Louis-Agathe Berthaud

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Louis-Agathe Berthaud
Jules-GUBIAN Berthaud-1838.jpg
Jules Gubian, Portrait de Louis-Agathe Berthaud (1810-1843), lithographie, 1838
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 33 ans)
ChaillotVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Duplessy
Haud'BertVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Louis-Agathe Berthaud[1] est un écrivain, journaliste et poète français, né le 23 janvier 1810 à Charolles (Saône-et-Loire)[2] et mort le 17 juillet 1843 à Chaillot (Seine)[3]. Il a également publié sous les pseudonymes de Duplessy et Haud'Bert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un charpentier de Saône-et-Loire[2], Louis Berthaud se tourne vers le journalisme dès l'âge de 16 ans. Comme une grande partie de la jeunesse de l'époque, il salue les Trois Glorieuses, puis devient un membre actif de la presse d’opposition républicaine sous la monarchie de Juillet, tant à Lyon où il soutient les revendications des Canuts insurgés, se rapproche des saint-simoniens et participe au premier mouvement féministe en 1832, entretenant une relation sulfureuse avec son amante la poétesse féministe et rebelle Sophie Grangé (?-?), qu'à Paris où il collabore à plus d'une quinzaine de journaux, tel que Le Charivari dont il devient le poète attitré à partir de 1838. Dans l'ensemble de ces périodiques, où il écrit parfois avec son frère de plume Jean-Pierre Veyrat (1810-1844), il traite presque toujours, en vers ou en prose, des sujets ayant trait à des faits sociaux et politiques, comme la prostitution, la peine de mort, l'infanticide, le pouvoir des banquiers, l’arbitraire de la police, la censure, la mendicité, la malversation de certains politiques, la brutalité du système judiciaire, la corruption des élites gouvernementales, le suffrage universel, etc.

Louis-Agathe BERTHAUD et Jean-Pierre VEYRAT, satire hebdomadaire "L'Homme Rouge" (numéro "Lyon", 19 mai 1833) exposée au Musée Gadagne (Lyon), Inv. 1022.

A 23 ans, en 1833, il se voit traduit devant les Assises du Rhône pour avoir injurié, dans une de ses poésies, le roi Louis-Philippe, et, à cette occasion, choisit d’ecrire lui-même sa plaidoirie en alexandrins qu’il déclame à la barre du tribunal, proclamant pour sa défense la liberté critique comme une caractéristique essentielle de tout artiste: acquitté, il est porté en triomphe dans les rues de Lyon, et l’on s’arrache sa plaidoirie qu’un imprimeur lyonnais s’est immédiatement proposé d’editer.

Poète, chansonnier, essayiste, Berthaud est aussi l'auteur d'esquisses de mœurs, d'un roman, resté inachevé, et de plusieurs « nouvelles microscopiques en prose », selon son ami Philibert Audebrand (1815-1906). Il meurt de phtisie à 33 ans, chez son frère charpentier, à Chaillot (ancien 1er arrondissement de Paris).

Ses amis artistes Benjamin Roubaud (1811-1847) et Gavarni (1804-1866) ont notamment pu réaliser son portrait à Paris, et ses amis écrivains Eugène de Lamerlière (1797-1845), Albert de Calvimont (1804-1858), Jacques Arago (1790-1855), Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859), Lucien de La Hodde (1812-1863), Philibert Audebrand (1815-1906), Auguste Luchet (1806-1872), Antony Deschamps (1800-1869), Louis Auguste Bertrand (1808-1875), Arsène Houssaye (1815-1896), Agénor Altaroche (1811-1884) ou bien encore Adolphe Dumas (1805-1861), ont écrit quelques textes épars sur sa vie et son œuvre.

De son vivant, Berthaud n’a jamais réunit et publié ses textes, qui, au moment de sa mort en juillet 1843, sont restés dispersés dans les divers journaux auxquels collabora. Après un projet d'édition posthume de textes de Berthaud, porté en septembre 1843 par l'éditeur parisien Laurent-Antoine Pagnerre (1805-1854) et les amis du poète défunt, finalement avorté faute de souscriptions, c'est en mars 2017 que la première anthologie de ses écrits paraît, aux éditions Plein Chant.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Anthologie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Agathe Berthaud: bohème romantique et républicain (Choix d'écrits), Bassac, Plein Chant imprimeur-éditeur, 2017, 320p., illustrations

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1837 : Un mois à Naples, comédie-vaudeville en 1 acte avec Jacques Arago, théâtre du Vaudeville (11 août)

