Leopold von Ranke

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Leopold von Ranke
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Historiographe de l'État prussien (d)
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BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Sophienkirche (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Famille
Ranke family (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Friedrich Heinrich Ranke (en)
Carl Ferdinand Ranke (en)
Ernst Ranke (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Otto von Ranke (d)
Fridhelm von Ranke (d)
Maximiliane von Ranke (d)
Albrecht von Ranke (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
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Religion
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Maître
Distinctions
Citoyen d'honneur de Berlin
Ordre bavarois de Maximilien pour la science et l'art ()
Ordre Pour le Mérite pour les sciences et arts (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Prononciation
Ehrengrab Große Hamburger Str 29 (Mitte) Leopold von Ranke.jpg
Vue de la sépulture.

Leopold von Ranke ( à Wiehe - à Berlin) est un historien prussien.

Famille[modifier | modifier le code]

Leopold von Ranke est le fils aîné de Gottlieb Israel Ranke (1762-1836), avocat et commissaire judiciaire des barons von Werthern (de) à Wiehe, et de son épouse Friederike Ranke, née Lehmicke (1776-1836). Il est le frère du théologien Friedrich Heinrich Ranke (de) (1798-1876), du directeur du lycée de Berlin Ferdinand Ranke (1802-1876), du conseiller d'État de Berlin Friedrich Wilhelm Ranke (1804-1871), du théologien Ernst Ranke (de) (1814-1888) et de Rosalie (1808-1870), qui épouse le directeur de Weißensee (Thuringe) Heinrich Daniel Schmidt. Ses neveux sont le physiologiste et anthropologue Johannes Ranke (de), le médecin Heinrich von Ranke (de), qui est également anobli en 1891, et le pasteur en chef Leopold Friedrich Ranke (de).

En 1843, Ranke épouse Helena Clarissa Graves (1808-1871), issue d'une vieille famille anglaise : la fille du magistrat en chef de la police de Dublin, John Crosby Graves (1776-1835) et d'Helena Perceval (1785-1835). Le couple Ranke a trois fils Otto (1844-1928), le général de division Friedhelm (de) (1847-1917) et Albrecht (1849-1850) et une fille Maximiliane (1846-1922). Le poète et écrivain britannique Robert Graves est un petit-neveu de Leopold von Ranke[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Saxe, Ranke est issu d'un milieu familial où la religion luthérienne joue un grand rôle. De fait, se destinant à l'état ecclésiastique, après des études secondaires à l'École régionale de Pforta, il poursuit, à Leipzig, des études de théologie et de philologie. Indifférent aux événements politiques de l'époque (dont les guerres d'indépendance contre les armées napoléoniennes), il renonce vite à son ministère, devient professeur de lycée, puis en 1825, obtient un poste à l’Université de Berlin.

L’inspiration religieuse imprime sa marque dans ses premiers travaux puisqu’à ses yeux il existe un lien fort entre Dieu et l’histoire de l'humanité, histoire qui ne peut donc être une suite chaotique d’événements sans liens entre eux. Cela dit, le but affiché de Ranke est d'atteindre la plus grande objectivité historique possible. C’est ce qu’il tente de démontrer dans sa première publication en 1824, Geschichte der romanischen und germanischen Völker 1494-1535. L'historien doit présenter « ce qui s'est réellement passé » (wie es eigentlich gewesen) sans juger ces faits et en s’interdisant d’en tirer des enseignements pour un futur hypothétique.

Relativement modéré, Ranke qui vit en Prusse, reconnaît volontiers qu’il accepte l'ordre social établi, par principe et sans états d’âme. Directeur d’une revue officielle, il tente, après 1830, de se tenir à distance à la fois des libéraux et des réactionnaires. Cependant, s’il soutient la politique de Frédéric-Guillaume IV appelé sur le trône de Prusse en 1840, il se désengage peu à peu de la politique et se consacre en priorité à ses travaux historiques.

Ranke a gagné la renommée internationale dès 1834 avec son livre Die römischen Päpste, ihre Kirche und ihr Staat. Cette célébrité s’accentue avec la publication de ses travaux sur l’histoire de l’Allemagne qui renouvellent totalement l’histoire ecclésiastique de son époque : Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation. L’intérêt de Ranke dépasse les limites de son pays. Il travaille sur l’histoire de la France et de la Grande-Bretagne aux XVIe et XVIIe siècles (1859-1868), non pour en brosser des tableaux historiques complets, mais pour insister sur la vigueur des courants intellectuels qui s’y sont développés.

Après 1871, le vieil historien s’écarte de plus en plus de la politique, même s’il se réjouit de l’unité allemande proclamée après la victoire sur la France. Cette solitude choisie lui permet de se consacrer à une Weltgeschichte (Histoire universelle) où les considérations nationales ou européennes ont peu de place. Il est l'un des correspondants de la reine Sophie des Pays-Bas.

