Marie Gustave Victor René Alfred Texier

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Marie Gustave Victor René Alfred Texier
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Marie-Gustave-Victor-René-Alfred Texier (1882-1978[1]), militaire français dans le XXe siècle, combattant de la Première Guerre mondiale au sein du 1er zouaves, a été général d’infanterie entre les deux guerres, puis résistant au sein de l’O.R.A. sous l’occupation allemande. Dans la Grande guerre 1914-1918, son nom est associé à la découverte de la galerie Est du Mont Cornillet. Il est également cité[2] pour son action au combat dans les attaques de la 48e division d’infanterie des 18 et 19 juillet 1918, sur la ligne Villers-Hélon[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred-René Texier est né en 1882. Il entre à Saint Cyr âgé de dix-huit ans, en 1900, au sein de la promotion du Tchad[1]. Il devient sous-lieutenant à vingt ans, et servit dix années sur la frontière de l’Est. En 1912, il rentre à l’École de guerre.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Grande guerre 1914-1918 éclate à sa sortie de cette école. Il prend part, comme capitaine d’état-major, aux opérations de Lorraine, de Champagne et de la Somme, puis à l’état-major d’une division d’Afrique. À la bataille de Verdun (1916), il commande la 10e compagnie du 16e bataillon de chasseurs[4].

Il est capitaine de l’état-major de la division Joba lorsqu’il engage en mai 1917 la bataille du Mont Cornillet. Il est envoyé ensuite en mission spéciale[5] à la recherche de la galerie centrale, puis découvre l’entrée de la galerie Est. Il en a donné une effroyable description qui sera publiée en 1975 dans la revue historique des armées[6].

En juillet 1918, pendant l’offensive générale, il commande le bataillon du 1er zouaves de l’armée Mangin. Il sera grièvement blessé de deux balles de mitrailleuses au cours de cette attaque[3].

Entre les deux guerres[modifier | modifier le code]

À la sortie du conflit, il passe au sous-secrétariat de la démobilisation et est nommé au 2e bureau de l’état-major de l’Armée (1920-1930). De 1931 à 1934, il participe brillamment aux opérations de pacification du Maroc[7] à la tête du 2e régiment de tirailleurs marocains et y reçoit le mérite militaire chérifien, décoration très rare, la plus haute distinction chérifienne. On lui confia en 1935 le commandement de l'un des trois groupements de l’ouest chargés de pacifier l’Anti-Atlas occidental. La manœuvre consistait à isoler les différentes tribus sédentaires de la montagne, en les fixant sur le front nord de l’Anti-Atlas[8], et permettre ainsi au groupement de l’est d’effectuer une manœuvre débordante[n 1]. Il obtient la même année le brevet d’aptitude au commandement des grandes unités, au centre des hautes études militaires.

Il est nommé général de brigade en 1937, commandant l’IDI 9, à Rennes.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la seconde Guerre mondiale en septembre 1939, il est affecté au commandement de la 20e division. Mais l’une de ses blessures de 1918 s’envenime et l’envoie à l’hôpital pour 4 mois. Cette hospitalisation[1] lui fait perdre son commandement. Il rejoint les armées sur sa demande, encore incomplètement guéri, et reçoit en janvier 1940[9], le commandement d’une division de réservistes[1], la 57e division d’infanterie en secteur dans le Jura[n 2]. Cette division est appelée en juin, par le Généralissime, sur le front de combat en vue de couvrir en avant de Paris, la droite de l’armée Frère (viie) retraitant au Nord. Lancée pour son baptême du feu dans une bataille perdue, « la 57e » recueille les troupes en repli et se dégage par une contre attaque le 11 juin 1940, à Neufchelles, de l’étreinte allemande. Puis, à partir du 12 juin, elle prend part à la retraite générale, ordonnée par le haut commandement français, faisant front sur chaque coupure et ramenant jusque dans la Vienne, après douze jours de marche épuisante (aucun élément n’étant motorisé) ses unités très éprouvées, mais non désorganisés et disponibles encore pour le combat.

Le général Texier est mis à la retraite d’office le 20 août 1940 selon les lois de l’Armistice.

Passé au cadre de réserve comme général de division sous l’Occupation, il rejoint l’organisation de résistance de l’armée (O.R.A.), activée par son camarade, le général d’armée Aubert Frère[1]. Plus tard, en septembre 1944, il demande au gouvernement, de retour à Paris, de lui confier un commandement, fût-ce dans un grade inférieur au sien, ce qui lui est refusé compte tenu de son âge. Mais en 1945, il continue de servir comme délégué du gouvernement, au conseil d’administration des œuvres d’entraide dans l’Armée[1].

Il décède en 1978[1], âgé de quatre-vingt-seize ans et est enterré à Rocherservière (85).

Décorations[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h et i [PDF] Jean Boÿ, « Historique de la 85e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1900-1902), promotion du Tchad », sur saint-cyr.org, (consulté le 6 septembre 2013)
  2. Journal officiel de la République française, France, (présentation en ligne), « Texier (Alfred-René) » :

    « Texier (Alfred-René), capitaine au 5e bataillon du 1er rég. de marche de zouaves : affecté au régiment depuis peu de temps, le capitaine Texier s’est affirmé de suite comme un chef de tout premier ordre. S’est tout spécialement distingué en exécutant une opération particulièrement délicate avec son bataillon, franchissant de vive force, au nez de l’ennemi, un cours d’eau dont l’autre rive était garnie de mitrailleuses, faisant plus de cent trente prisonniers, et capturant un nombreux matériel. A de nouveau entrainé ses zouaves à l’attaque, communiquant à tous la flamme qui l’annimait et faisant l’admiration de son bataillon par sa bravoure, son entrain, et […] »

  3. a et b Ministère de la guerre, La revue d’infanterie, no 388, vol. 66, Paris, éd. Charles-Lavauzelle & Cie, le 1er janvier 1925, [lire en ligne], p. 276-279 et 292-294, « Attaques de la 48e division d’infanterie les 18 et 19 juillet 1918 »
  4. Jules Poirier, La bataille de Verdun : 21 février — 18 décembre 1916, éditions Chiron, 1922, [présentation en ligne], p. 182, « […] s’empara presque par surprise de la position de la première ligne et réussit à progresser à la grenade […] » ;
  5. L’Illustration, no 3879-3904, 1917, [présentation en ligne] ;
  6. Ministère des armées, Revue historique des armées, France. Ministère de la défense, 1975, [présentation en ligne], p. 66-67 ;
  7. Pierre Taittinger, La pacification marocaine, Les Annales coloniales, no 38, Paris, le 31 mars 1934, [lire en ligne] sur Wikiquote ;
  8. Revue militaire française, t. 56, éd. Berger-Levrault et Chapelot, Nancy, Paris et Strasbourg, avril-juin 1935, [lire en ligne], p. 11 ;
  9. Charles D. Pettibone, The Organization and Order of Battle of Militaries in World War ii : Italy and France, Including the Neutral Countries of San Marino, Vatican, vol. 6, Trafford Publishing, 2010, (en) [lire en ligne], p. 408 et 417 ;
  10. Philippe Beuscart, « Les combats sur la ligne Chauvineau  », site personnel, [lire en ligne], cf section « Journée du 9 juin 1940 », dernier paragraphe ;

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le groupement de l’est marchait d’est en ouest sous les ordres du général Giraud, en direction d’Akka, par les feïjas des chaînes des Banî ; celui de l’ouest opérait du nord au sud sous l’autorité du général Catroux, en direction de Tiznit.
  2. Au nord-est de la ligne de Défense[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]