John Serry Jr.

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Ne pas confondre avec son père John Serry Sr., accordéoniste, organiste et compositeur
John Serry Jr.
John Serry Jr. in Palermo, Italy, 2015.jpg
John Serry Jr. en 2015.
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Giovanni Serrapica Jr.
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John Serry Jr. (né à New York), est un pianiste et compositeur de jazz, ainsi que le compositeur d'œuvres de musique classique contemporaine pour percussions [1],[2],[3],[4]. Il s'est fait connaître du public avec ses albums Exhibition (1979), nominé aux Grammy Awards[5],[6], Jazziz (1980), Enchantress (1996) et The Shift (2013) chacun salué par la critique. En 2017, il réexplore plusieurs de ses compositions aux côtés de quelques morceaux inédits dans son cinquième album : Disquisition[7].

Musicien aguerri formé à la Eastman School of Music, John Serry joue du piano, du clavier et des percussions. En tant que tel, il a notamment travaillé sur des concerts de musique classique et sur des comédies musicales de Broadway en plus d'interpréter ses propres compositions.

Il vit depuis 2004 en Europe où il joue régulièrement à l'occasion de festivals ou dans des clubs de jazz. Son père est le célèbre accordéoniste/compositeur italien-américain John Serry Sr. [8],[9],[10],[11],[12],[13],[14] ,[15],[16].

Formation et premiers concerts[modifier | modifier le code]

Fils de l'accordéoniste d'origine italo-américaine John Serry, John Serry Jr. apprend très jeune le accordéon (à l'âge de quatre ans avec son père jusqu'à l'âge de onze ans) et piano et les percussions et étudie dès son adolescence avec le percussionniste renommé Gordon Gottlieb à Juilliard [17],[18],[19]. Durant l'été 1973, il interprète le Concerto pour percussion de Darius Milhaud et, lors d'une tournée européenne avec le Long Island Youth Orchestra, le Concertino pour marimba de Paul Creston. Deux ans plus tard, alors qu'il étudie à la Eastman School of Music, le jury du Notre Dame Jazz Festival, composé notamment de Sonny Rollins et Jack DeJohnette[20], lui décerne les prix du meilleur pianiste, meilleur compositeur-arrangeur (combo) et, avec le groupe Auracle (alors appelé Inner Vision), le prix du meilleur combo.

Les débuts à Los Angeles[modifier | modifier le code]

Premiers albums : Exhibition et Jazziz[modifier | modifier le code]

De 1976 à 1987, John Serry vit à Los Angeles. Auracle signe alors chez Chrysalis Records et enregistre Glider (1978)[21], coproduit par le producteur de Miles Davis, Teo Macero. Au piano et au clavier sur l'ensemble de l'album, John Serry compose quatre morceaux. La même année, le groupe joue au Montreux Jazz Festival.

Le premier album solo de John Serry, Exhibition reçoit une nomination aux Grammy Awards (Meilleur arrangement instrumental) pour sa composition Sabotage. Il rassemble alors des musiciens aussi réputés que le batteur Carlos Vega, les bassistes Jimmy Johnson et Gordon Johnson, le saxophoniste Bob Sheppard, le guitariste Barry Finnerty et son ancien professeur Gordon Gottlieb aux percussions.

Son deuxième album, Jazziz, réalisé avec le même groupe que le précédent à la différence de Michael Sembello (guitare) et de Peter Erskine à la batterie, en plus de Carlos Vega, est un succès critique. Il reçoit notamment quatre étoiles de la part du magazine Downbeat Magazine et inspire son titre au magazine Jazziz lancé en 1983 par l'éditeur Michael Fagien[21].

