Louis Kermabon

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Louis Kermabon
Fonctions
Maire de Quéven
Réélection
Prédécesseur Julien Moëllo
Successeur Joseph Kerbellec
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Quéven (Morbihan, France)
Date de décès (à 85 ans)
Lieu de décès Ploemeur (Morbihan, France)
Nationalité Française
Père Louis Marc Kermabon
Mère Marie Corentine Bris
Fratrie Joseph
Enfants René, Joseph
Profession Commerçant

Louis Kermabon, né le à Quéven et décédé le à Ploemeur, est commerçant et maire de Quéven de 1940 à 1947.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis Kermabon naît au sein d'une famille de commerçants et de meuniers, originaire de Guidel. Son père Louis Marc Kermabon (1860-1925) est marchand de grains, sa mère Marie Corentine Bris (1859-1931) est fille d'un pilhaouer de Loqueffret. Il est le benjamin de quatre fils dont les deux premiers Étienne et Louis sont morts en bas-âge. Son frère aîné Joseph (1894-1915[1],[2]) meurt lors de l'offensive de Champagne[3],[4],[5], ce qui le marquera à vie. Il fait partie du corps expéditionnaire de l'armée d'Orient[6].

Dès 1929, il devient conseiller municipal de Quéven, puis adjoint au maire. Julien Moëllo (1860-1946), maire depuis le , après 35 années de son mandat de maire et à l'âge de 80 ans, décide de démissionner le [7]. À cette date, Louis Kermabon assure l'intérim de la fonction de Maire[8],[7]. Son mandat de maire est confirmé par décret en date du [9],[10].

En tant que maire, il fait face à l'Occupant, et avec son équipe municipale, s'entoure de personnalités de haute valeur, Gabriel Pin[11], le professeur René Lote (1883-1944), qui traduit utilement les documents de mairie, le docteur Yves Diény (1911-1944)[12] qui œuvre pour la population sinistrée, et qu'il reçoit quotidiennement en mairie[13] où ils entrent en contact avec le commandant Pierre Barbotin[14], chargé de mission par le général Maurice Guillaudot, l’un des chefs de la Résistance morbihannaise.[15]

Pendant son mandat, Louis Kermabon doit comparaître à plusieurs reprises à la Kommandantur, à Vannes, et est, en tant que maire, pris personnellement comme responsable des faits et gestes de ses administrés[16]. À titre familial, il est touché, son fils aîné René (1922-2003) est déporté au STO, sa maison est la première incendiée par les Allemands, lui-même, sa femme et son plus jeune fils Joseph (1926-2010)[17] sont sinistrés.

À partir du , les Allemands décidèrent l'évacuation totale de tous les habitants de la commune[18]. Le conseil municipal se réunit à Pontivy. Bouleversé, comme tous les Quévenois, par la destruction de la commune, Louis Kermabon propose l'adoption de Quéven par une autre ville. Une annonce est passée dans Ouest-France : "Une commune à adopter - Quéven - Les habitants sont dans le dénuement absolu". Il ne reçoit pas de réponse mais fréquente Alphonse Viros, Ariègeois, inspecteur de l'enseignement technique, réfugié également à Pontivy, qui lui suggère de s'adresser directement à une grande ville comme par exemple Toulouse. Un courrier est adressé le à la municipalité de Toulouse. Dans un courrier en date , le député-maire de Toulouse Raymond Badiou informe que la ville de Toulouse accepte le parrainage de Quéven[19],[20]. En reconnaissance mutuelle, Quéven inaugure le une "place de Toulouse" et Toulouse une "rue de Quéven"[21].

Après guerre, en attendant les élections municipales prévues les 23 et , le Comité départemental de libération du Morbihan reconstitue le à titre provisoire le conseil municipal de 1935 avec Julien Moëllo comme maire et Louis Kermabon comme adjoint[22]. À 85 ans, Julien Moëllo, décide à nouveau de démissionner, ce qui est accepté par le préfet par arrêté du [22]. À la suite de cette démission, le conseil municipal élit le Louis Kermabon comme maire[23]. Les premières élections d'après guerre sont organisées le . Louis Kermabon est élu et reconduit dans ses fonctions de maire le [23]. Il œuvre pour la reconstruction et le retour des Quévenois.

De nouvelles élections, les premières sous la 4e République, sont organisées les 19 et . Les socialistes arrivent en tête et Joseph Kerbellec est élu maire le [23].

Retiré de la vie publique, Louis Kermabon meurt le [24] et est inhumé au cimetière de Quéven.

Une rue de Quéven perpétue son souvenir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. tableaudhonneur.free.fr/72eRI.pdf
  2. Blessé le 24 février 1915 à la Ferme de Beauséjour, évacué à l'hôpital de Châlons-sur-Marne (51, aujourd'hui Châlons-en-Champagne), il meurt des suites de ses blessures, le 16 mars 1915.
  3. voir blog sur le 72e Régiment d'Infanterie : laurent59.canalblog.com/
  4. http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/ark:/40699/m005239f03ed444b
  5. https://fr.geneawiki.com/ 72ème régiment d'infanterie.
  6. Il part de Marseille, et parcourt les zones de combats, en Syrie-Cilicie, Turquie, Russie, Grèce et Bulgarie.
  7. a et b Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 91.
  8. En vertu de l'article 84 de la loi du .
  9. En vertu de la loi du selon laquelle pour les communes de plus de 2 000 habitants le maire et les adjoints ne sont plus élus mais désignés par le Gouvernement.
  10. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 92.
  11. Selon ses propres dires, Gabriel Pin admet que lui-même, le professeur Lote, le docteur Diény et Louis Kermabon, s'ils ne firent pas, à proprement parler, "partie d'un réseau quelconque, ils faisaient le point de ce qui pouvait être entrepris et, chaque fois qu'ils le purent, aidèrent les mouvements de Résistance avec lesquels ils avaient des contacts" - cité dans "Les Quévenois - De la Guerre à la Paix", page 131.
  12. Dans sa thèse pour le Doctorat de médecine, Laurent Cardonnet cite en quelles circonstances, Louis Kermabon relata la mort du Docteur Diény au préfet du Morbihan (lettre du 12 novembre 1945). Voir la thèse, page 86 sur le site : www.unadif.fr/index.php?option=com_phocadownload&view=category...
  13. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix.
  14. Né le 8 mai 1887 - http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDAI_1P_DOSSIERS_PERSONNEL_AIR_.pdf
  15. www.lesamisdelaresistancedufinistere.com › resources › ami-83
  16. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 116.
  17. cdn1_2.reseaudescommunes.fr › cities › documents
  18. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 165.
  19. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 233-234.
  20. voir la "Liberté du Morbihan" du 26 janvier 1945.
  21. Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 235.
  22. a et b Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 281.
  23. a b et c Les Quévenois - De la Guerre à la Paix, p. 282.
  24. Dominique Baudis, alors maire de Toulouse, saluera par un télégramme son action.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Comité Historique de Quéven (préf. Jean-Yves Laurent, maire de Quéven), Les Quévenois - De la Guerre à la Paix - 1939-1960, Lorient, Éd. à compte d'auteur, , 336 p. (ISBN 2-9503379-2-9). 

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Article connexe[modifier | modifier le code]