Marie-Sophie de Bavière

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Marie-Sophie de Bavière
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Marie Sophie, reine des Deux-Siciles

Titre

Reine consort des Deux-Siciles


(1 an 8 mois et 22 jours)

Prédécesseur Marie-Thérèse de Habsbourg-Lorraine-Teschen
Successeur disparition du Royaume
Biographie
Dynastie Maison de Witelsbach
Nom de naissance Marie-Sophie Amélie de Wittelsbach
Naissance
Possenhofen (Bavière)
Décès (à 83 ans)
Munich, Bavière (Allemagne)
Père Maximilien en Bavière
Mère Ludovica de Bavière
Conjoint François II des Deux-Siciles
Enfants Marie-Christine Pia de Bourbon-Siciles

Marie-Sophie Amélie, duchesse en Bavière, née le à Possenhofen et morte le à Munich, est une princesse bavaroise, devenue reine des Deux-Siciles par son mariage.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Sixième enfant du duc Maximilien en Bavière et de son épouse Ludovica de Bavière, Marie-Sophie est la sœur cadette de l'impératrice Élisabeth d'Autriche, la célèbre Sissi, épouse de l'empereur d'Autriche depuis 1854.

Ce brillant mariage pour une princesse de second ordre permet à ses soeurs de devenir des partis intéressants ; devenir le beau-frère de l'empereur d'Autriche est un avantage politique pour les souverains européens. En 1858, Le roi Ferdinand II des Deux-Siciles demande la main de la sœur cadette de l'impératrice pour son fils aîné François, duc de Calabre.

Le mariage par procuration se déroule à Munich le , le prince Luitpold de Bavière, futur régent, représentant le fiancé.

Le 13 janvier suivant, Marie prend le train qui, par Leipzig et Prague la conduit d'abord à Vienne - où elle s'attarde auprès de sa sœur, l'impératrice Elisabeth - puis vers Trieste où le yacht Le Fulminant l'emmène jusqu'à Bari où elle est reçue par son beau-père le roi Ferdinand II, déjà très malade, le duc de Calabre son fiancé, ses neuf demi-frères et sœurs et la reine Marie-Thérèse, seconde épouse du roi, qui dirigea la famille, notamment le prince héritier son beau-fils, avec autorité en imposant ses idées ultra-conservatrices.

Le duc de Calabre est un jeune homme insignifiant, uniquement intéressé par les ouvrages de piété et notamment la vie des saints, ne parlant pas l'allemand quand sa fiancée bavaroise ne parle pas l'italien. Souffrant d'un phimosis, il ne peut consommer son mariage.

Marie, reine des Deux-Siciles
La reine Marie à Gaëte

Reine éphémère des Deux-Siciles[modifier | modifier le code]

En mai de la même année, la mort du roi Ferdinand fait de la jeune Marie, la nouvelle reine des Deux-Siciles mais le pouvoir reste entre les mains de son autoritaire belle-mère.

L'année suivante, le royaume des Deux-Siciles est envahi par l'armée de Garibaldi. Le roi et la reine en appellent à leur beau-frère, l'empereur d'Autriche François-Joseph Ier, très impopulaire et affaibli après ses défaites à Solférino et Magenta face aux armées françaises de Napoléon III qui soutenait le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne. Malgré les efforts des frères et sœurs de la reine, l'empereur ne peut venir à leur aide.

Vaincue, la famille royale, suivie du nonce apostolique et du corps diplomatique, s'enferme alors dans la citadelle de Gaëte. Marie, à 19 ans, devient l'âme de la résistance. Les journaux la surnomment « l'héroïne de Gaëte » tandis que Victor-Emmanuel II, soutenu par un plébiscite truqué qui voit 1 302 064 oui et 10 302 non se fait proclamer roi de Naples. En mars 1861, le royaume des Deux-Siciles est intégré au nouveau royaume d'Italie dont Victor-Emmanuel est proclamé souverain héréditaire.

La famille royale des Deux-Siciles doit trouver refuge auprès du pape dans ce qui reste des États pontificaux.

Reine en exil[modifier | modifier le code]

Le couple royal
Mathilde en Bavière, comtesse de Trani

À Rome, Marie s'ennuie auprès d'un mari plutôt terne. Soutenue par sa sœur aînée l'impératrice d'Autriche, elle songe à faire venir près d'elle leur sœur cadette Mathilde et, pour ce faire, organise le mariage de cette dernière avec le frère cadet de son mari, Louis, comte de Trani.