Postérité : méthodologie et critique des sources[modifier | modifier le code]

Ranke reste encore aujourd'hui, en dépit de sa modestie affichée, un historien de premier ordre qui a influencé de manière fondamentale la science historique allemande et française. « L'histoire ne sera faite que des témoignages directs et des sources les plus authentiques. »[2]

Fondateur de la méthode moderne de l'enseignement universitaire, il eut une influence très forte sur l'historiographie occidentale. L'un explique l'autre : ses étudiants à l'Université de Berlin, devenus eux-mêmes historiens et enseignants, diffusèrent les idées et les techniques de leur maître.

Ranke a ainsi développé le système du séminaire, organisation de l'enseignement supérieur inaugurée en Allemagne au cours du XVIIIe siècle, où un professeur enseigne une matière à partir de ses propres travaux en cours à un groupe limité d'étudiants. Ce modèle a fortement influencé en France celui de l'École pratique des hautes études, fondée sous le Second Empire par Victor Duruy.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Geschichte der romanischen und germanischen Völker von 1494 bis 1514 (1824) (Histoire des peuples romans et germains) ; t. II : Zur Kritik neuerer Geschichtschreiber (Contribution à l'étude critique de quelques historiens modernes)
  • Fürsten und Völker von Süd-Europa im sechzehnten und siebzehnten Jahrhundert
  • Histoire de la révolution serbe (Die serbische Revolution) (1828)
  • Die römischen Päpste in den letzen vier Jahrhunderten, (1834-1836)
  • Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation (1845-1847)
  • Neun Bücher preußischer Geschichte (1847-1848)
  • Französische Geschichte, vornehmlich im sechzehnten und siebzehnten Jahrhundert (1852-1861)
  • Englische Geschichte, vornehmlich im sechzehnten und siebzehnten Jahrhundert (1859-1869)
  • Die deutschen Mächte und der Fürstenbund (1871-1872)
  • Ursprung und Beginn der Revolutionskriege 1791 und 1792 (1875)
  • Hardenberg und die Geschichte des preußischen Staates von 1793 bis 1813 (1877)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gesamtausgabe des Briefwechsels von Leopold von Ranke. Herausgegeben von der Historischen Kommission bei der Bayerischen Akademie der Wissenschaften durch Klaus Hildebrand. Band 1: 1813–1825. Herausgegeben und eingeleitet von Ulrich Muhlack (de) und Oliver Ramonat. Oldenbourg Wissenschaftsverlag, München 2007 (ISBN 978-3-486-58097-6)[3].
  • Helmut Berding: Leopold von Ranke. In: Hans-Ulrich Wehler (Hrsg.): Deutsche Historiker, Band 1. Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen 1971, S. 7–24.
  • (de) Alfred Dove, « Ranke, Leopold von », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 27, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 242-269
  • Wolfgang J. Mommsen (Hrsg.): Leopold von Ranke und die moderne Geschichtswissenschaft. Klett-Cotta, Stuttgart 1988 (ISBN 3-608-91472-2).
  • Ulrich Muhlack: Leopold Ranke, Rom und „Die Römischen Päpste“. In: Michael Matheus, Martin Wallraff (de) und Jörg Lauster (Hrsg.): Rombilder im deutschsprachigen Protestantismus. Begegnungen mit der Stadt im „langen 19. Jahrhundert“, Internationale Tagung organisiert vom Deutschen Historischen Institut in Zusammenarbeit mit der Philipps-Universität Marburg und dem Centro Filippo Melantone. Protestantisches Zentrum für ökumenische Studien Rom, Facoltà Valdese, Deutsches Historisches Institut in Rom 18.–21. Juni 2009, Tübingen 2011, S. 1–24.
  • Ulrich Muhlack: Leopold von Ranke (1795-1886). In: Lutz Raphael (de) (Hrsg.): Klassiker der Geschichtswissenschaft. Bd. 1: Von Edward Gibbon bis Marc Bloch, Beck, München 2006 (ISBN 978-3-406-54118-6), S. 38–63.
  • (de) Ulrich Muhlack, « Ranke, Franz Leopold von », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 21, Berlin 2003, Duncker & Humblot, p. 140–142 (original numérisé).
  • Leopold von Ranke. Vorträge anläßlich seines 100. Todestages. Gedenkfeier der Historischen Kommission bei der Bayerischen Akademie der Wissenschaften und der Stiftung Historisches Kolleg im Stifterverband für die Deutsche Wissenschaft am 12. Mai 1986 [darin Vorträge von Heinrich Lutz (de) und Rudolf Vierhaus], München 1987 (Digitalisat).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Richard Perceval Graves, The assault heroic. Papermac 1986. Stammbaum auf Seite x.
  2. Deutsche Geschichte im Zeitalter der Reformation, éd. 1925-1926 t. I, p. 6
  3. Der Hinweis von Günter Johannes Henz auf zahlreiche Fehler „veranlasste die Historische Kommission am 17. April 2008 dazu, die Auslieferung des Bandes vorsorglich auszusetzen, um die Beanstandungen durch unbeteiligte Dritte im Detail nachprüfen zu lassen. Das Ergebnis ... bestätigte die kritischen Einwände.“ Historische Kommission: Jahresbericht 2008, S. 48.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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