Louis Delaporte

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Louis Delaporte
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Louis Delaporte, en 1882.
Naissance
Loches
Décès (à 83 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Louis Delaporte est un explorateur français né à Loches le et mort à Paris le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Une vocation de marin[modifier | modifier le code]

Louis Delaporte vers 1910.

Très jeune, Louis Delaporte décide d'être marin. Son père, avocat, ne s'oppose pas à cette vocation précoce. Louis quitte donc le collège d'Orléans pour s'inscrire à celui de Lorient qui prépare l'entrée à l'École navale de Brest où il est reçu en 1858. Il est nommé aspirant en 1860 et embarque pour le Mexique où il contracte la fièvre jaune. Après plusieurs expéditions, notamment en Islande, il accède au grade d'enseigne de vaisseau. Recruté en raison de ses talents de dessinateur, il part en 1866 en Cochinchine et est désigné avec Ernest Doudart de Lagrée pour la Mission d'exploration du Mékong, mission d'exploration et de recherche des sources du fleuve. Il découvre à cette occasion le site d'Angkor. Mais la mission tourna au désastre à cause des conditions climatiques et sanitaires et à Xieng Khouang la remontée fut abandonnée et le retour effectué par le Yang-tsé-Kiang. Doudart de Lagrée y laissa la vie et les survivants regagnèrent Saïgon par la mer sous le commandement de Francis Garnier.

Louis Delaporte et ses collègues de la mission Mékong.

Une passion pour Angkor[modifier | modifier le code]

La découverte de ces ruines oubliées avait profondément changé Delaporte et il décide alors de consacrer sa vie à faire connaître cette civilisation qu'il compare en importance à celle de l'Égypte. De retour en France en 1868, il est promu au grade de lieutenant de vaisseau et fait chevalier de la Légion d'honneur.

Après une interruption due à la guerre de 1870, il ne peut que repartir en 1873-74, avec l'appui de la Société de géographie en mission officielle d’étude. Il obtient des ministères de la Marine, des Affaires étrangères et de l'Instruction publique, une double mission : vérifier la navigabilité du fleuve Rouge de son delta jusqu'au Yunnan et constituer la première collection officielle d'art khmer en France.

Louis Delaporte, dans des conditions très difficiles, effectue une « moisson archéologique » constituée de statues, fragments d'architecture et moulages, auxquels s'ajoutent documents topographiques et dessins. Louis Dealaporte prélève quelques pièces qu'il souhaite arracher à la nature qu'il perçoit comme profondément destructrice. Ces pièces constituent le noyau des collections d'art khmer du musée Guimet, à Paris. La végétation qui disloque les édifices protège, néanmoins, la surface du grès - en particulier les sculptures - comme sous une serre, contre les violents écarts d'humidité entre période humide et sèche qui fait éclater la pierre en surface. L'état de surface des bâtiments qu'il a vu et que ses plâtres vont relever est donc quasiment celui du XVe siècle, au moment où l'empire d'Angkor s'est effondré, et Angkor Vat a été abandonné. Certains sites font l'objet de ces prélèvements, sauf le temple du Bayon qu'il dégage et Angkor Vat - encore quelque peu entretenu - dont il relève le plan. Transporté à dos d'éléphants et par radeau le tout est chargé sur la canonnière Javeline qui prend le chemin du retour. Il dit avoir acheté ou échangé ces pièces auprès des autorités locales avec l'appui et l'approbation du Gouverneur général, et que le roi Norodom Ier du Cambodge accepte d’envoyer en France, en témoignage de la grandeur et de l’ancienneté de la civilisation khmère[1].

Delaporte est resté sur le terrain relativement peu de temps en raison de l'état d'épuisement total dans lequel il en est revenu chaque fois, in-extremis : l'exploration du Mékong, 1866-68, puis les deux missions personnelles, 1873-74 et 1880-81[2].

Mais le musée du Louvre refuse d'accueillir la centaine de caisses d'antiquités débarquées à Toulon. C'est finalement au château de Compiègne que Delaporte réussit à faire ouvrir une salle d'exposition pour cet art peu reconnu. Ce n'est qu'en 1878 que, grâce à l'Exposition universelle de 1878 exposant ces œuvres au Palais du Trocadéro, l'intérêt du public et des scientifiques s'éveille. Il faut cependant attendre 1882 pour qu'une aile du Trocadéro soit consacrée officiellement à un musée de l'Art Khmer.

Vers un musée des arts asiatiques[modifier | modifier le code]

Delaporte effectue en 1881 un dernier voyage sur place mais il tombe gravement malade et désormais devra rester en France. Cette expédition permet d'enrichir encore le fonds du musée.

En 1889, le musée Khmer devient musée Indochinois et s'ouvre largement sur l'ensemble des arts de l'Asie du Sud-Est. C'est aussi un peu grâce à lui et à l'intérêt qu'il a su éveiller pour les arts du Cambodge qu'en 1898 est fondée à Hanoï l'École française d'Extrême-Orient. La création d'une école des arts cambodgiens à Phnom Penh en 1918, sous la direction du peintre George Groslier, concrétise un autre de ses désirs les plus chers.

Devenu conservateur, il dirige le musée jusqu'à sa retraite en 1924 et meurt l'année suivante à 83 ans. Les collections iront enrichir le musée national des Arts asiatiques-Guimet créé en 1889.

Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (42e division).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Louis Delaporte. Explorateur (1842 - 1925) par René de Beauvais - Paris 1929 - (Imprimerie des Orphelins d'Auteuil).
  • Dictionnaire de Biographie française (Tome X) Dallier-Desplagnes, Paris 1965.
  • Vincent Charpentier. Avec Pierre Baptiste, conservateur en chef et Thierry Zéphir, ingénieur au musée Guimet, « Angkor de la découverte à la création d'un mythe », sur INRAP : Le Salon noir, (consulté le 11 décembre 2020).

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Un destin – Louis Delaporte », sur Musée national des arts asiatiques - Guimet (consulté le 11 décembre 2020).
  2. Thierry Zéphir dans Baptiste et Zéphir /Vincent Charpentier, 2013 à 13:00 / 12:58
  3. « Voyage d'exploration en Indo-Chine », sur Bibliothèque numérique mondiale : Library of Congress (consulté le 11 décembre 2020).

Liens externes[modifier | modifier le code]