Marouflage

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Le marouflage consiste à fixer une surface légère (papier, toile) sur un support plus solide et rigide (toile, bois, mur) à l'aide d'une colle forte dite maroufle qui durcit en séchant. C'est une opération particulièrement utilisée en peinture d'art et en restauration.

Le marouflage a également été utilisé pour la construction d'avions, du temps où ils étaient en bois et toile. Au XXIe siècle, le marouflage est une technique encore utilisée pour l'aviation légère et pour des modèles réduits.

Types de marouflages[modifier | modifier le code]

Le but premier du marouflage est de renforcer une œuvre fragile afin d'en assurer la pérennité :

Ce procédé peut bien entendu s'appliquer à toute autre œuvre graphique.

Une autre utilisation du marouflage, qui précède l'exécution de l'œuvre, consiste à coller la feuille de papier (à dessin, aquarelle, kraft) sur une toile (ou un châssis entoilé) ou un panneau de bois. Cette pratique a pour but soit de renforcer le support dès le départ, soit de changer les sensations d'exécution (obtenir l'effet tambour de la toile en travaillant sur papier ou au contraire enlever cet effet grâce au bois tout en travaillant sur de la toile). On parle alors de peinture ou dessin marouflé sur toile ou sur bois.

Procédé[modifier | modifier le code]

La technique du marouflage est attestée depuis 3 000 ans et a beaucoup évolué. Elle consiste en général à appliquer une couche de colle à la fois sur le support et au dos de la peinture, cette dernière est ensuite pressée, par exemple au moyen d'un rouleau, de façon à éliminer les bulles d'air qui auraient pu se loger entre les deux surfaces.

En Occident, la colle de peau fut le principal liant utilisé jusqu'à l'apparition de procédés de marouflage utilisant la céruse à la fin du XVIIIe siècle elle-même abandonnée en raison de sa grande toxicité pour les colles polyvinyliques ou polyacryliques.

Le marouflage en aviation[modifier | modifier le code]

Le marouflage en Orient[modifier | modifier le code]

Le papier ayant été inventé en Chine, les techniques de marouflages y sont apparues assez tôt pour présenter et préserver les œuvres.

En Chine, le marouflage, appelé « biǎobèi » (裱褙) mais également biǎobēi (表背), zhuāngbēi (装背) ou encore zhuāngbiǎo (装裱) est apparu il y a environ 1 700 ans. Vers 907 - 923, le marouflage consistait alors principalement à encoller le papier d'une œuvre de calligraphie ou de peinture sur un papier de type différent, afin de lui apporter un encadrement et d'en faire un rouleau, permettant notamment de l'accrocher au mur. Le rouleau peut également être ornementé de brocart et de différentes soieries. Il y avait, d'après le « Chuògēnglù » (《辍耕录》), notes historiques contenues dans le recueil « Náncūn Chuògēnglù » (南村辍耕录) et effectué sous la dynastie Yuan (1271 - 1368), 13 techniques, appelées « les 13 techniques du marouflage » (裱背十三科, biǎobēi shísān kē) :

《裱背亦有十三科。一织造绫锦绢帛,一染练上件,一抄造纸札,一染制上件颜色,一糊料麦面,一糊药矾蜡,一界尺裁版杆帖,一轴头,一糊刷,一铰链,一绦,一经带,一裁刀。数内阙其一,则不能成全画矣》 « Le marouflage comporte également 13 techniques : tissage de mousseline de soie, brocart et soie légère, teinte sur le document, tablette pour fabriquer du papier, teinte pour contrôler la couleur sur le papier, colle de farine de riz, cataplasme de cire et alumine, pivot, encollage en une fois, charnière, ruban de soie, longue bande, coupe au couteau. Une faute sur l'un d'eux et c'est un échec ».

Ces techniques ont été par la suite répandues au Vietnam, en Corée puis au Japon.

Marouflage japonais[modifier | modifier le code]

Dans les arts graphiques japonais, le marouflage (dit urauchi) est une opération d'une grande sophistication. Les œuvres généralement calligraphiées ou peintes sur une ou plusieurs couches de papier fin (principalement en kôzo). C'est une étape indispensable à l'encadrement traditionnel (hyôsô) des calligraphies japonaises.

Matériel[modifier | modifier le code]

Matériel minimum pour marouflage japonais.

  • vaporisateur à eau,
  • colle d'amidon,
  • large brosse en poils de chèvre pour étaler la colle,
  • papier de marouflage (d'une surface supérieure a l'œuvre),
  • large brosse végétale pour aplatir le papier de marouflage,
  • baguette plate.

D'autres colles fortes peuvent être utilisées, comme : maroufle, céruse, dextrine.

Procédé[modifier | modifier le code]

Prérequis : l'œuvre à maroufler doit être sèche (prévoir au moins une semaine de séchage pour une calligraphie).

  1. Vaporiser l'œuvre d'eau de manière uniforme et laisser reposer quelques minutes.
  2. Étaler la colle sur le papier de marouflage avec la brosse.
  3. Appliquer le papier de marouflage sur l'œuvre au moyen d'une brosse végétale.
  4. Lorsque les deux papiers sont solidaires, poser l'ensemble à la verticale et laisser sécher.

Une fois sèche l'œuvre peut être encadrée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Marouflage japonais[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]