Louis-Agathe Berthaud

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d’aide sur l’homonymie Pour les articles homonymes, voir Berthaud et Duplessy.
Louis-Agathe Berthaud
Jules-GUBIAN Berthaud-1838.jpg
Jules Gubian, Portrait de Louis-Agathe Berthaud, lithographie, 1838
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 33 ans)
ChaillotVoir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
Duplessy
Haud'BertVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités

Louis-Agathe Berthaud, né le à Charolles (Saône-et-Loire) et mort le à Chaillot à Paris, est un écrivain, journaliste et poète français. Il a également publié sous les pseudonymes de Duplessy et Haud'Bert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie et œuvres[modifier | modifier le code]

Fils d’un charpentier de Charolles, Louis-Agathe Berthaud[1] y voit le jour le 23 janvier 1810[2].

Louis-Agathe Berthaud se tourne vers le journalisme et la poésie dès l'âge de 16 ans. Comme une grande partie de la jeunesse de l'époque, il salue les Trois Glorieuses[3], puis devient un membre actif de la presse d’opposition républicaine sous la monarchie de Juillet. Il écrit d'abord à Lyon où il soutient les revendications des Canuts insurgés[4], publie dès ses 22 ans une satire hebdomadaire Asmodée en 1832 ; avec son frère de plume Jean-Pierre Veyrat , il publie d'avril 1833 à avril 1834 vingt-deux numéros d'une revue satirique hebdomadaire en vers, L'Homme rouge[5]. Il se rapproche des saint-simoniens et participe au premier mouvement féministe en 1832, entretenant une relation sulfureuse avec son amante, la poétesse féministe et rebelle Sophie Grangé. À 23 ans, en 1833, il est traduit devant les Assises du Rhône pour avoir injurié, dans une de ses poésies, le roi Louis-Philippe, et, à cette occasion, choisit d’écrire lui-même sa plaidoirie en alexandrins qu’il déclame à la barre du tribunal, proclamant pour sa défense la liberté critique comme une caractéristique essentielle de tout artiste ; acquitté, il est porté en triomphe dans les rues de Lyon, et l’on s’arrache sa plaidoirie qu’un imprimeur lyonnais s’est immédiatement proposé d’éditer.

À la fin de l'année 1833, avec Jean-Pierre Veyrat, il s'installe à Paris, rue de Seine puis rue des Beaux-arts, où il collabore à plus d'une quinzaine de journaux, tels Le Bon Sens et Le Charivari, dernier journal dont il parvient à devenir le poète attitré à partir de 1838 et jusqu'à sa mort.

Dans l'ensemble de ces périodiques, il traite presque toujours, en vers ou en prose, des sujets ayant trait à des faits sociaux et politiques, comme la prostitution, la peine de mort, l'infanticide, le pouvoir des banquiers, l’arbitraire de la police, la censure, la mendicité, la malversation de certains politiques, la brutalité du système judiciaire, la corruption des élites gouvernementales ou le suffrage universel.

L'Homme Rouge, numéro « Lyon », 19 mai 1833, 8e livraison

Poète, chansonnier, essayiste, Louis-Agathe Berthaud est aussi l'auteur d'esquisses de mœurs, d'un roman, resté inachevé, et de plusieurs « nouvelles microscopiques en prose », selon l'expression de son ami Philibert Audebrand[6] ; sa pièce de théâtre Un mois à Naples, écrite en collaboration avec Jacques Arago est jouée à paris au Théâtre du vaudeville le 11 août 1837. En 1840-1842, il collabore au recueil collectif Les Français peints par eux-mêmes où il signe plusieurs monographies : Les Mendiants (en vers), Les dévoués (consacré aux vidangeurs), Les chiffonniers, Le goguettier (où il évoque les goguettes parisiennes qu'il fréquente) et Le décrotteur[7].

Il meurt de phtisie à 33 ans, chez son frère charpentier, à Chaillot (ancien 1er arrondissement de Paris), le 17 juillet 1843[8], et est inhumé au cimetière de Montmartre.

Postérité[modifier | modifier le code]

Ses amis artistes Benjamin Roubaud dans le Panthéon charivarique[9] et Gavarni ont réalisé son portrait. Ses amis écrivains Eugène de Lamerlière, Léon Boitel, Albert de Calvimont, Jacques Arago, A.-Sébastien Kauffmann, Marceline Desbordes-Valmore, Lucien de La Hodde, Philibert Audebrand, Auguste Luchet, Antony Deschamps, Louis Auguste Bertrand, Arsène Houssaye, Agénor Altaroche ou Adolphe Dumas ont écrit quelques textes épars sur sa vie et son œuvre.

De son vivant, Louis-Agathe Berthaud n’a jamais réuni et publié ses textes, qui, au moment de sa mort en juillet 1843, sont restés dispersés dans les divers journaux auxquels il a collaboré. Son roman inachevé Le Chemin du ciel est publié après sa mort en feuilleton dans le journal La Réforme de Ferdinand Flocon.

