Joseph Gueguen

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Joseph Gueguen
Naissance
Morlaix
Décès
Cocagne
Nationalité Français puis britannique
Pays de résidence Drapeau de la France France, Drapeau de la Nouvelle-Écosse Nouvelle-Écosse et Drapeau du Nouveau-Brunswick Nouveau-Brunswick
Profession
Domestique, secrétaire, interprète, traducteur, marchand et juge de paix
Famille
Jean Manach (frère)
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Joseph Gueguen (né le à Morlaix, mort le à Cocagne), était un domestique, secrétaire, interprète, traducteur, marchand et juge de paix acadien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joseph Gueguen naît le à Morlaix, en France[1]. Il est le fils de Jacques Gueguen et d’Anne Hamonez[1].

Il émigre en Acadie en avril 1753, sur le même bateau que Jean-Louis Le Loutre[1]. Il devient ensuite domestique et secrétaire de son demi-frère Jean Manach et le suit dans ses voyages, où il apprend la langue micmacque[1].

En 1755, il s'échappe à l'île Saint-Jean, de nos jours l'Île-du-Prince-Édouard, au début Déportation des Acadiens, avant de prendre un bateau vers Québec[1]. Il entre vraisemblablement au Petit Séminaire, où il étudie jusqu'en 1758[1]. Il retourne en Acadie la même année, à la baie du Vin, mais doit se réfugier à l'île Boishébert, où les conditions de vie sont très mauvaises[1]. En 1759, le vicaire général Pierre Maillard propose aux réfugiés de se soumettre aux Britanniques; Joseph Gueguen, avec d'autres Acadiens, se rend en janvier 1760 aux fort Beauséjour mais sont emprisonnés sur le champ[1]. Il est toutefois nommé traducteur, interprète et responsable de la distribution des vivres[1]. Il remplit aussi certaines fonctions religieuses en l'absence des missionnaires[1]. En septembre de la même année, il épouse Anne Arseneault; le couple aura six enfants[1]. En 1765, il est toujours emprisonné mais il refuse de signer un serment d'allégeance à la couronne britannique[1]. Il se réfugie à Saint-Pierre-et-Miquelon à la fin de l'année, en compagnie de nombreux Acadiens; ils sont toutefois chassés du territoire en 1767[1]. Il achète un bateau à voile avec son beau-père et ils arrivent à Halifax en octobre; il se rend à Cocagne le mois suivant, ayant obtenu la permission de s'y établir[1]. Il est par ailleurs l'un des fondateurs du village[1].

Il fonde un comptoir de traite de la fourrure, qui comprend rapidement un magasin, un entrepôt, une grange, un quai et une terre de 472 acres ; il est le seul acadien à faire ce commerce à une si grande échelle et il est même vraisemblablement le marchand le plus prospère de l'Acadie entre 1770 et 1790[1]. Il possède aussi une goélette pour la pêche à la morue, dont il fait aussi le commerce[1]. Il semble avoir des problèmes avec les Micmacs, qui ne lui ont toujours pas remboursé 5 709 livres en 1818, plus de 18 ans après une vente[1].

Son épouse meurt en 1768, lui laissant quatre enfants à charge, et il se remarie avec la veuve Marie Quessy, qui lui donne trois enfants[1]. Le couple se chicane souvent et Marie s'enfuit avec ses enfants ; elle affirme à un juge de paix avoir pensé le tuer à plusieurs reprises[1]. Joseph tente d'obtenir le divorce, sans succès[1].

Lorsque la révolution américaine éclate en 1775, Joseph Gueguen s'affiche comme neutre[1]. C'est d'ailleurs sur sa propriété qu'à probablement lieu la rencontre entre le rebelle John Allan et les chefs micmacs de la Nouvelle-Écosse en 1776 ; il fait office d'interprète mais leur propose de rester neutre et de ne pas attaquer les Britanniques, un avis qu'ils respectent[1]. Sa position déplait aux rebelles, qui lui volent de l'argent, une goélette et des marchandises en 1778[1].

Il fait partie, tout comme Otho Robichaud et Alexis Landry, du conseil des patriarches, une sorte de gouvernement parallèle entre 1784 et 1810, et essaie de résister à l'oppression des britanniques et de défendre les intérêts des Acadiens[1]. Il devient juge de paix en 1794, en plus d'être notaire, arpenteur et prêtre suppléant[1]. Il possède une importante bibliothèque, léguée en grande partie par Jean Manach ; les prêtres l'accusent d'ailleurs de posséder des « livres dangereux » et d'influencer la population[1]. Il rédige des manuscrits en français et en micmac en se basant sur les travaux linguistiques de Pierre Maillard[1].

En 1807, un an après la mort de Marie Quessy, il épouse la veuve Nanette Surette, qui lui donne quatre enfants[1].

Il meurt le à Cocagne ; il est surnommé le « Docteur », le « savant » ou « sieur Joseph Guéguen, écuyer »[1].

Culture[modifier | modifier le code]

Joseph Gueguen est mentionné dans le recueil de poésie La terre tressée, de Claude Le Bouthillier[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac et ad Régis S. Brun, « Gueguen (Goguen), Joseph », sur Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Université de Toronto/Université Laval, (consulté le 26 mai 2011)
  2. Claude Le Bouthillier, La terre tressée : poésie, Tracadie-Sheila, La Grande Marrée, , 109 p. (ISBN 978-2-349-72276-8), p. 49

Liens externes[modifier | modifier le code]