Laure de Berny

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Laure de Berny, née Louise Antoinette Laure Hinner à Versailles le et morte dans la maison de La Bouleaunière, à Grez-sur-Loing, près de Nemours le , était l’inspiratrice et amante d’Honoré de Balzac, pour lequel elle éprouvait un amour quasi maternel. Elle fut la première et, semble-t-il, la plus grande passion de l’écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Philippe Joseph Hinner « musicien ordinaire du Roy et de la chambre de la Reine », harpiste allemand venu de Wetzlar à la demande de la Cour de France, et de Marguerite Louise Amélie Guelpee de la Borde femme de chambre de Marie-Antoinette d'Autriche, elle est la filleule du roi et de la reine. Baptisée le lendemain de sa naissance ceux-ci se font représenter par Louis-Antoine-Sophie de Vignerot du Plessis (4e) duc de Richelieu et par Laure-Auguste de Fitz-James princesse de Chimay, Dame d'honneur de la Reine[1]. Elle connut les fastes et frivolités de la cour, puis les orages et les conspirations de la Révolution française.

En 1793, elle épousa à l’âge de quinze ans dix mois le comte Gabriel de Berny, jeune homme froid et réservé âgé de 24 ans[2], et dont elle eut neuf enfants. Entre 1799 et 1815, elle eut une liaison avec André Campi, bien introduit auprès de la famille de Napoléon et secrétaire de Lucien Bonaparte au ministère de l'Intérieur. Elle en eut une fille, Julie, née en 1804, et peut-être aussi plusieurs de ses autres enfants[3].

Durant l'hiver 1821-1822, alors qu'elle est établie à Villeparisis, où résidait la famille Balzac, elle fait la connaissance d'Honoré, qui est engagé pour donner des leçons aux filles de la maison. Le jeune homme de 22 ans s'éprend de cette petite femme de 1,55 m, brune, coquette, spirituelle et vive et était d'un an l'aînée de sa mère. Il lui adresse des lettres enflammées, dont on a conservé les brouillons[4]. Elle commence par résister, invoquant son âge, et lui propose d'épouser plutôt sa fille Julie. Balzac persévère et finit par la gagner un soir de mai 1822. Il décide de lui donner le prénom de Laure, comme sa sœur et sa mère, et parle d'elle en l'appelant la dilecta (bien-aimée).

Laure de Berny et Balzac[modifier | modifier le code]

Elle suivit chaque étape de sa carrière, le conseilla, lui apporta la tendresse que Balzac ne trouva jamais chez sa mère. Elle lui prête de l'argent à plusieurs reprises, notamment pour lancer une entreprise d'édition, puis pour acheter une imprimerie[5]. Son fils Alexandre Deberny[6] sauva de la faillite une partie de l’imprimerie de Balzac, dont il fit une entreprise florissante : la fonderie de caractères « Deberny et Peignot » qui allait durer jusqu’en 1970.

À la mort de Madame de Berny, Balzac désemparé écrivait :

« La personne que j’ai perdue était plus qu’une mère, plus qu’une amie, plus que toute créature peut être pour une autre. [...] Elle m’avait soutenu de parole, d’action, de dévouement pendant les grands orages. Si je vis, c’est par elle. Elle était tout pour moi[7], »

Elle servit de modèle à l’écrivain pour les personnages (entre autres) de Madame Firmiani, Madame de Mortsauf du Lys dans la vallée, et de Pauline de Louis Lambert.

Adaptation à l'écran[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • À propos du prénom Laure: Balzac et les Fitz-James, par Jean-Louis Déga, dans Le Courrier Balzacien, no 60, 3e trimestre 1995, p. 3-9.
  • Roger Pierrot, Honoré de Balzac, Paris, Fayard, (réimpr. 1999), 582 p. (ISBN 2-213-59228-4)
  • (en) Stefan Zweig (trad. Fernand Delmas), Balzac : Le roman de sa vie, Paris, Albin Michel, , 508 p. (ISBN 9782253139256)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Commune de Versailles, Registres paroissiaux et d'état civil. Commune Versailles. Paroisse Saint-Louis : Collection départementale. Cote 1112628, Actes B. Dates 1777-1777, Versailles, Archives départementales des Yvelines, , 90 folios – (98 vuesp. (lire en ligne), folio 36 (vue 42 gauche).
  2. Pierrot 1994, p. 112
  3. Pierrot 1994, p. 113-114
  4. Pierrot 1994, p. 115
  5. Zweig 1950, p. 94 et 98
  6. Il avait abandonné sa particule.
  7. Honoré de Balzac, Correspondance de H. de Balzac : 1819-1850. Avec un beau portrait gravé par Gustave Levy, vol. 1, Paris, Calmann-Lévy, , II-477, 468 p., 2 vol. ; in-12 (lire en ligne), chap. CLXXV (« Lettres à Louise, Paris (1836-1837) »), p. 371-372.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Portrait de Laure de Bernypar Henri-Nicholas Van Gorp conservé à l’Institut de France