Lucie Dejardin

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Lucie Dejardin
Naissance
Grivegnée (Belgique)
Décès (à 70 ans)
Liège (Belgique)
Nationalité Belge
Pays de résidence Drapeau de la Belgique Belgique
Activité principale
Autres activités

Lucie Dejardin, née le à Grivegnée et morte le à Liège, est une femme politique belge. Elle est le premier membre féminin de la Chambre des représentants, par élection directe sous la bannière du Parti ouvrier belge pour l'arrondissement de Liège en 1929.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucie Dejardin est issue d'une famille nombreuse et ouvrière de Beyne-Heusay. Elle commence à travailler très tôt et s'engage dans des mouvements socialistes et coopératifs, suivant les traces de son frère Joseph, futur parlementaire et maire de Beyne-Heusay. Liée à un syndicat de mineurs, elle-confonde la Ligue des femmes socialistes de Liège[1].

Au début de la Première Guerre mondiale, elle devient agent de renseignement auprès de La Dame blanche, ce qui la conduit à être arrêtée en juillet 1915 puis condamnée à perpétuité par les Allemands. Du fait de son état de santé, elle est libérée fin 1917 en vertu d'un échange de prisonniers. Vivant la fin du conflit en France, elle prend en charge des enfants belges en exil[1].

En 1919, de retour à Liège, elle est nommée inspectrice du travail. Militante pacifiste, féministe et de l'action sociale, elle prend part à plusieurs congrès internationaux. Devenue conseillère communale de Liège en 1926, elle est élue députée le 26 mai 1929 et est réélue en 1932. Bien que Marie Janson avait été sénatrice en 1921, mais par cooptation, Lucie Dejardin est la première femme belge parlementaire élue au suffrage universel. Les femmes n'avaient pas le droit de vote (ce sera le cas en 1948) mais elle dispose d'un statut particulier en raison de son passé d'ancienne prisonnière politique[1].

Elle perd son siège lors du scrutin de 1936 et devient secrétaire-propagandiste du Parti ouvrier belge (POB) pour la fédération de Liège. Georges Truffaut meurt au Royaume-Uni en 1942 et Lucie Dejardin récupère son siège de députée en septembre 1944, qu'elle occupe jusqu'à sa mort. À la Chambre des représentants, elle s'investit sur les sujets de lutte contre la pauvreté, contre l'alcoolisme et pour le statut des enfants et des femmes[1].

Lors de la Seconde Guerre mondiale, alors que la Belgique est de nouveau envahie, les Allemands se souviennent qu'elle a été condamnée lors du dernier conflit. Elle fuit alors en Angleterre en mai 1940, s'installant à Londres, où elle aide des réfugiés puis travaille au sein du ministère du Travail en exil[1].

Synthèse des mandats[modifier | modifier le code]

  • Conseillère communale de Liège (1926-1945)
  • Députée de Liège (1929-1936 ; 1944-1945)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Paul Delforge, « Lucie Dejardin », connaitrelawallonie.wallonie.be, septembre 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. B. Chalmers, Lucie Dejardin, hiercheuse et député socialiste, Huy, Imprimerie coopérative, (lire en ligne)
  • Éliane Gubin, Lucie Dejardin, dans Dictionnaire des femmes belges, Bruxelles, Racine, 2006, p. 159-160
  • Robert Abs, dans Biographie nationale, t. XXXVIII, col. 145-150
  • Des femmes dans l’histoire en Belgique depuis 1830, Bruxelles, Luc Pire, 2006, p. 125-127
  • Pol Defosse, Jean-Michel Dufays, Martine Goldberg (dir.), Dictionnaire historique de la laïcité, Bruxelles, Luc Pire, 2005, p. 88

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]