Menez Kamm

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Menez et Kamm.
Menez Kamm
Manoir de Menez Kamm Spezet - 03.jpg
Menez Kamm en 2016
Présentation
Type
Construction
(ou environs)Voir et modifier les données sur Wikidata
Propriétaire
Statut patrimonial
Bien culturel (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Pays
Commune
Adresse
Menez KammVoir et modifier les données sur Wikidata
Coordonnées
Localisation sur la carte de France
voir sur la carte de France
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Bretagne
voir sur la carte de Bretagne
Red pog.svg
Localisation sur la carte du Finistère
voir sur la carte du Finistère
Red pog.svg

Menez Kamm est un manoir situé en la commune de Spézet dans le Finistère. Il est connu pour avoir appartenu à la comtesse Vefa de Saint-Pierre et avoir abrité de 1970 à 1974 un important foyer culturel breton[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Le manoir vers 1910

Dans les années 1880, un Américain, sir Henri Moulton, amateur de chasse et de grands espaces décide de bâtir un vaste manoir dans les Montagnes Noires au cœur de la « montagne tordue » (menez-kamm)[2]. En 1908, Vefa de Saint-Pierre achète l’austère manoir de Menez Kamm et ses deux cents hectares de terres. Cette Comtesse est une militante de la langue bretonne : « Le bilinguisme est un immense avantage. Il faut apprendre le breton aux enfants et ensuite ils apprendront l’anglais en trois ou quatre mois. »[3].

L’été, le domaine accueille des camps interceltiques et les scouts Bleimor, organisation de scouts bretons, dont fait partie celui qui deviendra Alan Stivell. En 1961, la propriétaire confie la gestion de Menez-Kamm à l’association KVS (Kedevrigeh vreizhat a Sevenadurezh) présidée par Louis Le Floc’h, un ecclésiastique et poète de langue bretonne, assisté de Pêr Denez pour promouvoir la culture bretonne et les échanges avec d'autres cultures, celtiques et autres. Le travail de restauration fut entièrement assuré par des bénévoles. Menez-Kamm dès cette époque devint très rapidement un site d'accueil et de rencontres de différentes cultures. Pierre Lemoine, bien après, fut le président-fondateur du Foyer de jeunes européens de Menez-Kamm. Mais le décès de Vefa de Saint-Pierre, en 1967, remet en cause la tâche de KVS qui fonctionne sans subvention.

En 1970, de retour en Bretagne, Yannig Baron anime, aux côtés de Yann Goasdoué et leurs épouses, le foyer de Menez Kamm, qui devient alors un lieu essentiel de la vie culturelle bretonne. Menez Kamm est idéalement situé au cœur de la Bretagne pour leur projet : une auberge dédiée à la culture bretonne où les hôtes participent aux tâches domestiques contre un hébergement bon marché. Le manoir est rénové. C’est sommaire mais suffisant.

Des veillées étaient organisées périodiquement. C'est au cours de l'une d'entre elles que Youenn Gwernig a chanté pour la première fois en public et a décidé de faire de la scène[4]. De nombreux chanteurs et sonneurs traditionnels y sont passés et ont contribué au rayonnement du centre : Glenmor, Stivell, Servat, Gweltaz ar Fur, Kerguiduff, Kirjuhel, Namnediz, Breizerien, Triskell, Kouerien Saint-Yann, les Sœurs Goadec, les frères Lochmeks... Il y a eu aussi des chanteurs occitans, des chanteurs basques, des musiciens et chanteurs irlandais. L'illustrateur Nono en fera également partie[5].
Outre les veillées périodiques, il accueillait des stages : langue bretonne, musique, etc., et recevait des résidents à chaque vacances scolaires et pour les week-ends.

Implanté à Spézet, il est à l'origine de la création de l'entreprise de diffusion du livre et du disque bretons Coop Breizh, du groupe de musique Diaouled Ar Menez... Un 33 tours y a été enregistré avec les artistes présents lors des veillées en 1973 sous le label Arfolk intitulé Beilhadeg e Menez-Kamm dans la version breton[6] et Veillée bretonne à Menez-Kamm en français.

En 1975, Yann Goasdoué cède sa place d'animateur à Pierrick Le Dréau. Le centre ferme en août 1976[7]. La propriété est rétrocédée à la famille de Vefa de Saint-Pierre. Le manoir et ses terres abritent ensuite une exploitation agricole[3].

Publications[modifier | modifier le code]

Disques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Erwan Chartier, L'aventure de Menez Kamm, un foyer de culture au cœur de la Bretagne, ArMen, n°154, septembre 2006, pages 26-33
  • Claire Arlaux, Une amazone bretonne, Vefa de Saint-Pierre (1872-1967), Coop Breizh, 2000
  • Liste des disques dans La chanson bretonne, Jacques Vassal, Albin Michel, Rock & Folk, 1980, p. 187

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erwan Chartier, L'aventure de Menez Kamm, un foyer de culture au cœur de la Bretagne, ArMen, n°154, septembre 2006, pages 26-33 en ligne
  2. Erwan Chartier-Le Floch, « Menez Kamm à Spézet, un foyer culturel breton - Histoires de Bretagne », Histoires de Bretagne,‎ (lire en ligne)
  3. a et b « Culture bretonne : les folles années Menez Kamm à Spézet », Ouest-France,‎ (lire en ligne)
  4. Musiques et Danses en Finistère, n°19
  5. Musiques et Danses en Finistère, n°19, "tous un jour ou l'autre croqués par le dessinateur Nono fidèle parmi les fidèles"
  6. Beilhadeg e Menez-Kamm sur rateyourmusic.com
  7. André-Georges Hamon, Chantres de toutes les Bretagnes: 20 ans de chanson bretonne, Jean Picollec, 1981, p. 198

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :