- Ysabell est la fille adoptive de la Mort. Celui-ci l'a en effet sauvée à la mort de ses parents quand elle était petite[30]. Comme elle vit dans le domaine de la Mort, où le temps ne s'écoule pas, elle est perpétuellement adolescente jusqu'à sa rencontre puis son mariage avec Mortimer[30]. Elle devient ensuite duchesse de Sto Helit.
- Mortimer (dit Morty) fut l'apprenti de la Mort, il devint duc de Sto Helit et épousa Ysabell dans Mortimer[30]. Leur décès à tous les deux provoque le chagrin de la Mort[31].
- Suzanne Sto Hélit, petite fille de la Mort c'est-à-dire la fille d'Ysabell et de Mortimer[32]. Elle est le personnage principal des romans Accros du roc et Le Père Porcher.
- La Mort-Aux-Rats. Ce petit squelette de rongeur occupe la même fonction que la Mort mais pour les rats et assimilés (il couine en petites majuscules). Avec la Mort-Aux-Puces, ce sont les seules morts distinctes connues ; leur apparition date du roman Le Faucheur[33]. Ce sont des émanations liées à la Mort, mais qui ont un comportement autonome[33].
- Guerre, Famine et Pestilence forment avec la Mort le groupe des quatre cavaliers de l’Apocralypse, sorte d'apocalypse apocryphe. Le 5e cavalier, Ronnie (en réalité connu sous le nom de Chaos), a quitté le groupe avant qu'il ne devienne célèbre.
- Bigadin, la monture de la Mort. C'est un cheval fait de chair et de sang[34]. En effet les montures osseuses et les chevaux flamboyants, bien que fortement théâtraux, ont trop d'inconvénients. La Mort aime faire son travail sérieusement, sans chichi. Le maréchal-ferrant de Bigadin est Jason Ogg, forgeron du Royaume de Lancre et fils de Nounou Ogg[35].
- Rincevent n'est pas réellement un compagnon de la Mort, mais le rencontre à de nombreuses reprises, si bien que la Mort fait preuve d'une certaine familiarité avec lui[36].
La Mort hors des Annales du Disque-monde
[modifier | modifier le code]Pratchett n'a pas créé le personnage de la Mort avec les Annales du Disque-Monde, bien que ce soit de loin son univers où il est le plus présent. Dès Strate-à-gemmes on trouve un personnage de mort qui parle en petites capitales, ce qui le rend immédiatement reconnaissable[5]. La Mort fait aussi une courte apparition dans Johnny et les Morts[5], autre livre de Terry Pratchett hors Disque-monde ainsi que dans De bons présages (coécrit avec Neil Gaiman, lequel a écrit la majeure partie des passages impliquant la mort[25]).
Le l'annonce sur Twitter du décès de Terry Pratchett a été écrite en partie en petites capitales, à la façon de la Mort de ses romans : « At last, Sir Terry, we must walk together. Terry took Death's arm and followed him through the doors and on to the black desert under the endless night. The end. »[b],[37].
Incarnation à l'écran
[modifier | modifier le code]L'acteur britannique Christopher Lee a prêté sa voix à La Mort entre 1996 (le court-métrage Welcome to Discworld) et 2008 dans plusieurs films d'animation tirés des romans de Terry Pratchett (Accros du roc, La huitième couleur et Le Huitième Sortilège ; ces deux derniers étant adaptés ensemble dans Discworld)[38].
En 2006 dans la série de la BBC Les Contes du Disque-Monde la Mort est doublé par Ian Richardson et incarné physiquement par Marnix Van Den Broeke[38].
La Mort apparaît également dans la série télévisée Good Omens, l'acteur Brian Cox lui prête sa voix.
Dans la série The Watch (en), il est doublé par Wendell Pierce et incarné physiquement par Craig Macrae[38].
Réception
[modifier | modifier le code]Terry Pratchett considérait que la Mort était son personnage le plus populaire auprès des lecteurs[39]. Les lettres qu'il recevait de ses fans le remercient en effet souvent d'avoir adouci l'idée d'inéluctabilité de la mort[7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- Dans tous les romans des Annales du Disque-Monde, la Mort est de genre masculin. Dans l'édition française du Faucheur, il est ainsi dit que « La Mort est un mâle. Un mal nécessaire. »
- ↑ « Enfin, Sir Terry, il nous faut cheminer ensemble. Terry prit le bras de la Mort et franchit les portes à sa suite jusque dans le désert noir sous la nuit infini. Fin. », traduction de Justine Breton.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Breton 2025, p. 17-18.
- ↑ Breton 2025, p. 141.
- ↑ Breton 2025, p. 138.
- ↑ Breton 2025, p. 148-149.
- Breton 2025, p. 129.
- ↑ Breton 2025, p. 144.
- Breton 2025, p. 187.
- ↑ Breton 2025, p. 139-140.
- ↑ Breton 2025, p. 146.
- ↑ Breton 2025, p. 148.
- ↑ Breton 2025, p. 143.
- ↑ Breton 2025, p. 161.
- ↑ Breton 2025, p. 172.
- Breton 2025, p. 211.
- ↑ Breton 2025, p. 190-193.
- ↑ Breton 2025, p. 179.
- ↑ Breton 2025, p. 181.
- ↑ Breton 2025, p. 193-197.
- ↑ Breton 2025, p. 212.
- ↑ Breton 2025, p. 159.
- ↑ Breton 2025, p. 152.
- ↑ Breton 2025, p. 202.
- ↑ Breton 2025, p. 136-137.
- ↑ Breton 2025, p. 135.
- Breton 2025, p. 129-132.
- ↑ Breton 2025, p. 175.
- ↑ Breton 2025, p. 176.
- ↑ Breton 2025, p. 214-215.
- ↑ Breton 2025, p. 74-75.
- Breton 2025, p. 204-206.
- ↑ Breton 2025, p. 232-234.
- ↑ Breton 2025, p. 152-153.
- Breton 2025, p. 166.
- ↑ Breton 2025, p. 142.
- ↑ Breton 2025, p. 189.
- ↑ Breton 2025, p. 196.
- ↑ Breton 2025, p. 272-275.
- Breton 2025, p. 215-217.
- ↑ Breton 2025, p. 15.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
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: Ouvrages utilisés dans la rédaction de l'article.
- Justine Breton, Terry Pratchett et la Mort : mourir en majuscules, Nantes, L'Atalante, coll. « La dentelle du cygne », , 305 p. (ISBN 979-10-360-0241-0).
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