Louisa Paulin

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Photographie de Louisa Paulin parue dans le journal L'Ouest-Éclair du 26 décembre 1937[1].

Louisa Paulin, née le à Réalmont, dans le Tarn, et morte le dans la même commune, est une institutrice et poétesse occitane.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carrière dans l'enseignement[modifier | modifier le code]

Née dans une famille paysanne de l'Albigeois où l'on parle l'occitan, Louisa apprend le français à l'école primaire. Elle est élève à l'école normale d'institutrices d'Albi en 1904. Elle occupe divers postes d'institutrice dans le Tarn, à Veilhes, Saint-Sernin-lès-Lavaur, Barre et Salvagnac, donne naissance à trois enfants, tous morts en bas âge. Elle divorce en 1912, est nommée professeur dans l'EPS d'Albi puis dans celui de Tulle, poste qu'elle occupera jusqu'en 1930.

Poétesse[modifier | modifier le code]

Dès 1924, elle commence à publier en français des contes et des essais régionalistes dans La Vie limousine. Peu après sa nomination à Albi, sa santé se détériore. Elle est atteinte de neuropathie amyloïde, maladie qui évolue lentement vers la cécité et la paralysie. Elle est contrainte de prendre une retraite anticipée en 1932 et s'installe dans son village natal. Suit une période d'intense activité littéraire bilingue, car elle décide alors d'étudier l'occitan[2] (qu'elle parlait mais ne savait pas écrire) d'abord avec Andriu-Jacme Boussac[3], puis à l'Escola Occitana avec Prosper Estieu, Antonin Perbosc et l'abbé Joseph Salvat[4]. Elle obtient deux prix de l'Académie des Jeux floraux et en 1937 le prix de poésie du Goéland[1] (journal littéraire). Au début des années 1940 paraîtront ses premiers poèmes en occitan : Sorgas, Montségur, Variations, Fresca, Violonaire d’inferm. Devenue presque aveugle, elle dicte ses poèmes et ses lettres aux amis qui viennent la voir (Quelqu’un, le dernier poème est dicté à Mme Campan).

Louisa a sans doute initié l'écriture tardive de Lucien Naves, paysan du Ségala, habitant Sainte-Gemme, qu'elle avait rencontré en 1940.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Fragments d'une symphonie d'automne, Bordeaux, Les Éditions de la renaissance provinciale, 1936
  • Airs villageois, préface de Théophile Briant, Paramé, Ed. du Goéland, 1938
  • Loïza Paulin, Sorgas, Toulouse, Bibliothèque de la Revue du Tarn, 1940
  • Loïza Paulin, La Ronda dels Mòrts, Toulouse, Bibliothèque de la Revue du Tarn, 1941
  • Loïza Paulin, Fresca, Toulouse, Bibliothèque de la Revue du Tarn, 1942 — édition bilingue
  • Variations, Lavaur, Imprimerie artistique, 1942
  • Cour d'amour, dessins de A. Puel, Lavaur, Imprimerie artistique, 1943
  • Rythmes et cadences, introduction de Louis-Charles Bellet, Albi, Éditions du Languedoc, 1947

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

  • La Talvera, Cançons del silenci, 1996 — 21 poèmes de Louisa Paulin mis en musique
  • Hantaoma, La Ronda dels Mòrts, dans Malombra, Holy Records, 2005
  • Un CD audio contenant six poèmes de Louisa Paulin, dits en occitan par Marie-Odile Dumeaux, sur une musique de François Dumeaux : Cançon novialaLa palombaCançonetaLo cant del galL’aucèl salvatgeLo nis

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Laurent Naves, « L’œuvre occitane de Louisa Paulin », in Lucien Naves, paysan du Ségala, Subervie, 1969, p. 49 sqq

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Louisa Paulin, qui était pour ses juges et pour nous une inconnue, a bien voulu nous adresser avec sa photographie l'expression de sa grande joie. » in « Après le prix de poésie du Goéland », L'Ouest-Eclair, , 26 décembre 1937, p. 4 disponible sur Gallica
  2. « Je sais l'occitan d'instinct l'ayant parlé exclusivement jusqu'à l'âge de 7 ans. La langue d'Oc est une langue superbe, d'une richesse et d'une souplesse plus étonnantes. C'est la langue même de la poésie »
  3. Albigeois, auteur de pièces de théâtre, journaliste, majoral du Félibrige
  4. Un des créateurs de l'Escola Occitana, mainteneur des Jeux floraux, majoral du Félibrige

Liens externes[modifier | modifier le code]