La Chèvre de monsieur Seguin

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La Chèvre de monsieur Seguin est l'une des nouvelles des Lettres de mon moulin d'Alphonse Daudet. D'après Claude Gagnière, elle est clairement attribuée à son prête-plume, Paul Arène[1]. D'après Roger Ripoll, éditeur des œuvres de Daudet dans la Bibliothèque de la Pléiade, l'étendue de la collaboration de Paul Arène aux Lettres est impossible à déterminer[2].

Sous forme de lettre à un ami, Pierre Gringoire, c'est un apologue inspiré (d'après les dernières lignes du texte) d'une histoire populaire de Provence[3].

Résumé[modifier | modifier le code]

Pierre Gringoire, ami de Daudet, refuse la place de chroniqueur qu'on lui offre dans un journal parisien, et préfère rester libre de toutes contraintes. Son ami lui raconte alors l'histoire de la chèvre de monsieur Seguin. Ce dernier avait eu six chèvres, toutes mangées par le loup car elles étaient allées dans la montagne. Elle a même une aventure avec un jeune chamois à pelage noir : ils s'égarent « parmi le bois une heure ou deux ». Mais le soir tombe ; Blanquette entend la trompe de monsieur Seguin qui l'appelle, mais elle ne compte pas être de nouveau enfermée. Elle décide de rester dans la montagne, et se bat vaillamment contre le loup toute la nuit ; au lever du jour, Blanquette, épuisée par un combat inégal, finit par se laisser dévorer.

Analyse[modifier | modifier le code]

Elle est possiblement aussi inspirée de la 6e épigramme de Théocrite, Sur Thyrsis le chevrier pleurant une chèvre qu’un loup a dévorée : « Ô malheureux Thyrsis, que te sert-il de rougir tes yeux à force de larmes ? Elle s’en est allée, la petite chèvre ; elle s’en est allée dans l’Hadès, la belle petite, car un loup féroce l’a saisie avec ses griffes, tandis que les chiens aboyaient. Que te sert-il de pleurer, puisqu’il ne te reste d’elle ni un os ni même un peu de cendre ? »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Gagnière, Pour tout l'or des mots, p. 642 (ISBN 2-221-08255-9).
  2. Roger Ripoll, in Alphonse Daudet, Œuvres, tome 1, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1981, p. 1270
  3. « L'histoire que tu as entendue n'est pas un conte de mon imagination. Si jamais tu viens en Provence, nos ménagers te parleront souvent de la cabro de moussu Seguin, qui se battégue touto la neui emé lou loup. »

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