Margarethe Faas-Hardegger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Margarethe Faas-Hardegger
Image illustrative de l’article Margarethe Faas-Hardegger

Naissance 20 février 1882
Berne
Décès 23 septembre 1963
Minusio
Première incarcération 1912 : pour propagande néo-malthusienne et aide à l'avortement
Origine suisse
Type de militance syndicaliste
conférencière
action directe
Cause défendue libertaire
syndicaliste
pacifiste
féministe
liberté sexuelle

Margarethe Faas-Hardegger, née le à Berne (Suisse) et morte le à Minusio (Tessin, Suisse), est une militante suisse, anarchiste, syndicaliste, pacifiste, féministe et pour la liberté sexuelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1903, elle participe à la création de la Fédération suisse des ouvriers et ouvrières du textile.

Elle fréquente les milieux libertaires et antimilitaristes.

Elle se lie, en particulier, avec Gustav Landauer, Fritz Brupbacher et James Guillaume.

En 1905, elle devient la première secrétaire féminine de l’Union syndicale suisse où elle publie en allemand Die Vorkämpferin et en français L’Exploitée (1907-1908, 18 numéros).

Agitatrice infatigable[1], elle donne de nombreuses conférences sur le syndicalisme, l’action directe, la contraception, l’amour libre, la liberté sexuelle et la libre pensée. Cela lui valut plusieurs procès et quelques peines d’emprisonnement.

En , elle rencontre James Guillaume qui l’invite à rencontrer les dirigeants de la Confédération générale du travail à Paris. La même année, elle soutient activement la grève des cigarières d’Yverdon (canton de Vaud) et la constitution d’une coopérative de production l’année suivante.

En 1908, elle forme avec Gustav Landauer, Erich Mühsam et Martin Buber, la Sozialistischer Bund (de) (Ligue socialiste), une fédération très décentralisée de groupes anarchistes, qui envisage de contrecarrer le déclenchement inévitable de la Première Guerre mondiale par une grève générale.

Le , pour la Journée internationale des travailleurs, elle est oratrice à Genève avec Georges Yvetot, secrétaire de la Fédération des Bourses du travail française. Peu après, elle démissionne de son poste au syndicat et critique la bureaucratie et des lourdeurs de l’appareil.

Elle adhère alors au Sozalistischer Bund (Alliance socialiste) de Gustav Landauer qui propose, notamment, de fonder des colonies communistes anarchistes, et se lie avec le poète anarchiste allemand Erich Mühsam.

Emprisonnements et communauté libertaire[modifier | modifier le code]

En 1912, elle est condamnée à trois mois de prison, puis à nouveau en 1915, à un an de prison pour propagande néo-malthusienne et aide à l'avortement[2].

Mais les projets communautaires restent au centre de ses préoccupations, et après plusieurs tentatives elle créa à Minusio, près de Locarno, une colonie avec son nouveau compagnon Hans Brunner (1887-1960), avec le soutien financier de l’anarchiste Bernhard Mayer[3].

Elle milite alors dans nombre d’associations pacifistes, antifascistes, néo-malthusiennes, de soutien aux enfants orphelins de la révolution sociale espagnole de 1936 ou aux victimes de la guerre.

À 81 ans, en 1963, elle participe encore à la première Marche de Pâques pour la paix et contre les armes nucléaires, entre Lausanne et Genève[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Schindler, Vie et combat de Margarethe Faas-Hardegger : Anarchiste, syndicaliste & féministe suissesse romande, au début du XXe siècle., Paris, Editions du Monde Libertaire, (ISBN 9-782915-514070), notice éditeur.
  • Marianne Enckell, Y en a pas une sur cent, Réfractions, n°24, printemps 2010, texte intégral.
  • Ursula Gaillard, Annick Mahaim, Retards de règles : attitudes devant le contrôle des naissances et l’avortement en Suisse du début du siècle aux années vingt, Lausanne, 1983.
  • Georges Ubbiali, Vie et combat de Margarethe Faas Hardegger, revue Dissidences, , lire en ligne.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Anarchisme en Suisse.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]