Louis-Adrien Prévost d'Arlincourt

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Louis-Adrien Prévost d'Arlincourt est un fermier général et contre-révolutionnaire né le 23 mai 1744 à Évreux et guillotiné le 8 mai 1794 à Paris six jours avant son père.

 Famille[modifier | modifier le code]

Son père Charles-Adrien Prévost d'Arlincourt est né en 1718 à Doullens en Picardie et il est guillotiné le 14 mai 1794 à Paris[1]. Fermier général de 1763 à 1780, il a épousé le 22 avril 1743[2] Marguerite de La Haye de la Gonnière (1722-1763). Elle est la tante du docteur Jean-Baptiste Dumangin qui soigne et autopsie Louis XVII en juin 1795[3].

Ses deux sœurs : Claude Victoire Prévost d'Arlincourt (1745-1811), elle épouse le 30 juin 1766 dans la chapelle particulière de Mr de Cuisy à Clamart [4] Jean-Pierre de Fumeron de Verrières (1743-1826), commis au bureau de la Guerre, et Marguerite Marie Prévost d'Arlincourt (1750-1797), elle épouse en 1770 Armand Henri Beaudouin, seigneur de Guémadeuc, Maître des Requêtes et Conseiller au Grand Conseil.

Ses deux épouses : En premières noces, il épouse en 1774 Antoinette Juste Constant de la Sarra (1754-1779). Ils ont un fils, Charles Antoine Prévost d'Arlincourt (1778-1856) maître des requêtes au Conseil du Roi.

En secondes noces, il épouse le 8 août 1785 Marie Jeanne Gourgon de Précy (1749-1813), veuve de Jean Baptiste Taffard, Intendant de Saint-Domingue qui est mort en mars 1780 à bord du vaisseau le Palmier qui le mène dans l'île pour prendre son poste. Ils ont 2 fils, Charles Marie Alexandre Prévost d'Arlincourt (1787-1864) aide de camp du roi de Naples Murat, et Charles-Victor Prévost d'Arlincourt (1788-1856), un célèbre romancier du XIXe siècle

 Biographie[modifier | modifier le code]

Fermier général[modifier | modifier le code]

Louis Adrien Prévost d'Arlincourt est fermier général adjoint de son père en 1771 et il lui succède en qualité de titulaire en 1780.

Comme son père, c'est un royaliste, conservateur, traditionaliste, catholique ultramontain et un contre-révolutionnaire de l'intérieur très actif et extrêmement courageux. C'est ce que révèlent ses quelques activités politiques répertoriées.

Il est avec ses deux sœurs le légataire universel d'Elisabeth Le Grand, sa grand-tante (1695-1768), épouse du fermier général Philippe Cuisy (1691-1780). Ils héritent en 1772, d'une partie d'un immeuble rue des Mauvaises-Paroles à Paris n° 20 (rue des Lavandières-Ste-Opportune)[5].

Son père, lui cède le fief de la Mérantais à Magny-les-Hameaux près de Chevreuse[6]. Sa propriété se trouve en bordure du Grand parc de chasse de Louis XIV qui entoure le Château de Versailles. A proximité de sa propriété la Porte de Mérantais y donne accès. La propriété est vendue le 25 pluviose an XII (29 janvier 1804) par les héritiers de Mr d'Arlincourt[7].

Il a un hôtel dans Paris rue Saint-Honoré n° 342.

Sous la Révolution une tentative de substitution du Dauphin[modifier | modifier le code]

Il est, dit-on, l'âme d'un projet qui consistait à substituer au dauphin - d'accord avec Marie-Antoinette - son propre fils. Mais les détails du projet son tels qu'il ne semble pas qu'une pareille tentative ait jamais été tentée ni même conçue[8]. La famille d'Arlincourt était dévouée à ses princesː il fut convenu que Madame d'Arlincourt qui habitait alors le château de Mérantais, à six lieues de Paris, près de Versailles, et qui avait deux fils dont l'aîné était à peu près de l'âge du Dauphin, partirait pour les eaux des Pyrénées avec ses deux enfants; et que le fils de Louis XVI serait substitué à l'un d'eux. Des Pyrénées on se serait rendu à Madrid.

