Michel Vaujour

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Michel Vaujour, né le à Saint-Quentin-le-Petit (Ardennes), est un braqueur français connu pour avoir reçu douze condamnations, totalisant 95 années de prison pour des faits de banditisme et six évasions ou tentatives[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de fonctionnaires de Châlons[2], il est abandonné à l'âge de quatre ans par ses parents et est confié à sa tante Germaine mais cette dernière meurt d'un cancer lorsque'il a huit ans, si bien qu'il retourne vivre avec ses parents, subissant la violence de son père, alcoolique[3].

Ouvrier d'usine et père à 18 ans, Michel Vaujour vole une voiture pour une virée et écope de trente mois de prison ferme[4]. Il ressort de prison en décembre 1972, mais est interdit de séjour de 21 départements pendant cinq ans[5]. Engagé comme monteur-voltigeur dans un complexe pétrolier du port de Fos-sur-Mer, il est arrêté alors qu'il roule un jour sans permis. S'enfuyant, il est arrêté à Mâcon. Emprisonné, il s'évade une première fois, mais est à nouveau arrêté après une tentative de cambriolage[5]. Condamné à quatre ans dans la prison de Châlons[4], il s'en évade. Après plusieurs tentatives infructueuses, il a l'idée de faire un double de la clé de sa cellule. Ayant bousculé un gardien, il prend l'empreinte de la clé du trousseau avec « la cire rouge » de la croûte du Babybel, et la reproduit avec un morceau de fer travaillé à la lime et à la scie à métaux. La serrure étant à l'extérieur, il l'atteint après avoir percé avec un thermoplongeur[4],[5].

En 1979, il s'évade à nouveau en prenant en otage une juge d'instruction qu'il braque avec un pistolet de savon noirci au cirage[4]. Il entre dans le grand banditisme mais est repris fin 1981[4]. Le , il s'évade de la prison de la Santé à bord d'un hélicoptère piloté par son épouse, Nadine qui a pris, sous un faux nom, des cours dans une école de pilotage de Meythet depuis août 1985. Arrivée en haut de la cour de promenade à bord de l'Alouette[6], son complice y lance une housse contenant un pistolet automatique et une canne à pêche télescopique à laquelle est reliée une corde à nœuds. Vaujour et son co-détenu Pierre Hernandez escaladent un mur pour atteindre le toit de la troisième division. Vaujour s'accroche à un patin de l’hélicoptère qui repartent, abandonnant sur le toit Pierre Hernandez[7]. Cette évasion inspire le film La Fille de l'air avec Béatrice Dalle. Il est repris quelques mois plus tard au cours d'un braquage à l'issue duquel éclate une fusillade avec la police. Il est grièvement blessé d'une balle dans la tête. Quand il sort du coma, il est hémiplégique mais il réussit à retrouver l'usage de ses membres grâce au yoga.

Il est finalement libéré en 2003, après avoir passé 27 ans en prison dont 17 à l'isolement en QHS, grâce à l'obtention d'une remise de peine record de 16 années[8].

En 2009, il est le sujet du documentaire de Fabienne Godet intitulé Ne me libérez pas, je m'en charge (film nommé aux Césars 2010 - catégorie Meilleur Film Documentaire).

Livre[modifier | modifier le code]

  • Ma plus belle évasion, Presses de la Renaissance, 2005.
  • L'amour m'a sauvé du naufrage, Xo, 2018

Documentaires[modifier | modifier le code]

Émissions de radio[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nathalie Guibert, « Jamila, rédemptrice du "roi de la belle" », sur lemonde.fr, .
  2. Bruno Bouvet, « Michel Vaujour, de l'évasion à la libération », sur la-croix.com, .
  3. Corine Chabaud, « Michel Vaujour, roi de la belle et amoureux de la vie », sur lavie.fr, .
  4. a b c d et e Patricia Tourancheau, « Sorti par le haut », sur liberation.fr, .
  5. a b et c Christophe Hondelatte, « Michel Vaujour, le roi de l'évasion : "j'ai été très marqué par ma première peine de prison" », sur europe1.fr, .
  6. Des câbles d'acier sont installés au-dessus des cours de promenade des prisons de la région parisienne.
  7. Virginie Chardin, Paris et la photographie: cent histoires extraordinaires de 1839 à nos jours, Parigramme, , p. 202.
  8. « Michel Vaujour, le roi de l'évasion, à l'air libre, demain soir à Ociné », La Voix du Nord, 25 mai 2009.