Magda Fontanges

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Magda Fontanges
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 55 ans)
GenèveVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Madeleine CoraboeufVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Autres informations
Lieu de détention

Magda Fontanges, née le à La Roche-sur-Yon (Vendée), et morte le à Genève (Suisse), de son vrai nom Madeleine, Jeanne Coraboeuf, est une actrice et journaliste française. Elle fut brièvement la maîtresse de Mussolini au milieu des années 1930, puis pendant la Seconde Guerre mondiale espionne pour le compte de l'Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Fille de Jean Coraboeuf[modifier | modifier le code]

Elle est la fille du peintre et graveur Jean Coraboeuf, grand prix de Rome en 1898. Elle a une enfance difficile : à l'âge de sept ans, elle perd sa mère et à l'adolescence, elle est renvoyée des établissements scolaires qu'elle fréquente[1]. En 1924, elle épouse à 19 ans Yves-Emile Laferrière, secrétaire général de la Préfecture de Vendée nommé peu après sous-préfet de Lozére. Un département qui ne convient guère au tempérament fougueux et à l'ambition de la jeune femme. Après deux ans de mariage, elle divorce et file à Paris où vit son père. C'est alors qu'elle prend le pseudonyme de Fontanges du nom d'une maîtresse de Louis XIV.

Actrice[modifier | modifier le code]

Sa carrière d'actrice fût assez courte, elle a tourné notamment dans un film d'André Chotin Pas un mot à ma femme, avec Fernandel, en 1931. Elle a été également pensionnaire au théâtre de l'Odéon à Paris. Son physique lui ouvre bien des portes, elle sort avec plusieurs hommes politiques en vue et fréquente le monde diplomatique, devenant une figure du Tout-Paris.

Journaliste[modifier | modifier le code]

En 1935, elle devient journaliste. Usant de son pouvoir de séduction, elle obtient la correspondance romaine du Matin puis du quotidien genevois La Liberté. À Rome, elle réalise une interview du Duce, dont elle devient la maîtresse. Une liaison qui sera toutefois de courte durée et dont Magda fera ses choux gras par deux fois dans la presse (Times et Confessions, 1937). Furieux, Mussolini la fait expulser d'Italie. La jeune femme, pensant que c'est le fait de l'ambassadeur de France à Rome, le comte Charles de Chambrun, fait feu sur celui-ci à deux reprises, à Paris, à la gare du Nord, le . Défendue par maître René Floriot, elle n'est condamnée qu'à un an de prison avec sursis (De 1937 à 1955, elle entretiendra également une relation avec lui)[2].

En , les États-Unis la refoulent de leur territoire alors que, venue sur le Normandie, elle tente de débarquer à New York.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Expulsion d'Allemagne, travail avec l'Abwehr[modifier | modifier le code]

Lorsque la guerre éclate, Magda, qui est alors en Allemagne, est expulsée. Elle tente de gagner clandestinement l'Espagne, sans succès, arrêtée à Hendaye elle est incarcerée à Bayonne. Elle est libérée par les Allemands à la condition de travailler pour l'Abwehr, le service de renseignement de l'armée allemande. Une mission qu'elle remplit alors que, dans le même temps, en véritable agent double sous le nom d' Héléna, elle informe des ministres du gouvernement de Vichy sur le gouvernement fasciste italien, où elle a gardé des contacts et à l'Italie elle donne des renseignements sur la France.

Rupture avec l'Abwehr[modifier | modifier le code]

Elle est rejetée par l'Abwehr. Après des missions à Bruxelles, Marseille et Paris, le SD, le service de renseignement de la SS, lui obtient une couverture au quotidien Paris-Soir. Elle travaille désormais pour le SD avant qu'ils ne la lâchent, lassés de ses frasques peu compatibles avec ses missions d'agent secret. Elle est renvoyée du journal dans lequel elle travaille. Elle devient serveuse dans une auberge de la banlieue parisienne avant de se rendre à Nice, où elle essaye en vain d'obtenir l'aide des Italiens. Elle revient finalement à Paris, où elle devient, en 1943, la maîtresse du patron de la Gestapo française, Henri Lafont. Elle fait alors partie du Tout-Paris collaborateur.

Après-guerre[modifier | modifier le code]

À la Libération, alcoolique et droguée, elle se réfugie dans le village natal de son père Pouillé-les-Coteaux près d'Ancenis (Loire Atlantique). Elle est finalement arrêtée en mars 1946 pour collaboration avec l'ennemi. Selon les services britanniques, les renseignements qu'elle aurait fournis aux nazis sont parmi les plus importants de toute l'Europe[3]. Elle est condamnée à 15 ans de travaux forcés et vingt ans d’interdiction de séjour, à l’indignité nationale à vie et à la confiscation de tous ses biens, pour « intelligence avec l’ennemi et trahison ».

Emprisonnement et résidence surveillée[modifier | modifier le code]

« Mata Hari de pacotille », selon les mots du journal Libération de l'époque, Magda est d'abord internée au fort du Hâ. Elle est ensuite emprisonnée à la prison pour femmes de Mauzac de 1948 à 1951, puis à la prison de Pau[4].

Elle est libérée en 1952 et placée en résidence surveillée à Melun. Elle tient un bar sous un prête-nom à Paris. Arrêtée à nouveau pour ne pas avoir respecté les termes de sa liberté conditionnelle, elle est incarcérée à la prison de la Petite Roquette à Paris. Elle est à nouveau libre en 1955.

Séjour en asile psychiatrique[modifier | modifier le code]

Après avoir tenté, en 1955, de voler un tableau d’Utrillo chez son avocat et amant Maître Floriot, elle est finalement internée dans un asile psychiatrique durant quatre ans. Peu après sa sortie, elle se suicide au Centre de protection de la femme, à Genève, où elle avait été recueillie, d'une dose mortelle de somnifère.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Ville de naissance constatée sur les tables décennales NMD, référencées AD2E191, de 1903 à 1912, de l'état civil du chef-lieu de la Vendée consultable sur [1].