Karpathos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Karpathos
Κάρπαθος (el)
Pigadia, la ville principale de Karpathos
Pigadia, la ville principale de Karpathos
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Dodécanèse
Localisation Mer Égée et mer Méditerranée
Coordonnées 35° 35′ 00″ N, 27° 08′ 00″ E
Superficie 301,2 km2
Point culminant Kali-Limni (1 215 m)
Géologie Île continentale
Administration
Périphérie Égée-Méridionale
District régional Karpathos
Dème Karpathos
Démographie
Population 6 565 hab. (2001)
Densité 21,8 hab./km2
Plus grande ville Pigadia
Autres informations
Fuseau horaire UTC+2
Site officiel www.karpathos.org
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Karpathos
Karpathos
Îles en Grèce

Karpathos, en grec moderne : Κάρπαθος Kárpathos, est une île grecque, située entre la Crète et Rhodes, faisant partie de l'archipel du Dodécanèse et bordée au nord-ouest par la mer Égée et au sud-est par la mer Méditerranée.

Géographie[modifier | modifier le code]

Karpathos est située au sud-ouest de Rhodes. Longue de cinquante kilomètres, elle a entre six et dix kilomètres de large. La pointe septentrionale de l'île se trouve à 46 km à l'ouest-sud-ouest de l'Ákra Karávolas, sur la côte sud-ouest de Rhodes, tandis que 71 km séparent l'Ákra Ágios Theódoros, au sud-ouest de l'île, de l'Ákra Síderos, l'extrémité nord-est de la Crète. Par sa superficie, c'est la deuxième plus étendue du Dodécanèse. C'est une île montagneuse, comme la plupart des îles de la Méditerranée. Le massif escarpé du Kali-Limni (1 215 mètres) est, selon la mythologie, le lieu de naissance des Titans. Ce massif divise l'île en deux zones, l'une assez désertique et peu peuplée au nord et l'autre bien irriguée et à plus forte densité de population, au sud.

Karpathos forme un petit archipel avec deux îles proches : Saria séparée au nord par un détroit d'à peine 100 m et rattachée à la communauté d'Olympos et Kassos au sud-ouest située à environ 7 km.

La ville principale de Karpathos (également appelée Pigadia), sert également de port principal à l'île. Son nom antique est Potideo ou Posidio. Elle est construite sur le bord d'une plage sablonneuse de quatre kilomètres.

Karpathos bénéficie d'un climat méditerranéen sec avec des hivers très doux, la moyenne des températures minimales en janvier entre 2000 et 2006 était de 11,2 degrés Celsius[1]contre 9,2 degrés à Héraklion en Crète sur la même période[2], 9,0 °C à Paphos à Chypre[3]et il n'y a pas de gelée[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Au cours de la protohistoire, Karpathos appartenait à l'aire d'influence des civilisations minoenne et mycénienne ; l'étymologie suggérée est l'indo-européen karpa ou krapa « roche ». Karpathos est citée dans Iliade d'Homère (Catalogue des vaisseaux du deuxième chant, vers 676-680) sous le nom de Krapatho[5] : elle apporte avec Kos, Kalymnos, Nissiros, et Kassos, trente vaisseaux sous le commandement de Phidippe et Antiphos à l'armée des Argiens menée par Agamemnon et Achille. .

Elle est aussi citée par Apollonios de Rhodes, dans ses Argonautiques, comme escale entre la Libye et la Crète[6], par Virgile, Pline l'Ancien et Strabon. Dans la guerre du Péloponnèse, en 431 avant notre ère, Karpathos a été une alliée de Sparte. Trente ans plus tard, l'île est unie à Rhodes dont elle partage par la suite l'histoire antique, devenant romaine en 42 avant notre ère puis entrant, par la christianisation, dans la civilisation byzantine.

Habitants de Karpathos, début du XXe siècle (Fondation Ethnographique du Péloponnèse, Nauplie).

Parmi ses évêques, Olympios prit parti pour Nestorius, mais les autres restent orthodoxes, tels Zotikos (en 518), Mennas (en 553), Ioannis, Léon (en 787) ou Philippos (en 879). L'île subit les invasions sarrasines au VIIIe siècle et se dépeuple partiellement.

In 1306, Karpathos est conquise par le Vénitien André Cornaro[7], dont la descendance contrôle l'île jusqu'en 1538, lorsqu'elle en est chassée par les Ottomans[8]. Au XIVe siècle, Karpathos a un évêque catholique nommé Niccolo[9] et figure toujours comme archevêché de l'église catholique romaine de nos jours[10].

L'île se soulève pendant la Guerre d'indépendance grecque mais retombe sous la domination turque[11] ; en 1835 le sultan Mehmet II accorde aux habitants de payer l'impôt collectivement sous forme forfaitaire à la place du haraç (double capitation sur les non-musulmans)[11].

Le 12 avril 1912, la marine italienne occupe Karpathos, qui devient ensuite possession italienne jusqu'en 1946 avec le Dodécanèse[11]. Elle est occupée durant un an par le Royal Navy britannique, puis rejoint enfin la Grèce en 1947.

Administration[modifier | modifier le code]

L'île constitue une municipalité qui comprend aussi les îles de Saria et Chamili. Avant la réforme de 2010, l'île était divisée entre la municipalité de Karpathos au sud et la communauté d'Olympos au nord, qui comprend aussi l'île de Saria.

Économie[modifier | modifier le code]

Pauvre et sèche, l'île a toujours été un foyer d'émigration et de nombreux Karpathiotes ont de la famille aux États-Unis ; une partie sont revenus passer leur retraite dans l'île et y ont investi dans le tourisme.[réf. nécessaire]

Karpathos possède un aéroport (code AITA : AOK).

Culture[modifier | modifier le code]

À Pigadia se trouvent des vestiges de la basilique chrétienne d'Agia Fotini. Il existe environ 280 chapelles[réf. nécessaire] à Karpathos, dédicacées à différents saints.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. D'après weatheronline
  2. D'après weatheronline
  3. D'après weatheronline
  4. D'après weatheronline
  5. οἳ δ' ἄρα Νίσυρόν τ' εἶχον Κράπαθόν τε Κάσον τε
  6. Argonautique 4.1635-36
  7. Giorgio Ravegnani, s.v. Corner, Andrea in Dizionario Biografico degli Italiani vol.29, 1983 en ligne
  8. (it) L.V. Bertarelli, Guida d'Italia, Vol. XVII. Consociazione Turistica Italiana, Milano 1929, p. 137
  9. Pius Bonifacius Gams, Series episcoporum Ecclesiae Catholicae, Leipzig 1931, p. 449 et Konrad Eubel, Hierarchia Catholica Medii Aevi, vol. 1, p. 439
  10. Annuario Pontificio 2013 (Libreria Editrice Vaticana 2013 (ISBN 978-88-209-9070-1)), p. 859.
  11. a b et c Bertarelli, 137