Voici ce qu'écrit sur le sujet son fils cadet, le romancier Charles-Victor Prévost d'Arlincourt dit le vicomte d'Arlincourt dans la préface de son roman « Les fiancés de la mort  » paru en 1850 ː

« Le jour du départ fut fixé. La reine Marie-Antoinette devait mener elle-même Louis XVII au château de Mérantais. Elle devait y arriver de Versailles au milieu de la nuit ; et, pour n'être vue de personne, elle devait entrer par une petite porte du parc qui ouvrait au loin sur la campagne ː la porte s'appelait Marmusson.

Madame d'Arlincourt avait tout préparé pour le succès de l'entreprise. La nuit fixée pour le départ était venue. La voiture était chargée ; les chevaux allaient être attelés ː Madame d'Arlincourt, dont le cœur battait d’espérance autant que de dévouement, se rend à la petite porte du parc à l'heure où devaient arriver la reine et l'héritier du trône. Personne ne s'y présente. Aucun message. Silence profond. Madame d'Arlincourt passe la nuit entière à prêter l'oreille aux moindres bruits ; et, appuyée contre le mur, à attendre sans voir venir. Ce fut une cruelle nuit ... Une nuit de frayeur et d'angoisses ǃ ...

Hélas ǃ la malheureuse reine de France, au moment de mettre à exécution son projet, ne s'en était plus senti le courage; elle avait consulté de nouveau ... La fuite du jeune prince allait compromettre, à n'en pouvoir douter, le roi et son auguste famille. Une foule de réflexion ébranlaient la résolution prise ... L'indécision s'était prolongée. La reine enfin avait changé d'avis. La fatalité l'emportait.[9] »

Vol des diamants de la Couronne de France[modifier | modifier le code]

Le vol des diamants de la Couronne qui se déroule (peut-être pas en septembre 1792 ? mais) les dimanche 5 et le lundi 6 août 1792, est a mettre en parallèle avec le don fait par Louis Adrien Prévost d'Arlincourt effectué au bénéfice de Louis XVI le même jour, (lire ci-dessous, le Testament de mort) et aussi, avec la préparation de l'insurrection du 10 août 1792 ː

« Enquête sur le vol des diamants de la Couronne.»

« DARLINCOURT, 23 frimaire 2e année (13 décembre 1793)

Le Comité arrête que perquisition exacte seront faites chez le nommé Darlincourt, à l'effet de découvrir six malles sorties du Garde-Meuble National le dimanche (5 août) et le lundi (6 août) qui ont précédé le (vendredi) 10 août 1792, appartenant au nommé (Baude) Pont-l'Abbé émigré, gendre de Thierry (de Ville-d'Avray) et conduites par le nommé Azélé son homme de confiance chez les Darlincourt; examen sera fait de ses papiers, et de ceux du d. Azélé, et les susnommés, et tout autres chez eux trouvés suspecte, conduite dans une maison d'arrêt pour y rester détenu par mesure de sûreté générale, les papiers trouvés suspects seront apportés au Comité, charge le citoyen Baillieux.

Les Représentants du peuple, membres du Comité de sûreté générale et de surveillance de la Convention nationale.

signé ː Dubarran, Louis du bas Rhin, Bayle, Vadier, Élie Lacoste, Lavicomterie[10],[11]

Arrêté avec tous les fermiers généraux[modifier | modifier le code]

Sur la proposition de Bourdon de l'Oise qui d'après Robespierre Il joint la perfidie à la fureur, et d'après Baudot Chez lui, entre la raison et la folie, il n'y avait qu'un cheveu[12], la Convention décrète le 4 frimaire an III (24 novembre 1793), l'arrestation des anciens fermiers généraux, intendants et receveurs généraux des finances. A partir du 25, Louis Adrien Prévost d'Arlincourt 49 ans, son cousin Etienne Marie de La Haye 36 ans, le chimiste Antoine Lavoisier 50 ans, en tout 34 fermiers généraux sont arrêtés.