Ce couple n'est pas mieux assorti que le couple royal. Nonobstant, les deux sœurs sont inséparables, souvent rejointes par le reste de la fratrie, recréant l'intimité de Possi. Pour déjouer la curiosité des badauds, elles prennent l'habitude de porter les mêmes tenues. L'impératrice et leur plus jeune sœur Sophie-Charlotte, qui deviendra par mariage duchesse d'Alençon, les rejoignent parfois et se prêtent à ce jeu.

Marie et Mathilde n'en sont pas moins très insatisfaites de leur vie conjugale (les mariages n'ont pas été consommés) et, comme leur sœur l'impératrice aussi malheureuse qu'elles, rejoignent le plus souvent possible Possenhofen recréant au mieux l'ambiance et la complicité de l'enfance perdue. Le duc Max, se lasse bientôt de ses plaintes et renvoie ces princesses vers leurs maris. La duchesse Ludovica confiera que si ses gendres n'étaient pas parfaits, ses filles n'avaient été des épouses faciles.

En effet, Marie et Mathilde, que l'exil condamne à l'oisiveté, s'engagent dans l'adultère. Mathilde s'éprend d'un diplomate tandis que Marie s'éprend d'un officier belge des zouaves pontificaux, Emmanuel de Lavaysse, dont elle est bientôt enceinte. Sa famille la fait accoucher discrètement dans un couvent d'Augsbourg d'une petite fille, Daisy de Lavaysse.

Réconciliée avec son mari, ce dernier accepte de se faire opérer du phimosis permettant enfin la consommation du mariage[1]. Le couple donne naissance en 1867, à Rome, à une fille, Maria-Cristina-Pia qui meurt au berceau.

Le rattachement des États pontificaux au Royaume d'Italie en 1870 les oblige à trouver refuge dans différents pays d'Europe, l'Autriche, la Suisse et la France. Le comte de Trani, déprimé par l'exil et une vie sans joie sombre dans l'alcoolisme et se suicide en 1886.

Veuve en 1894, Marie mène une vie mondaine recourant au soutien financier de la famille Rothschild. C'est en allant saluer ces derniers que l'impératrice est assassinée en 1898, un an après la mort tragique de la duchesse d'Alençon dans l'incendie du Bazar de la Charité.

Survivant à la première guerre mondiale et à la chute des monarchies autrichienne, allemande et russe, elle reproche à sa petite-nièce, la princesse Marie-José de Belgique, ses fiançailles avec le prince héritier d'Italie.

La reine s'éteint en 1925 à l'âge de 84 ans. Son corps est inhumé à Rome auprès de celui de son époux en l'église du Saint-Esprit des Napolitains, puis les deux sont ramenés en la basilique Santa Chiara de Naples, nécropole des rois des Deux-Siciles.

De sa fille naturelle, Daisy de Lavaysse, on sait seulement qu'elle fut élevée dans sa famille paternelle dans le sud-ouest de la France. Pour autant, une fois par an et jusqu'à sa mort, la jeune Daisy est envoyée à Possenhofen pour y rencontrer discrètement sa mère. Alliée à la famille du comte de Gineste dans le Tarn, Daisy de Lavaysse fait de longs séjours au château de Garrevaques près de Revel. Elle meurt avant sa mère, puisque cette dernière assiste aux obsèques de sa fille en l'église de la Madeleine à Paris, au grand étonnement de la presse.

Famille[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Erika Bestenreiner, Sissi, ses frères et sœurs, Pygmalion 2004, p.75

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Elia, La regina ribelle, Palerme, 1863.
  • Raffaele de Cesare, La fine di un regno, Naples, 1869.
  • R. de Cesare, Roma e lo stato del Papa, Rome, 1907.
  • C. Tschudi, Regina Maria Sofia di Napoli, un’eroina dimenticata, Città di Castello,1914.
  • Pietro Calà Ulloa, Un re in esilio, Bari, 1928.
  • A. Tosti, Maria Sofia ultima regina di Napoli, Milan, 1947.
  • G. Paladino, Maria Sofia di Wittelsbach, regina delle Due Sicilie, in «Istituto dell’Enciclopedia italiana», vol. XXIII, Rome, 1951.
  • A. Gentile, Da Gaeta ad Arco, diario di Francesco II di Borbone. 1°gennaio 1862 - 24 dicembre 1894, A. Gentile, Naples, 1988.
  • A. Mangone, Maria Sofia. L’eroina di Gaeta, l’ultima regina di Napoli, Naples, 1992.
  • Arrigo Petacco, La regina del Sud. Amori e guerre segrete di Maria Sofia di Borbone, Milan, 1992.
  • Pier Giusto Jaeger, Francesco II di Borbone l'ultimo Re di Napoli, Milan, 1982.
  • Diego Mormorio, La Regina nuda, Saggiatore, Nuovi saggi, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]