Musique classique contemporaine[modifier | modifier le code]

En 1979, le soliste de marimba Leigh Howard Stevens lui commande une œuvre pour marimba[22]. Le résultat, Rhapsody for Marimba (aka Night Rhapsody), est créé par Leigh Howard Stevens cette année-là au Town Hall de New York. Tandis que la partition est éditée par Marimba Productions en 1980, les premières œuvres classiques de John Serry entrent la même année dans le catalogue Studio 4 : Conversations for Timpani Duo et Duet for Percussion and Keyboards, suivies plus tard par Therapy (pour soliste percussion multiple, 1988). Leigh Howard Stevens lui commandera ensuite le Concerto for Marimba and Wind Ensemble (1987) créé au Kennedy Center, à Washington D.C., avec le Madison University Wind Ensemble et Leigh Howard Stevens comme soliste. En 1985, John Serry est chargé par le percussionniste soliste Steve Houghton de composer le Concerto for Percussion Brass and Percussion (Concerto pour cuivres et percussions) créé en 1985 lors de la Convention internationale de la Percussive Arts Society (PAS). Il reçoit pour cela le troisième prix de la compétition annuelle de la PAS. En 2009, un consortium international de solistes de marimba, organisé par Ji Hye Jung, lui commandera une nouvelle œuvre solo pour marimba. Le résultat, Groundlines, est créé par Ji Hye Jung lors de la Convention internationale de la PAS de 2010[23].

En 1986, il révise Intrusions, une partition pour 10 percussionnistes, pour une représentation au Aspen Music Festival dirigée par Jonathan Haas. L'œuvre est également jouée au Alice Tully Hall du Lincoln Center for the Performing Arts, à New York, par le Juilliard Percussion Ensemble sous la direction de Roland Kohloff, deux ans plus tard.

En tant que musicien, il est percussionniste principal sur la Sonate pour deux pianos et percussion de Bartók jouée par California Chamber Symphony, à Los Angeles, en 1985, avec Gordon Gottlieb et les pianistes John et Antoinette Perry. Durant cette période, John Serry joue également comme pianiste et dirige son groupe sur ses compositions dans de nombreux clubs de jazz, dont The Light House, Donte's, The Baked Potato, Carmello's et le Laguna Beach Jazz Festival. Le critique de jazz Leonard Feather écrit dans le Los Angeles Times que venir écouter John Serry est « recommandé sans réserve ».

En 1988, il arrange plusieurs œuvres de Giovanni Gabrieli pour Canadian Brass, notamment pour leur album Gabrieli / Monteverdi (1989 Sony / CBS)[21].

Audiovisuel[modifier | modifier le code]

À Los Angeles, John Serry joue du piano et du clavier pour des bandes-son de films (par exemple, The Stunt Man, Vegas). De 1981 à 1987, il compose pour de nombreux films documentaires et d'entreprise, produits pour la plupart par Armand Hammer Productions et plusieurs fois lauréats des prix Cine Golden Eagle (par exemple, From the Garden of the Middle Kingdom, 1982)[24]. En 1983, il est en tournée aux États-Unis en tant que pianiste avec le quintette de Doc Severinsen, Xebron. De 1983 à 1985, il compose la musique pour les vidéos des pièces de Shakespeare produites par Bard Productions, The Tempest (avec Efrem Zimbalist II), Othello (avec William Marshall[Lequel ?] et Jenny Agutter) et Antony and Cleopatra (avec Lynn Redgrave et Timothy Dalton)[25].

Période new-yorkaise[modifier | modifier le code]

Enchantress[modifier | modifier le code]

John Serry retourne à New York en 1991. Il y reçoit le Grand Prix du concours Keyboards on Fire organisé par le magazine Jazziz en 1995 (le jury compte Dave Brubeck et Bob James) avant d'enregistrer son troisième album[21]. Réalisé avec le batteur John Riley, les saxophonistes Gerry Niewood et Ralph Bowen et le bassiste Tom Brigandi, Enchantress reçoit un accueil critique très favorable. Downbeat Magazine et Jazz Times[26] saluent autant son sens de la mélodie et ses idées que sa technique tandis que Jim Aikin se réjouit dans Keyboard de son originalité confirmée par ce troisième album.

Entre Broadway et les clubs de jazz[modifier | modifier le code]

À New-York, il rejoint le monde de Broadway comme pianiste, claviériste et percussionniste. Il travaille alors sur des spectacles comme Saturday Night Fever ou Cats au Radio City Music Hall, ou encore Les Misérables. Plus tard, dans les années 2000, il participe aux tournées européennes de Fame, Grease et de Saturday Night Fever. Il est également directeur musical et pianiste sur la comédie musicale Swing, basée la musique de Duke Ellington et de Glenn Miller, entre autres, produite par Gateway Playhouse[23]. Par ailleurs, il poursuit sa carrière de musicien classique. En 1992, il est aux percussions sur Les noces de Stravinsky joué au Lincoln Center et dirigé par Robert Craft puis enregistré sous le label Musicmasters[21].