Un projet d'édition posthume de ses textes, lancé en septembre 1843 par l'éditeur parisien Laurent-Antoine Pagnerre et les amis du poète défunt, échoue faute de souscriptions ; en mars 2017, paraît la première anthologie de ses écrits aux éditions Plein Chant[10], illustrée en couverture de la reproduction d'un portrait à l'encre de Chine réalisé en 2016 par l'artiste franco-suisse Esther Tanner Marcoux d'après la lithographie de 1838 de Jules Gubian.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Anthologie[modifier | modifier le code]

  • Louis-Agathe Berthaud : bohème romantique et républicain, anthologie rassemblée et présentée par Camille Noé Marcoux, Bassac, Plein Chant, 2017, 320 p. (ISBN 978-2-85452-329-4).

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Avec Jacques Arago : Un mois à Naples, comédie-vaudeville en 1 acte, , Paris, Belin, 1837, 13 p.

Poésie[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Assises du Rhône. Audience du 25 mars 1833. Plaidoyer de L.-A. Berthaud, accusé d'offenses à la personne du Roi, Lyon, L.-A. Ayné, 1833, 8 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Parfois référencé sous le prénom Louis-Auguste comme sur la notice de la Bibliothèque nationale de France. Les actes de naissance et de décès mentionnent comme seul prénom Louis.
  2. « Acte n°5 (vue 42/104), registre des naissances de 1810, ville de Charolles », sur Archives départementales de Saône-et-Loire.
  3. François Rude 1948, p. 5.
  4. François Rude 1948, p. 6-7.
  5. « L'Homme rouge », sur Bibliothèque nationale de France.
  6. Philibert Audebrand 1867.
  7. « Les Français peints par eux-mêmes. Table des 9 volumes de l’ouvrage », sur Bibliothèque municipale de Lisieux.
  8. « Vue 9/51] du fichier de l'état civil reconstitué de la Ville de Paris », sur Archives de Paris
  9. Benjamin Roubaud, « Berthaud, caricature du panthéon Charivarique », sur Gallica.
  10. Compte-rendu : Jean-Marc Hovasse, « Louis-Agathe Berthaud, Bohème romantique et républicain (1810-1843) », dans Studi Francesi, n° 184 (LXII | I), 2018, p. 153-154 Lire en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

par ordre chronologique

  • Hippolyte Raynal, « Louis-Agathe Berthaud », dans L'Argus, dimanche 13 octobre 1850, n° 766.
  • Arsène Houssaye, « Les morts vont vite. Profils de quelques amis couchés dans le tombeau », dans Voyage à ma fenêtre, Paris, Lecou, 1851, p.187-188 et 212-217.
  • Auguste Luchet, « Qu'est-ce qu'un poète de moins ? », dans Les Mauvais Côtés de la vie. Souvenirs d'exil, Paris, Chappe, 1860, p. 133-145.
  • Philibert Audebrand, « Poètes du dix-neuvième siècle : L.-A. Berthaud », dans Revue libérale, politique, littéraire, scientifique et financière, lundi 10 juin 1867, n° 5.
  • Ferdinand Nathanël Staaf, « Berthaud », dans La Littérature française, Paris, Didier & Cie, 1870, t. II, p. 1110.
  • Pierre Joigneaux, « Louis Berthaud », dans Souvenirs historiques, Paris, Marpon & Flammarion, 1891, t. I, p. 45-56.
  • Aimé Vingtrinier, « Berthaud & Veyrat », in Mémoires de la Société littéraire, historique et archéologique de Lyon, Lyon, Vingtrinier, 1898, pp. 273-285
  • Henri Lardanchet, « L.-A. Berthaud », dans Les Enfants perdus du romantisme, Paris, Perrin & Cie, 1905, p.88-130.
  • Alphonse Séché, « Louis Berthaud et Jean-Pierre Veyrat », dans Les Poètes-Misère, Paris, Michaud, 1905, p. 38-41.
  • Alfred Berthier, Autour des grands romantiques. Le poète savoyard Jean-Pierre Veyrat, 1810-1844. Étude biographique et littéraire, Paris, Champion, 1920, 52 p.
  • Lucien Combelle, « Veyrat et Berthaud : poètes misérables », dans Arts et Idées, juillet 1936, n° 3.
  • Fernand Rude, « Un poète oublié : L.-A. Berthaud », 1848 et les révolutions du XIXe siècle, t. 38, no 177, 1947, p. 5–19 Lire en ligne.
  • Georges Cogniot, « Veyrat et Berthaud », dans La Lyre d'airain: poésie populaire et démocratique (1815-1918), Paris, Editions Sociales, 1964, p. 60-64.
  • Jean-Michel Bourgeois, « Berthaud (Louis-Agathe) », dans La Goguette et les Goguettiers, Bassac, Plein Chant, 2013, t. II p. 503.
  • Camille Noé Marcoux, Louis-Agathe Berthaud (1810-1843), prolétaire et bohème des lettres : le parcours d'un écrivain républicain sous la monarchie de Juillet, mémoire de Master 2 en Histoire contemporaine sous la direction de Jean-Claude Caron, Clermont-Ferrand, Université Blaise-Pascal, 2014, 822 p.
  • Camille Noé Marcoux, « Berthaud, Louis-Agathe (1810-1843) », dans F.-G. Theuriau, dir., Dictionnaire littéraire des écrivains d'expression populaire : essai d'anthropologie littéraire, Tours, CESL éditions, 2017, p. 103-106
  • Camille Noé Marcoux, « Louis-Agathe Berthaud (1810-1843) », dans Histoires Lyonnaises, 24 juin 2017 Lire en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]