Mike Jocktane

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Mike Jocktane
Mike Jocktane.png
Fonctions
Ministre de l’Évangile depuis le 17 janvier 1994

Évêque depuis le 22 mars 2003

Président fondateur de l’Église Christ Révélé aux Nations depuis le 11 août 1996

Vice-président du parti Union Nationale du 27 mars 2016 au 4 mai 2017

Président du parti Gabon Nouveau depuis le 21 octobre 2019
Biographie
Naissance
(48 ans)
Paris (France)
Nom de naissance
Mike Steeve Jocktane
Nationalité
Gabonais
Formation
Christ for the Nations Institute, Université Oral Roberts
Activité
Pasteur

Mike Jocktane est un pasteur protestant et un homme politique gabonais, né le à Paris. Il est le premier évêque des milieux pentecôtistes et charismatiques au Gabon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Mike Jocktane est le deuxième d’une famille de quatre enfants. Il épouse le 30 juillet 1994, Nadia Jasmine Ogowan, avec laquelle il a eu deux filles et deux fils.

Formation[modifier | modifier le code]

Mike Jocktane entame sa scolarité à Port-Gentil au Gabon avant de devenir élève du lycée Saint-Aspais à Melun où il obtient son baccalauréat en 1991.

Il entame ensuite des études de sciences économiques à l’université Panthéon-Assas jusqu’en 1992. C’est à cette date qu’il ressent l’appel de Dieu et rejoint les États-Unis pour suivre les enseignements du Christ for the Nations Institute à Dallas où il obtient un certificat de Leadership. Il approfondit sa formation théologique à Tulsa en validant un bachelor of arts in theology à l’université chrétienne Oral Roberts en 1996[1].

L’homme de foi[modifier | modifier le code]

L’évêque Mike Jocktane (à gauche) avec l’archevêque Nicholas Duncan Williams (à droite) à Paris en novembre 2019.

C’est le 3 février 1987 à l’âge de 14 ans, en pleine décennie du Réveil spirituel qui touche le Gabon, que Mike Jocktane se convertit et s’engage au sein de mouvements de jeunesse chrétiens[2].

Au cours de ses études théologiques aux États-Unis, il est ordonné Ministre de l’Évangile le 17 janvier 1994.

Il rentre au Gabon en 1996 et fonde la même année les Ministères Christ Révélé aux Nations à Port-Gentil, la capitale économique. Il étend ensuite les Ministères à Libreville puis dans l’ensemble du pays et à l’international. À ce jour, Christ Révélé aux Nations dénombre un peu plus d’une trentaine d’églises dans le monde.

En 1997, il fonde à Port-Gentil la Mission Nissi, bras social et humanitaire des Ministères, venant notamment en aide aux enfants maltraités.

Il est consacré évêque le 22 mars 2003 par son père spirituel, l’archevêque Nicholas Duncan Williams et par un collège d’évêques de la congrégation Tapac Global venu d’Angleterre pour la circonstance. Il devient ainsi le premier évêque des milieux pentecôtistes et charismatiques au Gabon[3].

Premiers pas en politique[modifier | modifier le code]

En 2005, Mike Jocktane est nommé conseiller personnel et chargé de mission du Président de la République, Omar Bongo.

Très impliqué dans la vie et la politique locale de sa ville d’origine, Mike Jocktane crée en 2007 l’association « Rénovons Port-Gentil ».

Mike Jocktane est nommé directeur de cabinet adjoint du président de la République en janvier 2009[4].

Engagement dans l’opposition au président Ali Bongo[modifier | modifier le code]

À la mort d’Omar Bongo, le 8 juin 2009, Mike Jocktane pense comme beaucoup que le moment est venu pour une véritable transition démocratique au Gabon. Aussi à l’occasion de l’élection présidentielle d’août 2009, il rejoint la campagne d’André Mba Obame[5], dont il est très proche, principal opposant à Ali Bongo, fils du défunt président et candidat du PDG.

Mike Jocktane s’engage ensuite au sein de l’Union Nationale, formation créée en février 2010 et réunissant les différents partis d’opposition au lendemain de la victoire très controversée d’Ali Bongo.

L’Union Nationale est dissoute par les autorités gabonaises en janvier 2011 et Mike Jocktane dénonce la mise en place, avec l’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo, d’« une dictature violente » affirmant que « le Gabon est en net recul sur le plan des libertés individuelles ». Il s’attaque notamment à la corruption endémique du régime qui distribue l’argent du Gabon pour acquérir des soutiens internationaux au lieu d’investir dans le développement du pays[6]. Il dénonce un harcèlement judiciaire et policier des autorités suite à ces accusations[7].

Alors que l’Union Nationale est de nouveau autorisée au début de l’année 2015, Mike Jocktane affirme que « les hommes d’Église n’ont pas un devoir de silence mais de vérité » et en appelle à le suivre dans cette voie « pour changer le régime usurpateur d’Ali Bongo » qui dirige le pays « inexorablement vers le gouffre »[8].

En recherche de nouveaux dirigeants après le décès de son leader, André Mba Obame, en avril 2015, l’Union Nationale se réunit en congrès du 25 au 27 mars 2016 au cours duquel Mike Jocktane est élu vice-président.

En mars 2016, à l’approche de l’élection présidentielle, Mike Jocktane déclare qu’Ali Bongo est une tragédie pour le Gabon[5] et se positionne clairement pour un candidat unique de l’opposition[9].

