Marie Janson

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Marie Janson
Fonction
Sénatrice
Biographie
Naissance
Décès
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BruxellesVoir et modifier les données sur Wikidata
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Enfants
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Partis politiques

Marie Janson, née à Bruxelles le et décédée le , est une figure emblématique de la Belgique car elle fut la première femme politique Belge à devenir membre du Sénat belge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa famille[modifier | modifier le code]

Marie Janson est issue d’une famille composée de cinq enfants, qui est très influente et fortement investie dans la politique ; fille du célèbre Paul Janson, brillant avocat, conseiller général de Bruxelles et membre éminent de l'aile progressiste du mouvement libéral belge de l'époque. Sa mère est Anna-Augustine Amoré, femme très instruite pour son époque qui enseigna avant son mariage la géographie à l’école d’Isabelle Gatti de Gamond à Bruxelles. Son frère, Paul-Emile Janson, a également eu de l'influence dans le monde politique car il a exercé la fonction de Premier ministre

Son enfance[modifier | modifier le code]

Elle est donc élevée dans un milieu très bourgeois et intellectuel, ce qui lui permet d’intégrer l’école d’Isabelle Gatti de Gamond dès son plus jeune âge. Elle en sortit régente

Marie devient par la suite amie avec Isabelle Gatti de Gamond elle-même, qui exercera une grande influence dans sa carrière politique future. 

Sa vie privée[modifier | modifier le code]

Paul-Henri Spaak

Quelques années plus tard, elle se marie avec Paul Spaak, avocat au barreau de Bruxelles et dramaturge, avec qui elle a 4 enfants : Madeleine, Paul-Henri, Charles et Claude Spaak. Son fils Paul-Henri, comme elle, s'investit dans la politique. Il intégra le Parti Ouvrier Belge à ses côtés et occupa d’importantes fonctions tant au niveau national qu’international telles que : Premier Ministre (comme son oncle Paul-Emile Janson), Ministre des Affaires Etrangères et Secrétaire Général de l’OTAN. Son deuxième fils, Charles Spaak, ne s’intéresse pas à la politique mais il est connu pour être un grand scénariste notamment de Jean Renoir pour La Grande Illusion et de Julien Duvivier pour La Belle Équipe.

Marie Spaak Janson est également la grand-mère d’Antoinette Spaak, fille de Paul-Henri Spaak, qui a été présidente du Front Démocratique des Francophones.

Marie décéda le 8 mars 1960 à l’âge de 86 ans.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Influence et début de carrière[modifier | modifier le code]

Marie Spaak-Janson est bercée depuis l’enfance dans la politique. Sa carrière et son orientation politique furent largement influencées par la Première Guerre mondiale. Faisant partie de la classe bourgeoise, elle a pris part à des œuvres caritatives. Ainsi, elle a découvert la misère dans lesquelles vivaient les familles défavorisées. 

La guerre terminée, elle décide alors de faire son entrée dans la politique et, avec son plus jeune fils, Paul-Henri, ils adhèrent au Parti Ouvrier Belge. Elle est élue dans la commune bruxelloise de Saint-Gilles durant les élections communales de 1921. L’ensemble de sa campagne se fonde autour du concept de la « ménagère ». Quelques mois plus tard, le Conseil général du parti, sur proposition d’Emile Vandervelde, désigne Marie Spaak-Janson comme sénatrice cooptée. Le 27 décembre 1921, elle entre dans l’Histoire et devient la première femme parlementaire belge. 

Cette nomination n’aurait pas été possible sans plusieurs modifications législatives. Lorsque Marie Spaak-Janson est née, l’exercice de la politique était réservé à la gent masculine. C’est lors de la période de l’entre-deux-guerres que cette situation prend fin : le 15 novembre 1920, les femmes ne sont plus exclues de l’éligibilité de la Chambre des Représentants. Dix mois plus tard, le 15 octobre 1921, elles sont directement éligibles au Sénat. Les femmes peuvent être désignées en tant que sénatrices provinciales ou cooptées suite à la loi du 21 octobre 1921; c’est ainsi que Marie Spaak-Janson fut désignée première sénatrice cooptée en novembre de cette même année.

Critiques[modifier | modifier le code]

Ce choix, symbolique, d’une femme sénatrice, a fait couler beaucoup d’encre. Si beaucoup en sont comblés, Marie n’a pas échappé aux critiques de quelques-uns. L’hebdomadaire Pourquoi pas ? ne s’est pas privé de faire son commentaire :

« Mme Spaak n'est qu'une fausse ménagère, une ménagère amateur, qui n'a jamais tenu dans ses blanches mains, ni la pelle, ni le balai, ni la loque à reloqueter, ni la lèche-frites et qui sait tout juste ce que c'est qu'un livre de comptes. En réalité, c'est une intellectuelle, une femme politique qui, sur ses affiches électorales, s'est intitulée ménagère, parce que c'est une étiquette qui, auprès de l'électeur conscient et organisé, fait presque aussi bien que celle d'institutrice ou de charmeuse. »

