Juan Sebastián Elcano

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Juan Sebastián Elcano
Elcano.jpg
Lithographie de 1854 représentant Juan Sebastián Elcano.
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signature de Juan Sebastián Elcano
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Juan Sebastián Elcano (Elkano ou del Cano), né en 1476 à Getaria et mort dans l'océan Pacifique le [1], est un explorateur et marin basque[2],[3],[4],[5] espagnol qui réalise la première circumnavigation du globe de 1519 à 1522, lors de l'expédition commandée à l'origine par Fernand de Magellan. Il revint à Séville avec les derniers survivants de l'expédition à bord de la Victoria.

« Véritablement ce capitaine Juan Sebastián Elcano est digne d'une éternelle mémoire, puisqu'il a été le premier à ceindre le monde, et que nul jusqu'alors, ni parmi les fameux Anciens, ni parmi les Modernes, ne peut lui être comparé », écrit, en 1601, le Grand Chroniqueur des Indes à la cour d'Espagne, Antonio de Herrera y Tordesillas[6].

Biographie[modifier | modifier le code]

Capitaine d'un navire marchand, Elcano a enfreint la loi castillane en remettant son bateau à des banquiers génois en paiement d'une dette. Cherchant à se faire pardonner par le roi Charles Ier (ou Charles Quint), il s'engagea comme officier subalterne dans l'expédition de Fernand de Magellan[7] qui partit en août 1519 pour, non pas faire le tour du monde, mais trouver un passage entre l'océan Atlantique et l'océan Pacifique, pour atteindre les îles aux épices, les Moluques. Pour résumer, atteindre ces régions par une route partant vers l'ouest.

Il prit part à « la mutinerie de Pâques » au port de San Julián (Argentine) le 1er avril 1520 mais fut épargné par Magellan ainsi que 39 hommes ayant participé à la mutinerie. La Victoria fut confiée à Barbosa et la Conception à Juan Serrano.

Lorsque Magellan fut tué par des autochtones dans l'île de Mactan, aux Philippines, le 27 avril 1521, Duarte Barbosa fut nommé capitaine-général et Juan Serrano, son second. Après le massacre du 1er mai 1521 à Cebu (26 membres de l'expédition tués, dont Barbosa et Serrano), la flotte appareille précipitamment et le , la Conception est incendiée, faute d'effectifs suffisants pour armer trois bateaux. João Lopes de Carvalho est élu capitaine-général jusqu’à sa destitution le , remplacé à ce poste par Gonçalo Gómez de Espinosa[8]. C'est seulement à cette date que Juan Sebastian Elcano devient capitaine de la Victoria qu'il mènera jusqu'à Séville, où il arrivera le . Le , Elcano découvrit l'île Amsterdam, au sud de l'océan Indien, mais ne la nomma pas.

Le , il arriva à Sanlúcar de Barrameda (en Andalousie) avec 18 survivants[9]) et 3 indigènes de Tidore dans les Moluques (sur 13 embarqués). Plus précisément, 242 hommes auront participé à l’expédition de Magellan : 237 au départ d’Espagne, puis 4 embarqués aux Canaries et un enfant, Juanillo, le fils métis du pilote João Lopes Carvalho, qui rejoint son père dans la baie de Rio de Janeiro le 20 décembre 1519. Sur ces 242 membres d’équipage, on comptera 91 rescapés : 55 revenus à Séville le 6 mai 1521 sur le San Antonio, navire qui avait déserté en octobre 1520 dans le détroit de Magellan, 18 survivants de retour sur la Victoria (bateau), 12 retenus au Cap-Vert et qui rentreront peu après à Séville, puis 5 survivants de la Trinidad (nef amirale) qui reviendront en Europe par divers moyens en 1525 et 1526, soit un total de 35 circumnavigateurs[10] [11] [12] [13],

L'empereur Charles Quint lui décerne des armoiries représentant un globe portant comme inscription « Primus circumdedisti mihi » (« Tu as été le premier à faire le tour pour moi ») et lui octroie une pension viagère de 500 ducats[1].

En 1526, Elcano fut le capitaine de l'un des sept vaisseaux de l'expédition commandée par García Jofre de Loaísa, visant à explorer les Indes orientales, afin d'affirmer les prétentions territoriales de la couronne espagnole. Elcano meurt en plein océan Pacifique le 4 août 1526 quelques jours après Loyasa, « vaincu par les intempéries et la maladie[1] ».

Cartographie de la circumnavigation de Fernand de Magellan et de Juan Sebastián Elcano.

Navire[modifier | modifier le code]

En son honneur, une goélette à hunier espagnole est nommée Juan Sebastián de Elcano, elle sert de voilier école pour l'armada espagnole.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Entrée « Juan Sebastián Elkano », index biographique dans Xavier de Castro (dir), Le voyage de Magellan (1519-1522), Chandeigne, 2007, p. 489.
  2. Ramón Zallo, Les basques, aujourd'hui : culture, histoire et société à l'ère de la diversité et de la connaissance [« El pueblo vasco, hoy »], Irun, Alberdania, coll. « Ensayo, 33. », , 318 p. (ISBN 9788496643581 et 8496643581, OCLC 434506467), p. 281.
  3. (en) Mark Kurlansky, The Basque History Of The World : The Story of a Nation, Toronto, Vintage Canada, (1re éd. 1991), 387 p. (ISBN 0140298517, 0802713491 et 9780802713490, OCLC 41076438), p. 63.
  4. Manex Goyhenetche, Histoire générale du Pays basque III : Évolution économique et sociale du XVIe au XVIIIe siècle, t. 3, Donostia / Bayonne, Elkarlanean, , 411 p. (ISBN 8483317443 et 9788483317440, OCLC 466971263), p. 399.
  5. (en) Julio Caro Baroja (trad. Kristin Addis, préf. William A. Douglass), The Basques [« Los vascos »], University of Nevada, Reno, Center for Basque Studies, coll. « Basque classics series, no. 5. », , 483 p. (ISBN 9781877802928 et 1877802921, OCLC 463675519), p. 179.
  6. Historia general de loc hechos de los Castellanos en las islas y tierra firme del mar océano dans Xavier de Castro (dir., nom de plume de Michel Chandeigne) en collaboration avec Jocelyne Hamon et Luís Filipe Thomaz, Le voyage de Magellan (1519-1522), Chandeigne, 2007, p. 1005. Traduction de Jocelyne Hamon.
  7. (en) « Biography of Juan Sebastián Elcano, Magellan's Replacement », sur ThoughtCo (consulté le 14 septembre 2020).
  8. Xavier de Castro, Le voyage de Magellan 1519-1522, la relation d’Antonio Pigafetta du premier tour du monde, Paris, Chandeigne, coll. « Magellane-poche », , 2e éd., 352 p. (ISBN 978-2-367-32125-7), p. 50
  9. (es) Martín Fernández de Navarrete, Expediciones al Maluco, viage de Magallanes y de Elcano, Madrid, Imprenta Nacional, (lire en ligne), p. 11-12.
  10. Castro et al. 2010, p. 477-478, 481-514.
  11. Castro 2017, p. 6-7, 299-339.
  12. Castro et Duviols 2019, p. 231-233.
  13. Garcia 2019, p. 155, 158-186.

Liens externes[modifier | modifier le code]