George Groslier

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George Groslier (né et mort à Phnom Penh ( - ) est un artiste peintre, scientifique, archéologue, ethnologue et photographe. Il laisse une œuvre écrite dense et variée composée de nombreux ouvrages sur l'archéologie et l'art du pays khmer. À partir de 1926, il ajoute à cette œuvre une production littéraire centrée sur la thématique de la rencontre de l’homme occidental avec les peuples, civilisations et cultures de l'Asie du Sud-Est. Il est le père de Bernard-Philippe Groslier, archéologue dans la lignée de Henri Parmentier et Henri Marchal à qui il succèdera en tant Directeur des Arts et conservateur au musée national du Cambodge et conservateur du site d'Angkor.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

Fils d’un administrateur français des Services civils de l’Indochine, il fait ses études en France et suit les cours de peinture de l’École des Beaux-Arts de Paris. À l’issue de ces études, déçu de n’avoir pas obtenu le premier grand Prix de Rome (il n’obtient que le second), il effectue un premier retour au Cambodge où il découvre les temples d’Angkor.

l'étude de l'Art Khmer[modifier | modifier le code]

L’éblouissement que lui procure cette découverte des joyaux de la culture et de l’art khmer détermine alors le cours de son existence. Il rentre en France où il multiplie les publications et les conférences destinées à faire connaître la culture khmère. Ces activités lui valent de se voir confier en 1913 et 1914 une mission au Cambodge par le Ministère de l'Instruction publique et la Société asiatique.

L'École des Arts cambodgiens[modifier | modifier le code]

En 1917, il est mobilisé, et appelé par le Gouverneur général de l'Indochine Albert Sarraut qui lui confie la mission de revitaliser les traditions artistiques des peuples indochinois. Sur les fondations de l’École des Arts décoratifs ouverte en 1912 au sein de la Manufacture royale du Palais elle-même créée par le Roi Sisowath en 1907, il organise l’École des Arts cambodgiens, véritable lieu de transmission du savoir-faire des anciens « maîtres » vers les apprentis artisans du pays.

La réussite de cette école qui développe sa propre coopérative de production d’artisanat khmer contribue à la notoriété de George Groslier désormais reconnu comme le rénovateur des arts cambodgiens.

Affaire André Malraux[modifier | modifier le code]

Fin 1923 George Groslier eut un rôle décisif dans l'interruption de l'opération de découpage, transport et vol de statuettes du temple de Banteay Srei par André Malraux et son épouse Clara. L'intervention de George Groslier permit d'interrompe l'opération et conduisit la police à procéder à l'arrestation d'André et Clara Malraux lors de leur arrivée à Phnom Penh. ('Affaire du vol d'œuvres d'art à Angkor').

Exposition des Arts décoratifs aux Beaux-Arts de Hanoi et Exposition coloniale de Paris[modifier | modifier le code]

À ce titre, il est fait appel à lui pour la réalisation des pavillons du Cambodge lors de l'Exposition des arts décoratifs de 1925 et de l'Exposition coloniale de 1931 à Paris.

Il participe encore à la création et à l’organisation des écoles d'art de Bien-hoa et de Hanoi ainsi que de l'École supérieure des Beaux-Arts de Hanoi.

Conservateur du musée Albert-Sarraut au Cambodge[modifier | modifier le code]

Devenu Directeur des Arts cambodgiens, puis Inspecteur général des Arts en Indochine, il est le créateur, l’organisateur et le premier conservateur du musée Albert-Sarraut à Phnom Penh (aujourd'hui musée national du Cambodge), modèle d'architecture khmère traditionnelle, dont il fit le sanctuaire de l'art cambodgien.

Retraite, décès, postérité[modifier | modifier le code]

Retraité à compter de 1942, il se maintient au Cambodge et s’engage dans la résistance contre l’occupant japonais en tant qu’opérateur radio clandestin. Il est capturé, emprisonné et meurt sous la torture à 58 ans. Le 5 mai 1947 le gouvernement français attribua à George Groslier la mention honorifique posthume de Mort pour la France.

En 1946, les autorités cambodgiennes baptisèrent 'rue Groslier' une rue proche du Musée national du Cambodge qu'il avait conçu et dirigé. Cette rue fut ensuite débaptisée (actuellement nommée Preah Ang Eng), mais certains connaisseurs des arts du Cambodge et de l'oeuvre de George Groslier essaient depuis 2019 de convaincre les aurotités de rebaptiser une rue George Groslier à Pnomh Penh en honneur de sa contribution considérable à la conservation et la mise en valeur des richesses artistiques et culturelles du Cambodge.[1]

Un certain nopmbre des livres de George Grolier ont été réédités en français et en anglais au XXIème siècle, mais les autorités et les milieux culturels français ne paraissent pas avoir été actifs dans la valorisation et la diffusion de l'oeuvre de George Groslier.

George Groslier est le père de l'archéologue Bernard-Philippe Groslier.

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Œuvres originales[modifier | modifier le code]

Publications archéologiques[modifier | modifier le code]

  • Danseuses cambodgiennes anciennes et modernes. Texte et dessins de George Groslier, Paris, A. Challamel, 1913 (Préface de Charles Gravelle)
  • Objets anciens trouvés au Cambodge, in Revue archéologique, 1916, 5e Série, vol. 4, p. 129–139
  • A l'ombre d'Angkor. Notes et impressions sur les temples inconnus de l'ancien Cambodge, A. Challamel, 1916 [1]
  • La Batellerie cambodgienne du VIIIe au XIIIe siècles, in Revue archéologique, 1917, 5e Série, vol. 5, p. 198–204 Texte en ligne
  • Directeur-fondateur et éditeur de Arts et Archéologie khmères, A. Challamel, 2 volumes publiés en 1921 et 1926
  • Objets cultuels en bronze dans l'ancien Cambodge, in Arts et Archéologie khmers, 1921-3, vol. 1, fasc. 3, p. 221–228.
  • Le temple de Phnom Chisor, in Arts et Archéologie khmers, vol. 1, fasc. 1, p. 65–81
  • Le temple de Ta Prohm (Ba Ti), in Arts et Archéologie khmers, vol. 1.. fasc. 2, p. 139–148
  • Le temple de Preah Vihear, in Arts et Archéologie khmers, 1921-1922, vol. 1. fasc. 3, p. 275–294
  • Recherches sur les Cambodgiens d'après les textes et les monuments depuis les premiers siècles de notre ère, Paris, A.Challamel, 1921
  • Essai sur l'architecture classique khmère, in Arts et Archéologie khmers, 1923, vol. 1, fasc. 3. p. 229–273
  • L'Art khmèr, in Arts et Décoration, . vol. 27. No 260, p. 34–40
  • L'Art du bronze au Cambodge, in Arts et Archéologie khmers, 1923. vol. 1, fasc., p. 413–423
  • L'Art khmèr, in Arts et Décoration, , vol. 1, p. 413–423
  • Amarendrapura dans Amoghapura, in Bulletin de l'École Française d'Extrême-Orient, 1924, vol. 24, p. 359–372
  • Angkor, Les Villes d'Art célèbres, Laurens, 1924
  • Catalogue du Musée de Phnom Penh, IDEO, 1924
  • La Céramique dans l'ancien Cambodge, in Arts et Archéologie khmers, 1924, vol. 2, fasc. 1, p. 31–64 (avec la collaboration d'Auguste Silice)
  • La Vie à Angkor au XIe siècle, in Pages indochinoises, 15-1-1924, N.S., vol. 1, p. 9–17
  • Les Empreintes du 'Pied du Buddha' d'Angkor Vat, in Arts et Archéologie khmers, 1924, vol. 2, fasc. 2. p. 65–80
  • La Région d'Angkor, in Arts et Archéologie khmers, 1924, vol. 2, fasc. 2, p. 113–130
  • La Région du Nord-Est du Cambodge et son art, in Arts et Archéologie khmers, p. 131–141
  • L'Asram Maha Rosei, in Arts et Archéologie khmers, 1924, vol. 2. fasc. 2. p. 141–146
  • L'Art hindou au Cambodge, in Arts et Archéologie khmers, 1924. vol. 2, fasc. 1, p. 81–93
  • Essai sur le Buddha khmèr, in Arts et Archéologie khmers, p. 93–112
  • Sur les origines de l'Art khmèr, in Mercure de France, l-xii-1924, vol. 176, No 365, p. 382–404
  • Les Influences grecques au Cambodge et l'art pré khmèr, L'Art Vivant, 1925
  • Sur la route d'Angkor: le Prasat Phum Prasat, in Extrême-Asie, , No 14, vol. 12, p. 493–494
  • Introduction à l'étude des arts khmèrs, in Arts et Archéologie khmers, 1925, vol. 2. fasc. 2, p. 167–234
  • La Sculpture khmère ancienne. Illustrée de 175 reproductions hors texte et similigravure, G. Crès et Cie, coll. "française des arts orientaux", 1925 Texte en ligne
  • La Femme dans la sculpture khmère ancienne, in Revue des Arts asiatiques, 1925, vol. 2, fasc. 1, p. 35–41
  • La Fin d'Angkor, in Extrême-Asie,
  • Note sur la sculpture khmère ancienne, Études asiatiques, École Française d'Extrême-Orient, 1925. vol. I, p. 297–314
  • À propos d'art hindou et d'art khmèr, in Arts et Archéologie khmers, 1926, vol. 2, fasc. 3, p. 329–348
  • Les collections khmères du musée Albert-Sarraut, G. Van Oest, coll. « Ars asiatica », 1931 (Préface de Georges Coedès)
  • Les Temples inconnus du Cambodge, Toute la terre, 1931
  • Angkor, Les Villes d'Art célèbres, Laurens, 1932 (trad. anglaise).
  • Troisième recherche sur les Cambodgiens, in Bulletin de l'École française d'Extrême-Orient, 1935, vol. 35, p. 159–206
  • Une merveilleuse cité khmère. Banteai Chhma, ville ancienne du Cambodge, in L'Illustration, , No 4909, p. 352–357
  • Les Monuments khmèrs sont-ils des tombeaux?, in Bulletin de la Société des Études Indochinoises, 1941, N.S., vol. 16. N°l p. 121–126