[1]

Bien qu’elle soit critiquée, non seulement en tant que femme mais également en tant que bourgeoise, son mandat de sénatrice cooptée lui est confirmé jusqu’en 1958. Tout au long de sa carrière au Sénat, Marie fait preuve d’un travail sérieux, ce qui lui vaut un prestige indiscutable. Ses maintes interventions concernent généralement l’enseignement, l’enfance, la condition féminine et l’antialcoolisme. Elle qui a du attendre 1948 pour pouvoir bénéficier du droit de vote, était déjà l’auteure de plusieurs propositions de loi, spécialement sur : l’assurance maternelle, l’organisation d’un enseignement moyen du degré supérieur pour jeunes filles, le contrat de travail des « gens de maison », une modification de l’œuvre nationale de l’enfance et la création d’une université néerlandophone à Gand.

Marie Spaak-Janson, première femme parlementaire belge, fait encore « œuvre de pionnière »[1] en devenant la première femme à présider une assemblée parlementaire belge. En effet, le 11 novembre 1952, elle préside, comme doyenne d’âge, la séance d’ouverture du Sénat.

Création des Femmes Prévoyantes Socialistes[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de femmes socialistes, Marie se présente constamment en tant que « ménagère et mère de famille », octroyant un intérêt spécifique à l’enfance (notamment au sein de l’Orphelinat rationaliste). En 1922, accompagnée d’Arthur Jauniaux, elle fonde le mouvement des Femmes Prévoyantes Socialistes.

Les Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) ont mené beaucoup de combats pour la femme tels que le droit à la santé de la femme, le suffrage féminin, le droit au travail des femmes, le droit à l'éducation des filles, et encore beaucoup d'autres. Les FPS visent avant tout les femmes de la classe ouvrière, ce qui les distingue des mouvements féministes traditionnels.

La création de ce mouvement féministe de gauche constitue un tournant dans la perception du rôle de la femme dans la lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière.

"L'histoire des Femmes Prévoyantes Socialistes, c'est la belle histoire d'un groupe de femmes qui a voulu porter le combat pour l'émancipation des femmes de la classe ouvrière en transmettant les valeurs d'égalité, de liberté et de solidarité"[2].

Ce mouvement existe toujours aujourd'hui et regroupe 10 régionales ainsi que 200 groupes locaux en activité sur le territoire de la Communauté française.

En plus des FPS, Marie Janson dirige également pendant de longues années la Guilde nationale des coopératrices et influe fortement le Comité national des femmes socialistes.

Distinction[modifier | modifier le code]

De par son action au sein du mouvement socialiste féminin, et en tant que première parlementaire, Marie Spaak-Janson a marqué l’histoire des femmes de Belgique. Elle a toujours refusé les distinctions honorifiques. Bien que pionnière du mouvement féminin et symbole de l’émancipation féminine, elle a fait l’objet de préjugés de son époque, définissant la femme en fonction des hommes. Dès lors, lorsque qu’elle décède, on parle de la fille de Paul Janson, la sœur de Paul-Émile Janson, et la mère de Paul-Henri Spaak.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Femmes belges 2006, p. 334
  2. Propos tenus par Ghislaine JULEMONT, auteur de l’ouvrage : Femmes Prévoyantes Socialistes. Des combats d’hier aux enjeux de demain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • BARD (C) et PAVARD (B), « Femmes outsiders en politique », Parlement(s), Revue d’histoire politique, Paris, no 19,‎ .
  • DELANGE-JANSON (L), Paul Janson 1840-1913. Sa vie généreuse. Son époque, 2 t., Bruxelles, Centre Paul Hymans, 1962-1964.
  • DUMOULIN (M), Spaak, Bruxelles, Racine, 1999.
  • FINCOEUR (M), “Mme Spaak – Janson, 1ère femme sénateur en Belgique” dans Revue de la femme belge. Organe d’éducation féminine paraissant le 1er et le 15 du mois, 1er janvier 1922, pp.5-6.
  • GOLDSTEIN (E), “Marie Spaak fête ses 75 ans” dans La Femme Prévoyante, 1er août 1948, p. 3.
  • GUBIN (E), PIETTE (V) et PUISSANT (J), Dictionnaire des femmes belges XIX et XXème siècles, Bruxelles, Editions Racine, .
  • PS, 125 combats et éléments-phares du PS, Bruxelles, 2010.
  • VAN DER DUSSEN (S), « La représentation des femmes en politique (1994 - 2013 ) », Courrier hebdomadaire du CRISP, Bruxelles, CRISP, nos 2199-2200,‎ .
  • VAN ROGEGHEM (S), VERCHEVAL-VERVOORT (J) et AUBENAS (J), Des Femmes dans l’Histoire en Belgique, depuis 1830, Bruxelles, Editions Luc Pire, .

Liens externes[modifier | modifier le code]