Joan March Ordinas

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Joan March Ordinas
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Joan March Ordinas
Fonction
Membre du Congrès des députés
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités

Joan March Ordinas, né à Santa Margalida, Majorque le d'une famille catalane et mort à Madrid, le , était un contrebandier, devenue homme politique et banquier espagnol. Il fut sans doute l'homme le plus riche d'Espagne de l'avant-guerre civile[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Au village campagnard de Santa Margalida, dans la plaine de Majorque, sa famille vit des travaux agricoles, notamment de l'élevage de porcs.

Au collège franciscain de Pont d'Inca, il se révèle un élève médiocre.

Le talent de la négociation et l'absence de tout scrupule dans les affaires lui seraient venus dès l'enfance.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1906 Joan March commença des activités de contrebande avec le tabac. Il investit dans une fabrique en Algérie, puis obtient, en 1911, le « monopole » de cette contrebande au Maroc. Il développe ce commerce clandestin avec l'Espagne, notamment entre l'Algérie et la région de Valence.

Il investit également dans la production d'électricité ainsi que dans les transports[1], aux Baléares.

Ils créent des réseaux, qui lui permettent l'approvisionnement des alliés, anglais comme allemands, durant la Première Guerre mondiale, à partir de navires circulant en méditerranée. En 1916, il fonde la compagnie maritime Trasmediterranea.

Il est accusé du meurtre d'un rival, Rafael Garau, la même année 1916, sans être inquiété.

Il crée en 1926 la banque March (Banca March) à Palma, à Mallorque, son île natale.

IIe république espagnole[modifier | modifier le code]

Lors du directoire de Miguel Primo de Rivera, la Compagnie espagnole des pétroles, possédant des concessions au Venezuela et une raffinerie importante aux îles Canaries, ne peut plus alimenter ni sa raffinerie, ni l’Espagne, les bateaux-citernes refusant de charger son carburant vénézuélien suite aux manœuvres de boycott de la Standard Oil, de la Royal Dutch et de la Shell s'opposant au monopole espagnol de la compagnie. La situation financière de cette Compagnie espagnole des pétroles devient tragique au point qu’elle sollicite une avance de cent millions à Joan March qui demanda en garantie les actions de la compagnie. Il transfère ensuite ces titres aux pétroliers anglais de la Shell[2]. Toujours durant le directoire, il se voit officiellement accorder le monopole de la distribution du tabac au Maroc espagnol[3].

Ayant été par le passé sympathisant des idées républicaines[1], il est élu député du parti Izquierda Liberal aux Cortes de la Seconde République espagnole.

En 1921, il lance le quotidien El Dia, qui paraîtra jusqu'en 1939, pour diffuser ses idées.

La seconde république espagnole s'installe en 1931 ; elle pourchasse les activités de Joan March. Accusé de fraude, le voici emprisonné en 1932 à Madrid, puis en 1933 à Alcala ; grâce à des complicités il organise son évasion, qui fit sensation[1]. Filant par Gibraltar, il se réfugie à Paris.

Il semblerait qu'il ait utilisé sa fortune (estimée à près de 20 millions de livres sterling) pour saboter la monnaie de la Seconde République qui se maintint néanmoins à un cours à peu près stable (environ 55 pesetas pour une livre sterling)[1].

Guerre civile espagnole[modifier | modifier le code]

Réélu député en 1936, il prépare, à Biarritz, le financement du coup d'état du général Francisco Franco. Il devient l'un des principaux soutien financiers de l'armée du général lors du soulèvement de 1936.

Son argent conjugués à ses relations finance les avions italiens et allemands utilisés pour le transfert de Franco et de ses troupes en provenance des îles Canaries, pour Séville, via le Maroc, grâce à un pont aérien.

Durant la deuxième guerre mondiale, Joan March intervient comme entremetteur entre les américains et les anglais, d'une part, et le général Franco, d'autre part, pour limiter l'engagement espagnol en faveur de l'Allemagne[4].

Epoque moderne[modifier | modifier le code]

Ses activités économiques sont soutenues par le régime du général Franco.

Il fonde en 1955 la Fondation Juan March qui est toujours active dans le domaine des arts[5].

Joan March trouve la mort dans un accident de voiture près de Madrid, à Las Rozas de Madrid[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Siège actuel de la Fondation Juan March à Madrid
  • Manuel de Benavides, El último pirata del mediterraneo, 1934
  • Ramon Garriga, Juan March y su tiempo, 1976, Ed. Planeta.
  • Bernardo Díaz Nosty, La Irresistible ascensión de Juan March, Sedmay ediciones, 1977.
  • Pere Ferrer Guasp, Joan March, la cara oculta del poder, Edicions Cort, Palma-Illes Balears,2004

Liens externes[modifier | modifier le code]

  1. Site de la fondation Juan March

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Hugh Thomas, La guerre d'Espagne, Robert Laffont, 1985, p.84
  2. Voir Pierre Fontaine, La guerre froide du pétrole, éditions « Je sers », 1956.
  3. Hugh Thomas, La guerre d'Espagne, Robert Laffont, 1985, p.24 et 84
  4. https://www.youtube.com/watch?v=K92g9DU2JqM
  5. http://www.march.es/informacion/ingles/informacion.asp
  6. http://www.march.es/informacion/ingles/biografia/biografia.asp