Manoir de la Vermondie

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Manoir de la Vermondie
Image illustrative de l’article Manoir de la Vermondie
Vue du manoir et de la tour penchée
Début construction XIIe siècle
Propriétaire actuel Propriété privée
Protection  Inscrit MH (1941, tour penchée)
Coordonnées 45° 01′ 46″ nord, 1° 05′ 43″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Périgord
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Commune Thonac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Manoir de la Vermondie

Géolocalisation sur la carte : Dordogne

(Voir situation sur carte : Dordogne)
Manoir de la Vermondie

Le manoir et la tour penchée de la Vermondie constituent un ensemble de bâtiments situés sur la commune de Thonac, en limite de la commune de Saint-Léon-sur-Vézère, dans le département français de la Dordogne, à quelques kilomètres de la grotte de Lascaux. La tour est inscrite au titre des monuments historiques[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Édifié au sommet d'une colline à proximité de la Vézère, ce lieu est caractérisé par le fait que s'y trouvent, côte à côte, une tour gallo-romaine et un petit manoir dont l'origine est incertaine mais qui présente les traces de modifications structurelles importantes réalisées au cours des siècles, depuis le XIIe siècle - ou même avant - jusqu'à une époque récente.
À différentes périodes de son histoire, le manoir devait en fait être un véritable château plus important car la famille seigneuriale du lieu contrôlait un vaste territoire allant jusqu'aux terres de Fanlac[2] où naquit Jacquou le Croquant, et comprenant le Château d'Auberoche[3] et le Château du Sablou[4].

Description[modifier | modifier le code]

Le manoir et ses souterrains[modifier | modifier le code]

Le manoir proprement dit présente la particularité qu'on y trouve dans son cellier, à mi-hauteur de la descente d'un puits circulaire, le départ d'un réseau de souterrains creusés en partie dans la roche. Malgré les éboulements qui les obturent totalement, on distingue clairement l'amorce de trois conduits partant en éventail. L'un d'eux se dirige visiblement vers la tour, les deux autres semblent orientés vers les champs alentour, peut-être pour servir de moyens d'évasion ou de contre-attaque dans le dos des assaillants en cas de siège du bâtiment principal.
En raison de l'origine gallo-romaine de la tour qui le côtoie, on peut penser que la bâtisse qui forme la partie la plus ancienne du manoir actuel a pu être, à l'origine, un petit fortin militaire gallo-romain édifié en même temps que la tour et qui aurait été démantelé et reconstruit différemment maintes fois au cours des âges, car un assez grand nombre des pierres qui le constituent semblent contemporaines de celles de la tour.
Cette hypothèse est confortée par la présence des souterrains[5].

Au cours de son histoire aussi longue et riche que celle de la Dordogne, le site a pu aussi servir de chapelle ou de résidence à un ordre religieux, peut-être même aux templiers, car plusieurs encadrements de portes, y compris celui de la porte d'entrée principale, sont ornementés d'un blason sculpté dans la pierre et représentant un écu comportant une croix sur la partie gauche et une tour sur la partie droite.
On peut également supposer qu'en raison de sa grande visibilité grâce à la tour qui le domine, ce lieu aurait très bien pu être une halte notoire pour de nombreux pèlerins cheminant vers Saint-Jacques-de-Compostelle.

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La tour penchée[modifier | modifier le code]

Il paraît vraisemblable que l'excavation des souterrains a pu provoquer une modification de l'assise de la tour et que, pour cette raison, celle-ci s'est mise à pencher.
Ainsi, elle est connue en tant que "tour penchée de la Vermondie" depuis des temps immémoriaux.
C'est une des nombreuses curiosités du Périgord et elle figure dans presque tous les guides touristiques sur la région. D'une hauteur de 20 mètres environ, avec à mi-hauteur une seule ouverture cintrée, elle offre un aspect assez imposant au visiteur qui la découvre soudainement dans un virage serré de la route départementale 45 qui longe le site.
L'architecture et l'emplacement de la tour indiquent clairement qu'il s'agit d'une tour de signalisation oculaire pratiquement identique à toutes celles que les romains édifiaient sur les hauteurs, de loin en loin, pour servir de relais de signalisation et d'observation pendant la conquête et l'occupation de la Gaule[6].