Testament de mort[modifier | modifier le code]

Une lettre datée du 26 floréal an II (15 mai 1794) a été attribué à son père Charles. Les termes inscrit à la fin de la lettre ː « Mon fils aîné partagera les ressources avec ses frères », laisse à penser que la lettre est de Louis, car il est le seul à avoir trois fils. La date de la lettre doit être erronée ː

« Testament de mort fait quelques moments avant de monter à l'échafaud.

À Paris le 26 floréal an II de la République (15 mai 1794) (Louis a été guillotiné le 8 mai et son père Charles le 14 mai).

Je dois éclaircir ma famille sur l'état de ma fortune dans ce moment où je n'ai plus rien à espérer pour ma vie ǃ J'ai ruiné ma femme, mes enfants, mes créanciers pour fournir des secours à mon roi Louis seize. J'ai fait revenir mes fonds d'Angleterre et de Bruxelles.

Sur la demande que me fit ce monarque de lui prêter deux millions en Assignats, le 6 août 1792, je les lui apportai en présence de la Reine et de Monsieur (Arnauld) de La Porte (Intendant de la Liste civile). Ils m'en donnèrent le titre que j'ai brûlé. Leurs Majestés m'ayant assuré que cette lettre serait constatée par l'Empereur (d'Autriche) et le Roi d'Espagne. Toujours d'après les désirs du Roi, j'ai fourni cent mille écus aux deux princes ses frères (Provence et d'Artois) et deux cent mille écus romains à Mesdames ses tantes pour les faire vivre à Rome. J'ai cru remplir mon devoir en servant mon Roi et sa famille. J'espère que mon fils aîné (Charles Antoine 16 ans) partagera les ressources qu'il a avec ses frères (Charles Marie 7 ans et Charles-Victor 5 ans) jusqu'au moment où les princes pourront faire honneur à des dettes aussi sacrées pour eux. D'Arlincourt (Louis-Adrien Prévost)[13]. »

Il est guillotiné place de la Révolution le 8 mai 1794, à l'âge de cinquante ans, en même temps que 26 anciens fermiers généraux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de la Somme. Acte de naissance de Charles Adrien Prevost d'Arlincourt du 24 avril 1718 Doullens
  2. Acte de mariage du 22 avril 1743 paroisse St Denis d'Evreux
  3. Archives de la famille Dumangin
  4. Archives de la ville de Paris V2E/8125 Reconstitution des actes de l'état civil de Paris. Paroisse Saint-Roch à Paris 30 juin 1766. Autorisation de l'archevêque pour se marier dans la paroisse de Clamart
  5. Georges de Salverte, La famille Salverte et ses alliances, Paris, Plon, , 684 p. (lire en ligne), p. 660
  6. Archives Fromageot
  7. une religieuse, L'histoire de Mérantais et son histoire du moyen-âge à nos jours, Mérantais, (lire en ligne), p. 5 et annexe
  8. Prevost et Roman d'Amat, Dictionnaire de Biographie française : 2. ARLINCOURT (Louis-Adrien-Prévost D'), p. 645
  9. Vicomte d'Arlincourt, Les fiancés de la mort, Paris, Allouard et Kaeppelin, , p. V
  10. Olivier Blanc, « Enquête sur le vol des diamants de la couronne », Revue L'HISTOIRE, no 75,‎
  11. Archives Nationales Police F/7/4661 dos 3 3p DARLINCOURT
  12. Pierre Brasme, Dictionnaire des révolutionnaires français : François Louis Bourdon dit de l'Oise 1758-1798, Paris, CNRS Editions, , 507 p. (ISBN 978-2-271-08001-1), p. 50
  13. Olivier Blanc, La corruption sous la Terreur (1792-1794), Paris, Robert Laffont, , 238 p. (ISBN 2-221-06910-2), p. 24

Articles connexes[modifier | modifier le code]