Lipoprotéine(a)

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La lipoprotéine(a) (abrégé couramment en Lp(a)) est une lipoprotéine. Son gène, LPA, est situé sur le chromosome 6 humain.

L'augmentation de son taux est un facteur de risque de survenue d'une maladie cardio-vasculaire.

Structure[modifier | modifier le code]

La lipoprotéine(a) est constituée d'une particule LDL liée de manière covalente à une apolipoprotéine(a) (à ne pas confondre avec l'apolipoprotéine A). L'apoliprotéine(a) est proche structurellement de la plasmine sans activité fibrinolytique démontrée et sa taille est variable.

Génétique[modifier | modifier le code]

Son taux sanguin est fortement inversement corrélé au nombre de copies du gène LPA codant pour l'apolipoprotéine(a), situé sur le chromosome 6 humain, ce qui en fait l'un des facteurs génétiques les plus importants des maladies cardiovasculaires[1]. Ce taux ne semble pas être influencé par un régime ou par des facteurs environnementaux[2].

Rôle[modifier | modifier le code]

Il s'agit du transporteur principal des phospholipides oxydés[3], ces derniers intervenant dans la genèse de l'athérome[4]. En particulier, ils induisent une concentration de monocytes dans la paroi artérielle et stimulent la production locale de cytokines[5].

Son taux est corrélé avec une augmentation du risque vasculaire[6],[7]. L'augmentation de son taux comporte un facteur génétique[8]. Il existe également des arguments en faveur d'un rôle causal et non une simple association statistique[9].

Son taux ne semble pas être corrélé avec celui du LDL et semble inversement corrélé avec celui des triglycérides[10]. Ainsi un taux bas de LDL et un taux élevé de Lp(a) augmente le risque de survenue d'accidents cardiaques[11].

Une taille réduite de l'apolipoprétine(a) serait également corrélée avec une majoration du risque de survenue d'une maladie cardiaque[12].

Un variant du gène LPA est associé avec la présence de calcifications de la valve aortique[13] et le taux de lipoprotéine(a) est corrélé avec une progression plus rapide d'un rétrécissement aortique[14].

Cible thérapeutique[modifier | modifier le code]

Le taux sanguin souhaité doit être inférieur à 500mg/l, ce qui est le cas de 80% de la population générale[6].

La niacine réduit la concentration sanguine[15] en lipoprotéine(a), mais sans preuve de réduction du risque cardiaque. Les statines augmentent le taux de lp(a)[16]. l'évolocumab, un inhibiteur du PCSK9, diminue son taux[17].

Les techniques d'aphérèses permettent de baisser de façon importante le taux sanguins de Lp(a). Utilisées chez des patients avec un taux très élevé, elles entraînent la réduction du risque vasculaire[18] avec des arguments pour une régression de l'athérome[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kronenberg F, Utermann G, Lipoprotein(a): resurrected by genetics, J Intern Med, 2013;273:6–30
  2. Tsimikas S, Hall JL, Lipoprotein(a) as a potential causal genetic risk factor of cardiovascular disease: a rationale for increased efforts to understand its pathophysiology and develop targeted therapies, J Am Coll Cardiol, 2012;60:716–721
  3. Bergmark C, Dewan A, Orsoni A et al. A novel function of lipoprotein [a as a preferential carrier of oxidized phospholipids in human plasma], J Lipid Res, 2008;49:2230–2239
  4. Tsimikas S, Witztum JL, The role of oxidized phospholipids in mediating lipoprotein(a) atherogenicity, Curr Opin Lipidol, 2008;19:369–377
  5. van der Valk FM, Bekkering S, Kroon J et al. Oxidized phospholipids on Lipoprotein(a) elicit arterial wall inflammation and an inflammatory monocyte response in humans, Circulation, 2016;134:611-624
  6. a et b Nordestgaard BG, Chapman MJ, Ray K et al. Lipoprotein(a) as a cardiovascular risk factor: current status, Eur Heart J, 2010;31:2844-2853
  7. Danesh J, Collins R, Peto R, Lipoprotein(a) and coronary heart disease, Circulation, 2000;102:1082-1085
  8. Clarke R, Peden JF, Hopewell JC et al. Genetic variants associated with Lp(a) lipoprotein level and coronary disease, N Engl J Med, 2009;361:2518-2528
  9. Kamstrup PR, Lipoprotein(a) and ischemic heart disease—a causal association?, Atherosclerosis, 2010;211:15-23
  10. Jenner JL, Ordovas JM, Lamon-Fava S et al. Effects of age, sex, and menopausal status on plasma lipoprotein(a) levels, Circulation, 1993;87:1135-1141
  11. Khera AV, Everett BM, Caulfield MP et al. Lipoprotein(a) concentrations, Rosuvastatin therapy, and residual vascular risk: an analysis from the JUPITER Trial (Justification for the Use of Statins in Prevention: An Intervention Trial Evaluating Rosuvastatin), Circulation, 2014;129:635–642
  12. Rifai N, Ma J, Sacks FM et al. Apolipoprotein(a) size and lipoprotein(a) concentration and future risk of angina pectoris with evidence of severe coronary atherosclerosis in men: The Physicians' Health Study, Clin Chem, 2004;50:1364-1371
  13. Thanassoulis G, Campbell CY, Owens DS et al. Genetic associations with valvular calcification and aortic stenosis, N Engl J Med, 2013;368:503–512
  14. Capoulade R, Chan KL, Yeang C et al. Oxidized phospholipids, lipoprotein(a), and progression of calcific aortic valve stenosis, J Am Coll Cardiol, 2015;66:1236–1246
  15. Carlson LA, Hamsten A, Asplund A; Pronounced lowering of serum levels of lipoprotein Lp(a) in hyperlipidaemic subjects treated with nicotinic acid, J Intern Med, 1989;226:271-276
  16. Kostner GM, Gavish D, Leopold B, Bolzano K, Weintraub MS, Breslow JL, HMG CoA reductase inhibitors lower LDL cholesterol without reducing Lp(a) levels, Circulation, 1989;80:131–139
  17. Raal FJ, Giugliano RP, Sabatine MS et al. PCSK9 inhibition-mediated reduction in Lp(a) with evolocumab: an analysis of 10 clinical trials and the LDL receptor’s role, J Lipid Res, 2016;57:1086–1096
  18. Leebmann J, Roseler E, Julius U et al. Lipoprotein Apheresis in Patients with Maximally Tolerated Lipid Lowering Therapy, Lipoprotein(a)-Hyperlipoproteinemia and Progressive Cardiovascular Disease: Prospective Observational Multicenter Study, Circulation, 2013;128:2567–2576
  19. Safarova MS, Ezhov MV, Afanasieva OI et al. Effect of specific lipoprotein(a) apheresis on coronary atherosclerosis regression assessed by quantitative coronary angiography, Atheroscler Suppl, 2013;14:93–99