Léo-René Maranda

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Léo-René Maranda
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Biographie
Naissance
Décès
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FlorideVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Léo-René Maranda (né le à Montréal[1] et mort le (à 79 ans) à Hallandale en Floride[2],[3]) est un avocat criminaliste canadien (québécois).

Biographie[modifier | modifier le code]

Léo-René Maranda est né le [4] dans l'est de Montréal, l'aîné des deux enfants (Léo-René et Mariette) de René Maranda, propriétaire d'une entreprise de taxi, et d'Agathe Vary[4],[1]. Il étudie au Collège Notre-Dame puis à l'Université de Montréal[1].

Reçu avocat en 1957, il exerce son mandat d'abord en droit civil, pour des sociétés d'assurances ou des associations de taxi[1], puis en droit criminel dans plusieurs causes célèbres au Québec. Il est surtout connu pour avoir défendu, dans les années 1960, le passeur de drogues Lucien Rivard, le mafioso Vincent Cotroni, la voleuse de banques Monica Proietti, surnommée « Monica la mitraille »; puis, depuis les années 1970, des clients liés au clan mafieux montréalais des frères Dubois[5]; et, dans les années 2000, des individus (membres québécois des Hells Angels) accusés à la suite de l'« Opération Printemps 2001 », la première grande rafle antimotards visant à mettre fin à la guerre des motards au Québec[3].

Ironiquement, il est lui-même victime, en 1985, d'une accusation portée par la Gendarmerie royale du Canada quand des inconnus avaient introduit à son insu des stupéfiants (marijuana, hashish et cocaïne) dans sa résidence, dont il était absent depuis plus d'une semaine : son fils aîné, Me Jean-René Maranda, lui aussi avocat, le défendit et le fit acquitter[1],[6].

Léo-René Maranda est le lauréat honoré en 1988 par l'Association des avocats de la défense de Montréal, à leur première Soirée Reconnaissance[7],[8].

En 2003, la Cour suprême du Canada juge inconstitutionnel le mandat de perquisition obtenu et abusive son exécution, le 11 septembre 1996, par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au cabinet d'avocats de Me Léo-René Maranda[9],[10] — la GRC « soupçonnant C [[11]] d’être impliqué dans des opérations de blanchiment d’argent et de trafic de stupéfiants », la perquisition « visant tous les documents relatifs aux honoraires et débours facturés à C ainsi que ceux concernant la propriété d’une automobile que C aurait cédée à son avocat en paiement de services professionnels ».

Louis-Raymond Maranda, son deuxième fils, qui préside la Chambre des huissiers de justice du Québec, affirme[2] en janvier 2012 : « Il m'a dit récemment qu'il n'avait jamais voulu de confessions de ses clients parce que ça lui permettait de les défendre seulement avec la preuve[12]. […] À travers sa carrière, il a fait raffiner les méthodes d'enquête des policiers et les méthodes d'interrogatoire de la Couronne. Il a définitivement fait avancer le droit criminel au pays. »

Le juge à la retraite Bernard Grenier, entre autres, reconnaît à Me Léo-René Maranda « de remarquables capacités intellectuelles et un sens de l'humour aiguisé[3]. C'était, ajoute-t-il, un adversaire redoutable pour les procureurs de la Couronne[3]. Il était reconnu comme quelqu'un qui ne lâchait pas le morceau. Mais ils le respectaient. C'était un gars qui jouait selon les règles du jeu. […] Il était champion de la règle du doute raisonnable et du droit de l'accusé à une défense pleine et entière[3]. » — Le criminaliste Robert LaHaye corrobore ainsi[13] : « La communauté juridique se souviendra de lui comme d'un avocat tenace et extrêmement talentueux. Il avait toute l'étoffe d'un grand maître. »

Léo-René Maranda prend sa retraite en 2011, après 54 ans de pratique du droit. Il meurt à 79 ans, le , à sa résidence de Floride[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) Lisa Fitterman, « In defending high-profile mobsters, he didn't like to ask what really happened: Trial lawyer focused his energy on attacking the prosecution's case, which he believed was the best defence », dans The Globe and Mail, le 9 février 2012.
  2. a, b et c Ian Gauthier, « L'avocat Léo-René Maranda est mort », sur canoe.ca le 28 janvier 2012.
  3. a, b, c, d et e « Décès de l'avocat-criminaliste Léo-René Maranda », par la Société Radio-Canada, le 29 janvier 2012.
  4. a et b « Maranda, Léo-René (notice nécrologique) », dans La Presse, le 4 février 2012.
  5. Tel Alain Charron [1], frère de Serge : [2].
  6. (en) Lloyd Duhaime, « Montreal Lawyer Léo-René Maranda, R.I.P. : An Extraordinary Legacy », sur le site duhaime.org, le 12 février 2012.
  7. « Historique : Soirée Reconnaissance, lauréats (depuis 1988) », Association des avocats de la défense de Montréal.
  8. Parmi les lauréats suivants : en 1989 Michel Proulx (reçu avocat en 1963, devenu juge à la Cour d'appel du Québec en 1989)… en 1992 Gabriel Lapointe (reçu avocat en 1952)… en 2001 Antonio Lamer (reçu avocat en 1957, retraité en 2000 comme juge en chef de la Cour suprême)… en 2005 Bernard Grenier (juge retraité de la Cour du Québec depuis 2002, redevenu avocat en exercice)… en 2006 Robert La Haye (reçu avocat en 1970)…
  9. « Maranda c. Richer », dans Jugements de la Cour suprême du Canada sur csc.lexum.org — jugement du 14 novembre 2003.
  10. « La saisie et la perquisition étaient déraisonnables et abusives au sens de l’art. 8 de la Charte canadienne des droits et libertés en raison de la violation de l’obligation de minimisation et de l’absence de communication avec l’avocat. […] On n’avait ni allégué, ni établi qu’il n’existait pas d’autre solution raisonnable et que l’on ne pouvait se procurer les informations recherchées au moyen d’autres sources. […] L’exécution de la perquisition durant les heures de bureau, en raflant une quantité considérable de documents, ne respectait pas non plus le principe de minimisation compte tenu de la nature des informations recherchées. Enfin, aucun avis n’a été donné à l’appelant. Rien dans la demande d’autorisation ne justifie pourquoi cette communication ne devait ou ne pouvait avoir lieu. »
  11. C : un client du cabinet Maranda… — La Cour suprême, dans son jugement, veut le tenir anonyme dans sa synthèse, puisqu'il n'est pas visé (ni appelant, ni intimé, ni intervenant, ni mis en cause) par cet appel, même s'il est nommé (« Alain Charron », 16 fois) dans le détail du jugement comme dans le mandat de perquisition et dans la suite du dossier (dans la requête en certiorari accueillie par la Cour supérieure et annulant le mandat; dans le rejet de cette annulation par la Cour d’appel).
  12. Il s'agit de la preuve apportée uniquement par la poursuite, du contre-interrogatoire très serré, qu'il faisait, des témoins ou experts qu'elle présentait, des points de droit applicables et du plaidoyer qui découlait du tout. — Il savait faire ressortir toute faille dans la demande ou l'accusation ou dans la procédure ou dans les témoignages qui pourraient être peu sûrs, peu crédibles ou contradictoires, ou autrement inadmissibles ou insuffisants.
  13. « En bref : Le criminaliste Léo-René Maranda n'est plus », dans Le Devoir, par La Presse canadienne, le 30 janvier 2012.

Lien externe[modifier | modifier le code]