Mediator Dei

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Mediator Dei est une encyclique du Pape Pie XII sur les principes de la Liturgie, publiée le 20 novembre 1947.

Contexte[modifier | modifier le code]

Elle est la prise en compte par le magistère de l'action du mouvement liturgique initié par Dom Guéranger à la fin du XIXe siècle. Les travaux des liturgistes Lambert Beauduin, Pius Parsch, Romano Guardini, Odo Casel, Josef Andreas Jungmann et d'autres se trouvent confirmés en partie ou dans leur totalité, et assumés par le pape pour l'Église universelle. Cette encyclique lance le renouveau liturgique qui connaitra un nouveau développement lors du Concile Vatican II dans la Constitution Sacrosanctum Concilium en 1963.

Idée générale[modifier | modifier le code]

Théologie de la liturgie[modifier | modifier le code]

Le texte confirme plutôt les idées traditionnellement en vigueur, avec quelques ouvertures. Mais en ce qui concerne la théologie de la liturgie, l’encyclique apporte de vraies nouveautés. Dans le n° 25, Pie XII refuse avec des mots très clairs une conception de la liturgie comme une action seulement rituelle et juridique. Lisons ce numéro :

“Ceux qui entendent par liturgie uniquement la partie extérieure et visible du culte ou un digne cérémonial, ignorent la vraie définition et le vrai sens de la sainte Liturgie. Sont également dans l’erreur ceux qui considèrent la liturgie comme une collection de lois et de prescriptions promulguée par la hiérarchie ecclésiastique pour le maniement des rites saints.”

Le pape souligne, que la liturgie est beaucoup plus que cela, qu’elle est réellement une action salvifique.

La liturgie, culte public[modifier | modifier le code]

La liturgie, culte intérieur et extérieur ; La liturgie est réglée par la hiérarchie ecclésiastique ; Progrès et développement de la liturgie ; Ce progrès ne peut être abandonné à l'arbitraire des personnes privées.

Le culte eucharistique[modifier | modifier le code]

Nature du sacrifice eucharistique ; Participation des fidèles au culte eucharistique ; La communion eucharistique ; L'adoration eucharistique.

L'office divin et l'année liturgique[modifier | modifier le code]

L'office divin ; Le cycle des mystères dans l'année liturgique ; Les fêtes des saints.

Directives pastorales[modifier | modifier le code]

Les autres formes de piété non strictement liturgiques sont vivement recommandées ; Esprit liturgique et apostolat liturgique.

Mise en garde d'excès possibles[modifier | modifier le code]

Si l'encyclique est clairement un encouragement aux intuitions et recherches du mouvement liturgique, le pape équilibre ses propos par des mises en garde. Il mentionne ainsi « l'excessive et malsaine passion des choses anciennes » : « il n'est pas sage ni louable de tout ramener en toute manière à l'Antiquité ». Il rejette par là un archaïsme liturgique qui, sous couleur de retour aux sources, serait un procédé de rupture avec la tradition[1].

Cela dit, ce même pape Pie XII procèdera aux réformes du Triduum pascal puis de la Semaine sainte, selon les vœux du mouvement liturgique. Il saluera ensuite encore en 1956 dans son message au Congrès international de liturgie d'Assise, le mouvement liturgique comme une "intervention de l'Esprit Saint dans son Eglise"[2].

Lien[modifier | modifier le code]

texte de l'encyclique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Il faut réprouver l'audace tout à fait téméraire de ceux qui, de propos délibéré, introduisent de nouvelles coutumes liturgiques ou font revivre des rites périmés (…) De sorte que ce serait sortir de la voie droite de vouloir rendre à l'autel sa forme primitive de table, de vouloir supprimer radicalement des couleurs liturgiques le noir, d'exclure des temples les images saintes et les statues, etc. »
  2. .“Le Mouvement liturgique est comme un signe de la providence divine pour notre temps ; il était une intervention du Saint-Esprit dans son Eglise, pour rendre les hommes plus accessibles aux mystères de la foi et aux richesses de la grâce, qui coulent de la participation active des fidèles à la vie liturgique.” Pie XII, lettre au Congrès d’Assise (1956)