Mic Delinx

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Mic Delinx
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Mic Delinx de son vrai nom Michel Houdelinckx, né à Paris le et mort à Paris le , est un dessinateur français de bande dessinée.

Il est connu pour avoir dessiné la série La Jungle en folie entre 1969 et 1988.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Passionné très jeune par le dessin, notamment les dessins animés de Walt Disney et Tex Avery, il suit les cours de dessin de l'Académie de la Grande Chaumière à Paris. Il débute dans la bande dessinée en 1957 avec la série Texas Kid publiée dans l'hebdomadaire Pierrot (qui change sa dénomination en Champion l'année suivante), dont il assure scénario et dessin. Il dessine ensuite, sur scénario de Y. Rhuis, la série Bull-Dozer publiée dans Fripounet en 1961 et Sophie publiée dans le périodique Lisette. Il rencontre René Goscinny qui écrit pour lui la série La Forêt de Chênebeau publiée tout d'abord dans Jacqueline, un magazine publicitaire, puis reprise dans Pilote en 1966. Goscinny l'amène ainsi au sein de Pilote.[n 1] où il crée en 1963 la série Buck Gallo, sur scénario d'Yves Duval et Jean Tabary, qui connaît dix longs récits et quelques récits complets jusqu'en 1969. Toujours pour Pilote, il dessine la série Pan et la Syrinx sur scénario de Fred, qui connaît quinze récits complets entre 1968 et 1969[1],[2],[3].

La Jungle en folie[modifier | modifier le code]

En 1969, il crée, sur scénario de Christian Godard, la série qui va le rendre célèbre, La Jungle en folie. Christian Godard raconte que c'est Mic Delinx qui vient le solliciter, désespéré parce qu'on ne lui donne plus de travail à Pilote et qu'il a charge de famille[n 2]. Godard, qui  apprécie le talent de Mic Delinx, trouve alors un sujet pouvant lui convenir qu'il propose au rédacteur en chef de l'hebdomadaire Pif, qui se montre intéressé et demande un essai sur vingt pages. Le succès est immédiat et les gags de La Jungle en folie sont publiés régulièrement dans Pif jusqu'en 1978 puis de manière occasionnelle jusqu'en 1986[4],[5].

La série est publiée en albums par Rossel Éditions à partir de 1973, puis par Dargaud à partir de 1979. Vingt albums paraissent jusqu'en 1988[6].

Les autres travaux[modifier | modifier le code]

Mic Delinx réalise également de nombreuses illustrations pour des campagnes publicitaires (par exemple le chat Sim'Cat pour la défunte marque automobile Simca). En 1981, au décès de Jean-Claude Poirier, tout comme Philippe Luguy et Yannick Hodbert, il dessine 7 vignettes[7] pour la marque de chewing-gum Malabar puis en 1982, 12 vignettes sur une série de 24 répartie entre lui et François Dimberton. En 1996, il dessine une bande dessinée publicitaire pour Banga[n 3] et crée la bande dessinée Kouakou pour le magazine jeunesse africain éponyme[n 4]. Il crée également la marionnette Théobald le Chameau, mascotte de l'émission télévisée Midi Magazine[2],[1].

La brouille avec Godard[modifier | modifier le code]

La société de production France-Animation propose aux auteurs une adaptation en dessins animés de La Jungle en folie, mais aucun accord ne peux intervenir, du fait uniquement de Mic Delinx selon la version de Christian Godard[n 5], ce qui a éloigné les deux hommes[4].
La brouille définitive intervient à la fin des années 1970, alors que Mic Delinx utilise les personnages de La Jungle en folie pour réaliser un carton d'invitation pour annoncer l'anniversaire des 50 ans de Jean-Marie Le Pen en 1978[8], puis quand Christian Godard découvre que Mic Delinx avait fourni une page entière de l'album La Crise au rédacteur en chef de l'hebdomadaire politique Minute, lequel avait remplacé les textes originaux par des textes à la gloire de Jean-Marie Le Pen[9]. Christian Godard est outré par cette manière de procéder et juge cette utilisation, sans son accord, des personnages dont il est le co-auteur comme une atteinte à son droit d'auteur[10] et une longue procédure judiciaire va opposer les deux hommes pendant une dizaine d'année. Au terme de ce contentieux, en 1999, il est jugé par la Cour d'Appel de Paris que Mic Delinx est auteur de la représentation des personnages et Christian Godard de leurs noms et du scénario[11]. Pendant les dernières années de leur collaboration, les deux hommes ne communiquent plus que par l'intermédiaire de leurs avocats et la série ne figure plus que très épisodiquement dans les pages de Pif avant de s'arrêter en 1988[10],[5],[9].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

L'épisode de sa collaboration avec Jean-Marie Le Pen et Minute vaut à Mic Delinx, dénoncé comme « facho », de devenir indésirable dans le monde de la bande dessinée. Pour survivre, il rachète des stocks d'albums en prix soldés auprès de l'éditeur et les vend lui-même dans les salons de bande dessinée. Ruiné, il perd son appartement, sombre dans la dépression, d'autant que son épouse décède alors d'un cancer, et vit dans sa voiture ou dans de petits hôtels. Épuisé, il est hospitalisé et meurt d'un arrêt cardiaque le [10],[3].

Publications[modifier | modifier le code]

  1. Les aventures de Joe le tigre, 1973
  2. Salut la compagnie, 1974
  3. La Conquête de l'espace, 1974
  4. Corrida pour une vache maigre, 1975
  5. Perrette et le grand méchant Louloup, 1975
  6. La Crise, 1976
  7. Le Mouton enragé, 1976
  8. La Belle au bois ronflant, 1979
  9. La Cage aux fauves, 1980
  10. Le Monstre, 1980
  11. Mambo Zizi Panda, 1981
  12. Le Trou du chou-fleur, 1983
  13. La Brigade des morses, 1983
  14. Hamac Saynètes, 1984
  15. La Licorne de brume, 1984
  16. Le Fondu enchaîné, 1985
  17. Canard à l'orange, 1986
  18. Le Fantôme du Bengali, 1987
  19. Le Dindon de la farce, 1987
  20. La Guerre du golf, 1988

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. René Goscinny est nommé rédacteur en Chef de Pilote en 1963
  2. Godard rapporte que Delinx lui aurait dit « J'ai deux filles à élever, et je ne sais pas comment faire. Il ne me reste plus qu'à me jeter par la fenêtre ! ».
  3. Banga et le mystère de la Rolls blanche, sur scénario de Claude Moliterni.
  4. Magazine distribué gratuitement dans les écoles d’Afrique avec le soutien du Ministère français de la Coopération.
  5. Christian Godard explique regretter que cette adaptation n'ait pu avoir lieu, alors que la série se prêtait à une adaptation animée, reportant la faute sur Mic Delinx qui aurait refusé tout accord sur les contrats malgré quatre tentatives.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Yves-Marie Labé, « Mort de Mic Delinx, dessinateur de BD et illustrateur publicitaire », sur lemonde.fr, (consulté le 9 juin 2019)
  2. a et b « Mic Delinx », sur lambiek.net (consulté le 9 juin 2019)
  3. a et b « La « jungle en folie » pleure son roi », Le Libre Journal de la France Courtoise, no 282,‎ , p. 18 (lire en ligne)
  4. a et b Olivier Lascar, « Christian Godard raconte sa "Jungle en Folie" », sur sciencesetavenir.fr, (consulté le 9 juin 2019)
  5. a et b « La jungle en folie dans Vaillant et Pif », sur bdoubliees.com (consulté le 9 juin 2019)
  6. « La Jungle en folie », sur bedetheque.com (consulté le 10 juin 2019)
  7. Vignettes publicitaires pour la marque de chewing-gum Malabar
  8. Olivier Beaumont, Dans l'enfer de Montretout, Flammarion, (lire en ligne)
  9. a et b Didier Pasamonik, « Christian Godard : « J’ai plein d’idées pour la Jungle en Folie » », sur actuabd.com, (consulté le 10 juin 2019)
  10. a b et c Henri Filippini, « Je me souviens de... Mic Delinx », dBD,‎ , p. 94-95
  11. « Tribunal de grande instance de Paris chambre civile 3 Audience publique du mardi 25 mars 2008 », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 10 juin 2019)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]