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Asmodée, satire avec A.-Sébastien Kauffmann, Perret, Lyon, 1832
  • avec Jean-Pierre Veyart (1810-1844), L'Homme Rouge, Lyon, Perret, 1833-1834
  • Une voix dans Paris: Gisquétéïdes, Paris, Guillaumin, 1833
  • La Moléïde ou la Résurrection des morts, poème héroï-comique, Paris, Laisné, 1839

Divers[modifier | modifier le code]

  • Plaidoyer de L.-A. Berthaud, accusé d'offenses à la personne du Roi, audience du 25 mars 1833, Assises du Rhône, Lyon, Ayné, 1833

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • par ordre chronologique
    • RAYNAL, Hippolyte, « Louis-Agathe Berthaud », in L'Argus, dimanche 13 octobre 1850, n°766
    • HOUSSAYE, Arsène, « Les morts vont vite: profils de quelques amis couchés dans le tombeau », in Voyage à ma fenêtre, Paris, Lecou, 1851, pp.187-188 et pp. 212-217
    • LUCHET, Auguste « Qu'est-ce qu'un poète de moins ? », Les Mauvais Côtés de la vie : Souvenirs d'exil, Paris, Chappe, 1860, pp. 133-145
    • AUDEBRAND, Philibert, « Poètes du dix-neuvième siècle: L.-A. Berthaud », in Revue libérale, politique, littéraire, scientifique et financière, lundi 10 juin 1867, n°5
    • STAAFF, Ferdinand Nathanël, "Berthaud", in La Littérature française, Paris, Didier & Cie, 1870, t. II, P. 1110
    • JOIGNEAUX, Pierre, « Louis Berthaud », in Souvenirs historiques, Paris, Marpon & Flammarion, 1891, t. I, pp. 45-56
    • VINGTRINIER, Aimé, « Berthaud & Veyrat », in Mémoires de la Société littéraire, historique et archéologique de Lyon, Lyon, Vingtrinier, 1898, pp. 273-285
    • LARDANCHET, Henri, « L.-A. Berthaud », in Les Enfants perdus du romantisme, Paris, Perrin & Cie, 1905, pp.88-130
    • SÉCHÉ, Alphonse, « Louis Berthaud et Jean-Pierre Veyrat », in Les Poètes-Misère, Paris, Michaud, 1905, pp. 38-41
    • BERTHIER, Alfred, Le Poète savoyard Jean-Pierre Veyrat (1810-1844), Paris, Honoré Champion, 1921
    • COMBELLE, Lucien, « Veyrat et Berthaud: poètes misérables », in Arts et Idées, juillet 1936, n°3
    • RUDE, Fernand, « Un poète oublié : L.-A. Berthaud », 1848 et les révolutions du XIXe siècle, t. 38, no 177, 1947, p. 5–19
    • COGNIOT, Georges, « Veyrat et Berthaud », in La Lyre d'airain: poésie populaire et démocratique (1815-1918), Paris, Editions Sociales, 1964, pp. 60-64
    • BOURGEOIS, Jean-Michel, « Berthaud (Louis-Agathe) », La Goguette et les Goguettiers, Bassac, Plein Chant, 2013, t. II, p. 503
    • MARCOUX, Camille Noé, Louis-Agathe Berthaud (1810-1843), prolétaire et bohème des lettres : le parcours d'un écrivain républicain sous la monarchie de Juillet, mémoire de Master 2 en Histoire contemporaine réalisé sous la direction de Jean-Claude Caron, Clermont-Ferrand, Université Blaise-Pascal, 2014, 822p.
    • MARCOUX, Camille Noé, "Louis-Agathe Berthaud (1810-1843): prolétaire romantique et républicain", in Louis-Agathe Berthaud: bohème romantique et républicain (Choix d'écrits), Bassac, Plein Chant, 2017, pp. 9-32
    • MARCOUX, Camille Noé, "Berthaud, Louis-Agathe (1810-1843)", in Theuriau, F.-G. (dir.), Dictionnaire littéraire des écrivains d'expression populaire: essai d'anthropologie littéraire, Tours, CESL éditions, 2017, pp. 103-106
    • MARCOUX, Camille Noé, "Louis-Agathe Berthaud (1810-1843)", in Histoires Lyonnaises, 24 juin 2017 (https://lyonnais.hypotheses.org/2681)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois référencé sous le prénom Louis-Auguste comme sur la notice de la BNF. Les actes de naissance et de décès mentionnent comme seul prénom Louis.
  2. a et b Acte n°5 (vue 42/104) , registre des naissances de l'année 1810 pour la ville de Charolles sur le site des Archives départementales de Saône-et-Loire.
  3. Vue 9/51 du fichier de l'état civil reconstitué de la Ville de Paris.