Marie-Anne Collot

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Marie-Anne Collot
Collot-par-Falconet-fils.JPG
Pierre-Étienne Falconet, Portrait de Marie-Anne Collot (1773), musée des beaux-arts de Nancy.
Naissance
Décès
Activité
Maître
Conjoint

Marie-Anne Collot est une sculptrice française née à Paris en 1748 et morte à Nancy le .

Élève et bru d'Étienne Falconet, elle est connue pour ses portraits sculptés et fut une proche des cercles philosophiques et artistiques de Denis Diderot et de Catherine II.

Biographie[modifier | modifier le code]

L’élève de Falconet[modifier | modifier le code]

Marie-Anne Collot entre en 1763 comme modèle dans l'atelier du sculpteur Jean-Baptiste II Lemoyne à Paris[1]. Celui-ci eut une influence déterminante sur sa carrière de portraitiste. Elle entre ensuite dans l'atelier d'Étienne Falconet, proche de Denis Diderot ; elle devint l'élève et la fidèle amie du sculpteur. Son jeune frère devient apprenti chez le libraire Le Breton, qui fut à l’origine de l’Encyclopédie.

Les premières œuvres de Marie-Anne Collot, dont beaucoup sont aujourd’hui perdues, sont des bustes de terre cuite des amis de Falconet : Diderot, l’acteur Préville en Sganarelle ou le prince Dimitri Alexeievich Galitzine, ambassadeur de Russie. L'identification des bustes de Grimm et Damilaville repose sur une erreur d'interprétation d'une lettre de Diderot : il s'agit en fait de deux bustes en terre cuite de Diderot, destinés l'un à Grimm, l'autre à Damilaville, ses amis[1]. Tout le monde reconnaît dès lors le talent de la jeune fille, son honnêteté et la vivacité de son esprit.

Le séjour en Russie (1766-1778)[modifier | modifier le code]

Étienne Falconet, Statue équestre de Pierre Ier, dite Le Cavalier de bronze, à Saint-Pétersbourg, dont Marie-Anne Collot sculpta le modèle de la tête.

En octobre 1766, elle suit Étienne Falconet à Saint-Pétersbourg, où celui-ci est invité par Catherine II, en vue de la réalisation d’une statue équestre de Pierre Ier de Russie, dit Le Cavalier de bronze. Falconet confie à sa protégée, particulièrement douée pour les portraits, la tâche difficile de la réalisation de la tête de Pierre le Grand pour sa statue du Cavalier de bronze. Après consultation de toute l’iconographie disponible, elle soumet un projet qui reçoit l'approbation générale.

En décembre de la même année, elle présente ses travaux devant l'Académie impériale des beaux-arts, où elle est élue le .

À la demande de Catherine II, elle réalise le portrait d'Étienne Falconet et, en 1772, un buste de Denis Diderot à la vue duquel, dit-on, Falconet brise celui qu’il avait lui-même sculpté[réf. nécessaire].

Puis viennent des bustes d’Henri IV, de Sully, de Voltaire, peut-être de d'Alembert[2] et plusieurs de l’impératrice en personne, du grand-duc Paul et de la grande-duchesse Nathalie, ainsi que des médaillons en marbre de personnalités soit historiques, tel Pierre Ier, soit présentes à la Cour, telles l'impératrice Elizabeth ou encore Lady Cathcart, épouse de l'ambassadeur d'Angleterre Charles Cathcart (en), et leur fille Mary qui est réputée pour sa beauté.

L'artiste dispose d’une confortable pension, représentant pour elle une fortune.

Mariage et retour en France[modifier | modifier le code]

Elle épouse en 1777, à Saint-Pétersbourg, le peintre Pierre-Étienne Falconet, fils du sculpteur. Une fille, Marie-Lucie, naît de cette union malheureuse et éphémère. Marie-Anne Collot se réfugie à Paris, puis à La Haye avec son enfant auprès de son beau-père, le sculpteur.[3],[4]

Séjour en Hollande[modifier | modifier le code]

En 1782, accueillie en Hollande par son amie la princesse Galitzine, elle exécute les bustes en marbre de Guillaume, prince d’Orange et de son épouse, la princesse Wilhelmine de Prusse.

Une retraite prématurée[modifier | modifier le code]

Elle renonce alors définitivement à la sculpture, se consacrant désormais à l’éducation de sa fille et aux soins apportés à son beau-père et maître, tombé gravement malade, jusqu’à sa mort en 1791.

La Révolution bouleverse tout ce monde des artistes, des écrivains et des philosophes. Son maître, son mari, ses amis étant morts, Marie-Anne Collot achète en 1791 le domaine de Marimont (commune de Bourdonnay, Moselle), où elle se retire et mène une vie paisible. Elle y est enterrée[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

En France
En Russie


Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christiane Dellac, Marie-Anne Collot : Une sculptrice française à la cour de Catherine II, 1748-1821, L’Harmattan, (2005) (ISBN 2747588335). Document utilisé pour la rédaction de l’article
    Ce livre comprend une bibliographie et une liste des œuvres, ainsi qu’un portrait de l’artiste, en couverture.
  • Charles Cournault, Marie-Anne Collot, 1869.
  • Charles Cournault, Catalogue du Musée de la ville de Nancy.
  • Louis Réau, Étienne-Maurice Falconet 1716-1791, t. II, chap. IV (« L'œuvre de Marie-Anne Collot »), Paris, Delmotte, 1922, p. 429-448.
  • M.L. Becker, « Marie-Anne Collot, L'art de la terre-cuite au féminin », L'Objet d'art, no 325, juin 1998.
    Mise au point convaincante sur les portraits dits « de Grimm et Damilaville », et un portrait de Collot peint par son mari Pierre-Étienne.
  • M.L. Becker, Marie Collot à Pétersbourg, La culture française et les archives russes, Centre International d'études du XVIIIe siècle, Ferney-Voltaire, 2004.
    En annexe, un catalogue provisoire des œuvres, avec mention de celles non localisées. Nombreuses photographies.
  • M.L. Becker, « Le buste de Diderot, de Collot à Houdon », L'Objet d'art, no 412, avril 2006.
  • (nl) M. Sterckx, « Collot, Marie-Anne », Digitaal Vrouwenlexicon van Nederland, 2007 (en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]