Légende[modifier | modifier le code]

Imagerie du Moyen Âge

La légende de la Vermondie dans l'imaginaire populaire a certainement été aiguisée par le phénomène que représente cette tour sans porte d'accès, n'ayant qu'une fenêtre et, qui plus est, penchée. Le visiteur se verra dire cette vieille légende périgordine qui circule depuis toujours : « Jadis, le seigneur du lieu prit ombrage de l'attirance avouée par sa fille pour un jeune et joli troubadour de passage, et il la fit enfermer dans la tour afin de la soustraire à la tentation. Dès lors, le troubadour venait chaque soir au pied de la tour pour donner l'aubade à la belle. Tant de soupirs furent échangés qu'avec le temps la tour elle-même en fut émue et doucement se pencha pour permettre aux amoureux de partager enfin le baiser des épousailles... »[7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Tour penchée de la Vermondie », notice no PA00083020, base Mérimée, ministère français de la Culture, consulté le 11 janvier 2011.
  2. En 1625, le sieur de la Bermondie, chevalier, avait créé dans le bourg un couvent des sœurs de saint Benoît, sous le titre de Notre-Dame des Vertus et on nous dit que le pays en reçut beaucoup d'édification. On veillait beaucoup au salut des âmes des habitants, puisque par un testament du 9 mai 1675, Jean de la Bermondie, archidiacre et chanoine de la cathédrale de Périgueux, lègue à cette ville le domaine de Saint Augûtre à Coulounieix à la charge pour les révérends pères jésuites de donner une mission tous les deux ans dans les paroisses de Thonac, Granges, Montignac et Fanlac. Geneviève Ravon (2001)
  3. Dans le vallon, le château d'Auberoche est constitué par trois ailes du XVIe siècle en équerre, séparées par une terrasse et appuyées sur des tours circulaires à mâchicoulis. Deux belles portes classiques disent encore ce qu'était la demeure au Grand Siècle, au temps où elle était aux la Bermondie. Ils y exposaient une véritable collection de tapisseries de Bergame et des Flandres, figurant des thèmes de l'histoire romaine et de la mythologie. Geneviève Ravon (2001)
  4. François de la Bermondie, chevalier, vicomte d'Auberoche (en Le Change, Dordogne), seigneur de la Bermondie, Fanlac et autres lieux en Périgord, remarié le 22 janvier 1620 à Suzanne d'Isserpens, veuve de Geoffroy de la Roche-Aymon, marquis de Saint-Maixent (Creuse) et de Vicq (Hte-V.), fils de Jean de la Bermondie, chevalier, vicomte d'Auberoche, chevalier de l'Ordre du roi, et de Françoise de Merle. Suzanne fut dotée de 24 000 livres qui ne furent pas versées, Le 5 juin 1631 son époux fit saisir Linars et Plaigne ; après une longue procédure devant le parlement de Bordeaux, les parties transigèrent le 12 mars 1643 et la terre de Plaigne fut affectée en garantie de cette dot. Enfin le 1er décembre 1648 (Devaux notaire) Claude de Laguiche alors veuve fut contrainte de céder définitivement à François de la Bermondie la terre de Plaigne (228). Ils eurent un fils unique Joseph de la Bermondie, vicomte d'Auberoche, marié par contrat du 1er avril 1646 avec Suzanne de la Roche-Aymon, fille de Geoffroy et de Suzanne d'Isserpens, qui lui apporta la terre de Vicq en Limousin. Recherches Généalogiques.
  5. Une autre hypothèse notoire est celle qui fut émise par un des plus récents maîtres du manoir, le Colonel H-A Boulard de Pouqueville (1907-1986) descendant de Hugues et François Pouqueville. En conclusion de ses recherches, il déduisit qu'au moins une partie du trésor de guerre de Richard Cœur de Lion aurait pu être enfouie dans ces souterrains après son retour de terre sainte et de captivité, et peu de temps avant son décès à proximité, en 1199. Cette hypothèse était supportée par d'anciens témoignages selon lesquels ce trésor fut à l'époque aperçu dans cette partie du Périgord avant d'être totalement perdu de vue. Des fouilles furent entamées en 1960 mais vite abandonnées car elles mettaient en péril l'assise même du bâtiment principal.
  6. Les tours de guet romaines : en Occident, les Romains furent les premiers à mettre en place un dispositif de surveillance du littoral composé de postes de guet communiquant par des signaux de fumée avec les postes militaires. Pas moins de 3 200 tours de guet furent installées, dont 1 200 en Gaule (Wikipédia Sémaphore).
  7. Jean Secret, Le Périgord, Châteaux, Manoirs et Gentilhommières, Éditions Taillandier, Paris, 1956.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marie-Thérèse B. de Pouqueville, Je me souviens, NP, 1997
  • Jean Secret, Le Périgord, Châteaux, Manoirs et Gentilhommières, Éditions Taillandier, Paris, 1956