Durant cette période, il joue aussi avec son quatuor dans de nombreux clubs de jazz dont The Blue Note, Birdland, Visiones, Steinway Hall et d'autres. Ses groupes incluent des musiciens aussi variés que les batteurs John Riley et Marvin « Smitty » Smith, les saxophonistes Gerry Niewood, Ralph Bowen et Ted Nash, les bassistes Anthony Jackson et Tom Brigandi et le percussionniste Gordon Gottlieb.

Période européenne[modifier | modifier le code]

Londres : The Shift[modifier | modifier le code]

En 2004, John Serry déménage à Londres où il forme un quatuor avec le saxophoniste Dave O'Higgins, Mark Mondesir à la batterie, Sam Burgess et Mike Mondesir, respectivement à la basse acoustique et à la basse électrique. Le groupe se produit plusieurs fois au 606 Club, à Chelsea, et dans d'autres lieux. En 2006, ils enregistrent l'album The Shift, mais ce n'est qu'en 2013 que celui-ci est édité, par SPCo Records après un remix à Bologne, en Italie. La réception critique est bonne. Le site All Jazz Sax écrit : «The Shift affirme que Serry est un excellent musicien et compositeur d'un jazz dense et direct »[27].

En tant que musicien, il donne un concert de piano solo et duo à Covent Garden (Floral Hall) avec le pianiste Julian Joseph en 2005, diffusé par BBC Radio 3 dans l'émission Jazz Legends Live. Au piano, il joue aussi avec Patti Austin et BBC Big Band (à Venise, en Italie), en tournée en Europe avec Kyle Eastwood et avec The 606 Big Band à Londres.

Espagne, République tchèque, Italie[modifier | modifier le code]

En 2006, John Serry s'installe à Valence, en Espagne, où il travaille sur un livre et donne quelques concerts, notamment au Conservatorio de Musica Josep Climent. Plus tard, il se rend à Prague pour jouer ses compositions avec un groupe de musiciens tchèques rassemblés par le guitariste Adam Tvrdy. Il se produit dans plusieurs clubs de jazz et salles de concert dont à Reduta, à Agharta et dans différentes villes tchèques.

Depuis 2009, il joue dans toute l'Italie, principalement à Bologne et en Émilie-Romagne, où son trio se compose du batteur Bruno Farinelli et du bassiste Paolo Ghetti. Ils réinterprètent ensemble ses compositions en y apportant différentes variations, ce qui fait l'objet d'un cinquième album, Disquisition, sorti en décembre 2017[7]. Le morceau éponyme, inédit, est joué le 16 décembre sur BBC Radio 3 lors de l'émission Jazz Line-Up[28].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

De 1988 à 1991, John Serry enseigne la musique et le jazz à l'Université de Caroline du Sud[23]. Durant cette période, il révise le programme des bachelors et des masters spécialité Jazz, forme et dirige des concerts d'orchestre de jazz et produit des festivals avec des artistes invités comme Marian McPartland, Bill Watrous ou Bob Sheppard, entre autres.