Départ de l’Union Nationale et création de la formation Gabon Nouveau[modifier | modifier le code]

En 2017, l’Union Nationale menée par Zacharie Myboto n’est plus que l’ombre d’elle-même. Elle fait face à des luttes internes conduisant à l’affaiblissement de ses propositions et à l’effritement de ses soutiens[10].

C’est dans ce contexte que, le 4 mai 2017, Mike Jocktane démissionne de sa fonction de vice-président de l’Union Nationale et prépare le lancement de sa propre formation politique, Le Gabon Nouveau[11],[12].

En juin 2017, Mike Jocktane appelle l’opposition à faire son autocritique en tirant les leçons de ses échecs et en prenant pied avec la réalité et le quotidien de la majorité des Gabonais. Il lance par la même occasion un appel au pardon et à la réconciliation[13].

Le 21 octobre 2019, Mike Jocktane est élu président de la formation politique Vision pour le développement qu’il rebaptise Le Gabon Nouveau[14].

Avec ce parti, Mike Jocktane revendique une part d’héritage de l’opposant André Mba Obame[15] et souhaite une opposition responsable et constructive[16] afin d’incarner une nouvelle espérance pour le Gabon[17].

Pandémie de Covid-19[modifier | modifier le code]

Face à la pandémie mondiale de coronavirus qui touche également le Gabon, Mike Jocktane lance, dès le mois de mars 2020, un appel à l’unité du peuple et à la solidarité mais demande également aux autorités la mise en place de mesures d’accompagnement pour soutenir les Gabonais face à la baisse d’activité due aux mesures préventives[18]. Il dénonce également l’opacité de la gestion de crise[19] et invite les autorités à davantage de transparence sur l’utilisation des fonds de lutte contre la pandémie notamment via un organisme de contrôle indépendant[20].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

« Les Mystères du Royaume », Éditions Multilingues, 2006, (ISBN 9782895760634).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Sommet USA-Afrique : l’Evêque Mike Jocktane à la Maison Blanche », sur Africa Top Success, (consulté le 24 juin 2020)
  2. « Sommet USA-Afrique : l’Evêque Mike Jocktane à la Maison Blanche », sur Africa Top Success, (consulté le 26 juin 2020)
  3. L'Union sonapresse, « Religion : Mike-Steeve Jocktane : "J’ai pris la ferme décision de consacrer le temps qui me reste au service de mon pays" », sur L'UNION | L'actualité du Gabon, (consulté le 26 juin 2020)
  4. « Financements occultes : un proche de Bongo met en cause Sarkozy », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 24 juin 2020)
  5. a et b Pierre Eric Mbog Batassi, « Gabon, Présidentielle 2016 : Mike Jocktane candidat de l’UN ? », sur Afrik.com, (consulté le 23 juin 2020)
  6. Violette Lazard, « Les mallettes de Bongo à Sarkozy : l'interview qui accuse », sur Libération.fr, (consulté le 23 juin 2020)
  7. « Gabon: l'évêque Mike Jocktane, opposant politique, dénonce le harcèlement dont il fait l'objet », sur RFI, (consulté le 23 juin 2020)
  8. « Les réligieux en politique n’ont pas que le “droit au silence” (Mike Jocktane) », sur GABONACTU.COM, (consulté le 23 juin 2020)
  9. « Mike Jocktane : « Je ne suis pas pour un boycott de la présidentielle » au Gabon – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 23 juin 2020)
  10. Hervé Mpiga, « En lançant Gabon Nouveau, Mike Jocktane accélère la désagrégation de l'UN, le parti de Zacharie Myboto », sur La Libreville, (consulté le 26 juin 2020)
  11. « Gabon : la démission de Mike Jocktane laisse l’Union nationale en lambeaux – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 26 juin 2020)
  12. « Gabon : Mike Jocktane en précampagne – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 26 juin 2020)
  13. « Gabon : Mike Jocktane fait le diagnostic de l’opposition », sur INFOS GABON, (consulté le 26 juin 2020)
  14. « L’évêque Mike Steeve Jocktane de Christ révélé aux nations élu président d’un parti politique », sur EQUATEUR, (consulté le 26 juin 2020)
  15. « Gabon : l’impossible succession d’André Mba Obame – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 26 juin 2020)
  16. Hervé Mpiga, « Avec Gabon nouveau, Mike Jocktane éparpille un peu plus l'opposition « façon puzzle » », sur La Libreville, (consulté le 26 juin 2020)
  17. « Mike Jocktane : Ni centriste ni du «PDG de l’opposition» », sur Gabonreview.com | Actualité du Gabon |, (consulté le 26 juin 2020)
  18. « Confinement : Mike Jocktane réclame une aide de l’État pour «le Gabonais lambda» », sur Gabonreview.com | Actualité du Gabon |, (consulté le 2 juillet 2020)
  19. « L’opacité dans la gestion de la pandémie du Covid-19 peut entraîner une explosion sociale, selon Mike Jocktane », sur GABONACTU.COM, (consulté le 2 juillet 2020)
  20. « Gestion des fonds contre le Covid-19 : Ali Bongo invité à la transparence », sur Gabonreview.com | Actualité du Gabon |, (consulté le 2 juillet 2020)