M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol

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M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol
Image illustrative de l'article M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol
Maître Effarane jaugeant la voix des enfants.

Auteur Jules Verne
Pays France
Genre Conte philosophique
Date de parution 1893
Illustrateur George Roux

M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol[1] est une nouvelle de Jules Verne, publiée dans le Figaro illustré, no 45, 11e année (Noël 1893), puis reprise dans le recueil Hier et demain, sous une forme légèrement modifiée par Michel Verne en 1910[2].

Résumé[modifier | modifier le code]

Joseph Muller, actuel maître de poste à Kalfermatt, se souvient de son enfance. Alors âgé de dix ans, il fait partie de la trentaine d'enfants qui suivent les cours à l'école du village. Cette bourgade se trouve « d'après ma Géographie, page 47, dans un des cantons catholiques de la Suisse, pas loin du lac de Constance, au pied des montagnes de l'Appenzel »[3]. L'école est dirigée par M. Valrügis, obsédé par l'histoire de Guillaume Tell, avec l'aide de sa sœur, une vieille fille acariâtre. Si ces derniers dédaignent l'art de la musique, les enfants, tous doués d'une belle voix, se rattrapent grâce à l'organiste Eglisak, qui leur enseigne la valeur des notes, la composition de la gamme, etc. Eglisak est en train de composer une fugue, non encore achevée, mais la surdité le guette. Dès lors, l'orgue de l'église est privée de son musicien. Le curé du village décide de faire venir un autre organiste. Un jour, deux personnages curieux arrivent au village. Maître Effarane, musicien de génie, aux allures diaboliques, ainsi que son assistant...

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Joseph Muller, surnommé M. Ré-Dièze, le narrateur de 50 ans. Il n'a que 10 ans à l'époque du récit.
  • Valrügis, maître d'école à Kalfermatt.
  • Lisbeth Valrügis, sœur du précédent. Vieille fille austère, également institutrice, de compte à demi avec son frère.
  • Betty Clère, surnommée Mlle Mi-Bémol. 10 ans à l'époque. Plus tard, épouse de Joseph Muller.
  • Guillaume Muller, père de Joseph. Maître de poste à Kalfermatt.
  • Marguerite Has, mère de Joseph. Épouse de Guillaume Muller.
  • Jean Clère, père de Betty. Cabaretier à Kalfermatt.
  • Jenny Rose, mère de Betty. Épouse de Jean Clère.
  • Eglisak, organiste, directeur de la maîtrise de Kalfermatt dont tous les enfants font partie. Musicien de génie selon certains, il composait une fugue qui restera inachevée, à cause de sa surdité.
  • Farina, petit Italien, membre de la manécanterie[4], « doué d'une jolie voix de haute-contre, et qui montait, montait... jusqu'au ciel ».
  • Albert Hoct, petit Allemand « dont la voix descendait, descendait... jusqu'au fond de la terre »[5].
  • Le curé de Kalfermatt. Très ennuyé par la défection d'Eglisak, il cherche vainement un nouvel organiste.
  • Le souffleur d'orgue.
  • Maître Effarane, d'origine hongroise, âgé de trente-cinq à quarante ans, accordeur et facteur d'orgues. Musicien de génie, il possède en lui, à la base de la nuque, le diapason naturel.
  • L'aide de Maître Effarane, d'une trentaine d'années, une face de taureau têtu.

Analyse[modifier | modifier le code]

Éditions[modifier | modifier le code]

Éditions du texte de Jules Verne de 1893.

  • Bulletin de la Société Jules-Verne 92. 1989.
  • Maître Zacharius et autres récits. José Corti. 2000.
  • Contes et nouvelles de Jules Verne. Éditions Ouest-France. 2000.
  • M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol. Éditions de Saint Mont. 2005.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Bellemin-Noël. Analectures de Jules Verne. in "Critique. Revue générale des publications françaises et étrangères". Paris. 1970.
  • Jean-François Pioud. Musicologie d'une nouvelle: M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol. Bulletin de la Société Jules Verne 39/40. 1976.
  • Roland Mercadal. La représentation de l'orgue chez quelques écrivains français du XIXe siècle. in "L'Orgue". Juillet-septembre 1980.
  • Christian Chelebourg. M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol : un cauchemar scientifique de Jules Verne. Comptes rendus du 109e Congrès national des Sociétés savantes. Dijon. 1984.
  • Christian Chelebourg. Le miroir de Jules (Imaginaire et fantastique dans "Monsieur Ré-Dièze et Mademoiselle Mi-Bémol". Bulletin de la Société Jules Verne 72. 1984.
  • Olivier Dumas. "Monsieur Ré-Dièze et Mademoiselle Mi-Bémol", en toute originalité. Bulletin de la Société Jules Verne 92. 1989.
  • Christian Porcq. Symphonie pour une genèse. Bulletin de la Société Jules Verne 92. 1989.
  • Claude Benoît. Entre realismo e fantastico: el organo en el cuento de Julio Verne: "M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol". in Dolores Jimenez (Ed.) : Musica e literatura. Valencia : Universitat. 1994.
  • Anne Elizabeth Hall. Scenes from childhood : A representation of childhood musical experience in selected works by E.T.A. Hoffmann, Jules Verne, Georges du Maurier and Michel Leiris. Berkeley. Université de Californie. 2000.
  • Jean-Pierre Picot. Le diable dans le buffet. in "Jules Verne : Maître Zacharius et autres récits". Paris. José Corti. 2000.
  • Samuel Sadaune. Le terrible monde des adultes. in "Contes et nouvelles de Jules Verne". Rennes. Éditions Ouest-France. 2000.
  • Samuel Sadaune. Monsieur Ré-Dièze et Mademoiselle Mi-Bémol, petite ouverture de grande portée sur la symphonie vernienne, Revue Jules Verne 24. Jules Verne et la musique, Centre international Jules Verne 2007, p.7-21.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sous-titré Conte de Noël.
  2. Piero Gondolo della Riva. Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne. Tome I. Société Jules Verne. 1977.
  3. M. Ré-Dièze et Mlle Mi-Bémol. 1er chapitre. Bulletin de la Société Jules Verne 92. Page 5. Version originale
  4. « Il faut vous dire que les petites filles comme les petits garçons appartenaient à la manécanterie de Kalfermatt. On ne trouvait pas cette coutume déplacée, et on avait raison ». Chapitre 2.
  5. Pour ces différences imagées, Christian Porcq note : Entre ces deux gouffres contraires, ce sont les "Voyages" en entier qui pourraient venir s'inscrire ici, dans l'inépuisable mouvement de leurs rêves et cauchemars, naufrages, utopies, découvertes... "Symphonie pour une genèse". Bulletin de la Société Jules Verne 92. 1989. Page 35.

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