Par ailleurs, il a donné des cours, des séminaires, des masterclasses et des ateliers et entraîné des ensembles dans plusieurs écoles de musique et institutions comme Juilliard, l'université de New York, la Royal Academy of Music de Londres, l'université du Wisconsin-Whitewater, l'université d'État de Wichita, l'université de Cardiff, au Musicians Institute, à Los Angeles, ou encore à la Music Academy 2000, à Bologne.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • 1979 : Exhibition (Chrysalis Records)
  • 1980 : Jazziz (Chrysalis Records)
  • 1996 : Enchantress (Telarc)
  • 2013 : The Shift (SPCo Records)
  • 2017 : Disquisition (SPCo Records)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Serry, John – Jazz.com | Jazz Music – Jazz Artists – Jazz News », (consulté en 2017-09-02 le nom de famille est serrapica, le père est john serry sr)
  2. (en)The Billboard 26 août 1978 p. 16 John Serry Jr. - Photographie de John Serry Jr. - membre de l'ensemble de jazz Auracle au Festival de Montreux 1978
  3. (en) Allegro - Associated Musicians of Greater New York nécrologie pour John Serry Sr. - Son fils est identifié comme étant John Serry Jr., 1er janvier 2004
  4. (en)Deomocrate and Chronicle 7 juillet 1978 p. 13 John Serry Jr. et son père John Serry instructeur de piano et accordéon sur democrateandchronicle.newspapers.com
  5. « Grammy Award Nominees 1980 - Grammy Award Winners 1980 », sur www.awardsandshows.com (consulté le 28 août 2017)
  6. « Serry, John – Jazz.com | Jazz Music – Jazz Artists – Jazz News », (consulté le 2 septembre 2017)
  7. a et b ♫ Disquisition - John Serry. Listen @cdbaby (lire en ligne)
  8. (en) Allegro - Associated Musicians of Greater New York nécrologie pour John Serry Sr., 1er janvier 2004
  9. (en) Grant, Andrew Media Sound & Culture in Latin America, éditeurs - Bronfman, Alejanda & Wood, University of Pittsburg Press, PA, USA, 2012, P. 48-49 (ISBN 978-0-8229-6187-1)
  10. (en) Jacobson, Marion Squeeze This: A Cultural History of the Accordion in America, Chicago, University of Illinois Press, 2012 p. 61 (ISBN 978-0-252-03675-0)
  11. (en) Settel, Irving. A Pictorial History of Radio Grosset & Dunlap, New York, USA 1060 & 1067 P. 146 Library Of Congress # 67-23789
  12. (en) Rust, Brian. The American Dance Band Discography 1917-1942 Vol. 1. Arlington House Publishers, New Rochelle, New York 1975 P. 516-517 (ISBN 0-87000-248-1) John Serry dans The American Dance Band Discography Vol. 1, p. 516-517 sur books.google.com
  13. (en) The Billboard's Music Popularity Charts — Reviews & Ratings of New Popular Albums- "Squeeze Play", November 1956, p. 22.
  14. The Billboard- Reviews and Ratings of New Popular Albums - Squeeze Play P. 22 sur books.google.com.
  15. (en)The Cash Box, Album Reviews - Squeeze Play, Cash Box Publishing Co., New York, USA, 8 décembre 1956, p.38 Revue de l'album "Squeeze Play" dans Cash Box Magazine, sur americanradiohistory.com
  16. (en) Critique d'une performance de Marianne Lorraine et John Serry(père) dans The Players Magazine - Revue Nationale de Dramaturgie Educative, Volume du livre 18-19, p. 25, 1941 sur books.google.com
  17. (en)Deomocrate and Chronicle 7 juillet 1978 p. 13 John Serry Jr. et l'accordéon à quatre ans sur democrateandchronicle.newspapers.com
  18. (en)Deomocrate and Chronicle 20 juin 1979 p. 31 Le père de Serry Jr. est John Serry - accordéoniste professionnel avec Shep Fields Big Band dans les années trente sur democrateandchronicle.newspapers.com
  19. (en)Interview with John Serry: Can Jazz be a creative progressive art form? 2 juillet 2018 - John Serry Jr. étudie l'accordéon avec son père John Serry jusqu'à l'âge de onze ans sur jazzbluesnews.space
  20. « Archives of the University of Notre Dame :: Collegiate Jazz Festival Programs », sur archives.nd.edu (consulté le 28 août 2017)
  21. a b c d et e (en) John Serry biography sur AllMusic
  22. (en) Russell Hartenberger, The Cambridge Companion to Percussion, Cambridge University Press, (ISBN 9781107093454, lire en ligne)
  23. a b et c « Serry, John » (version du 31 août 2012 sur l'Internet Archive)
  24. (en-US) « Login | CINE », CINE,‎ (lire en ligne, consulté le 2 septembre 2017)
  25. « John Serry », sur IMDb (consulté le 28 août 2017)
  26. (en-US) « John Serry: Enchantress - JazzTimes », JazzTimes, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne, consulté le 28 août 2017)
  27. « Review: The Shift - John Serry », sur www.alljazzsax.com (consulté le 3 septembre 2017)
  28. « Charles Lloyd Quartet, Jazz Line-Up - BBC Radio 3 », sur BBC (consulté le 29 décembre 2017)