Publications sur les Arts indigènes au Cambodge[modifier | modifier le code]

  • La Convalescence des Arts cambodgiens, in Revue Indochinoise, 2e sem. 1918, p. 207; 1er sem. 1919, p. 871–890
  • L'Agonie des Arts cambodgiens, in Revue Indochinoise, 2e sem. 1918, p. 207
  • Question d'art indigène, in Bulletin des Amis du Vieux-Hué, octobre—, p. 444–452
  • Étude sur la psychologie de l'artisan cambodgien, in Arts et Archéologie khmers, 1921, vol. 1, fasc. 2, p. 125–137
  • Seconde étude sur la psychologie de l'artisan cambodgien, in Arts et Archéologie khmers, 1921, vol. 1. fasc. 2, p. 205–220
  • Royal Dancers of Cambodia, in Asia, 1922, vol. 22, No 1, p. 47–55, 74-75
  • Soixante-seize dessins cambodgiens tracés par l'oknha Tep Nimit Mak et l'oknha Reachna Prasor Mao, in Arts et Archéologie khmers, Société d'Édition Géographique, Maritime et Coloniale, 1923. 331-386 p
  • The Oldest Living Monarch, in Asia, 1923. vol. 23. p. 587–589
  • La Reprise des arts khmèrs, in La Revue de Paris, . p. 395–422 Texte en ligne
  • Avec les danseuses royales du Cambodge, in Mercure de France, , p. 536–565
  • La mort de S.M. Sisowath, L'Illustration,
  • Les cérémonies d'incinérations de S.M. Sisowath, in L'Illustration, no 4443. Samedi . p. 410–415
  • Die Kunst der Kambodschanischen tànzerinn, in Atlantis, janvier-, vol. 1,p. 10–16
  • Le Théâtre et la danse au Cambodge, in Journal Asiatique, janvier-. vol. 214, p. 125–143 Texte en ligne
  • Contemporary Cambodian art studied in the Light of the Past Forms, in Eastern Art, 1930. vol. 2, p. 127–141
  • La Direction des Arts cambodgiens et l'École des Arts cambodgiens, in Extrême-Asie, , no 45, p. 119–127
  • La Fin d'un art, in Revue des Arts Asiatiques, 1929-1930, vol. 6, fasc. 3., p. 176–186; p. 184 et 251, fasc. 4, p. 244–254
  • La Fin d'une tradition d'art : les pagodes cambodgiennes et le ciment armé, in L'Illustration, , p. 50–53
  • De Pagode en Pagode, Toute la Terre,
  • L'Orfèvrerie cambodgienne à l'Exposition Coloniale, La Perle, 1931
  • Rapport sur les arts indigènes au Cambodge, Congrès International et Intercolonial de la Société Indigène, 1931
  • L'Enseignement et la mise en pratique des Arts indigènes au Cambodge (1918-1930), in Bulletin de Académie des Sciences Coloniales, 1931
  • Les Arts indigènes au Cambodge, Exp. int. des Arts et Techniques, Indochine Française, 1937
  • Les Arts indigènes au Cambodge, X° Congr. de la Far-Eastern Association of Tropical Medecine, Hanoi, 1938, p. 161–181

Romans et récits[modifier | modifier le code]

  • La Route du plus fort, Emile-Paul frères, coll. « Edmond Jaloux », 1926
  • Propos sur la maison coloniale, in Extrême-Asie, 3° trim. 1926, p. 2–10; , p. 307–366
  • Le Singe qui montre la Lanterne magique, in Extrême-Asie, , p. 347–366; , p. 435–450; , p. 499–505; , p. 546–554
  • C'est une idylle..., Mercure de France,
  • Le Retour à l'argile, Emile-Paul frères, coll. « Edmond Jaloux », 1929
  • Eaux et Lumières. Journal de route sur le Mékong cambodgien, Société d'éditions géographiques, maritimes et coloniales, 1931. Réédité en 2008 par les Editions La Bibliothèque, Paris
  • La Mode masculine aux colonies, Adam, 1931
  • Nos boys, in Extrême-Asie, , no 55, p. 69–76
  • Monsieur de la Garde, roi, La Petite Illustration, 1934
  • Monsieur de la Garde, Roi. Roman inspiré des chroniques Royales du Cambodge, L'Illustration, 1934, in La Petite Illustration, nos 676-677
  • Les Donneurs de Sang, A. Portail, 1942

Préface

  • Mario Bocquet, Les Danseuses d'Angkor, Chez l'Auteur, 1975

Rééditions

Œuvres graphiques[modifier | modifier le code]

AfficheAngkorGroslier.jpg
  • Les Ruines d'Angkor, Indochine, 1911, [4]

Sources[modifier | modifier le code]

Monographies

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Restoring the Name of the ‘Cambodia Scholar’ - Khmer Times », sur Khmer Times, (consulté le 11 octobre 2020).

Réédition : Eaux et lumières, journal du Mékong cambodgien, Éditions La Bibliothèque, Paris 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sites externes[modifier | modifier le code]

http://data.bnf.fr/12143586/george_groslier/