Jean de Kervasdoué

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Jean de Kervasdoué
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Jean de Kerguiziau de KervasdouéVoir et modifier les données sur Wikidata
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Jean de Kervasdoué, né le à Lannion, est un économiste de la santé français, titulaire de la chaire d'économie et de gestion des services de santé du conservatoire national des arts et métiers (CNAM)[1] et membre de l'Académie des technologies. Il a été directeur général des hôpitaux[2].

Ingénieur agronome de l'Institut national agronomique Paris-Grignon, il a également un MBA et un doctorat en socio-économie de l'université Cornell aux États-Unis.

Parcours et réalisation[modifier | modifier le code]

Nommé directeur des hôpitaux (ce poste est équivalent aujourd'hui à celui de directeur de l'hospitalisation et de l'organisation des soins, l'une des principales directions du ministère de la Santé) par François Mitterrand en 1983, il met en œuvre une réforme du mode de financement des hôpitaux publics. Auparavant, le budget des établissements hospitaliers était calculé sur la base d'un prix de journée, et chaque journée passée par un malade dans un hôpital était facturée selon un tarif national à l'Assurance Maladie. Il supprime ce mode de financement et impose le budget global. À partir de 1983, à chaque établissement est attribué un budget annuel, augmenté chaque année selon un indice de revalorisation.

Parallèlement à cette réforme du financement, il introduit à l'hôpital le Programme de médicalisation des systèmes d'information, ou PMSI. Il s'agit d'un cadre de recueil et d'analyse précis des actes réalisés par les hôpitaux. Ce système, introduit en 1983 n'est généralisé qu'à partir de 1995. C'est à partir de la mise en œuvre du PMSI que la tarification à l'activité est développée.

Après avoir quitté la fonction publique, à la fin des années 1980, il fonde la société SANESCO, cabinet de conseil spécialisé dans le domaine de la santé. Il quitte cette société au milieu des années 1990 et devient professeur au CNAM.

Il est membre du Comité des experts de la Fondation d'entreprise Alcen pour la connaissance des énergies et du Comité de parrainage de l'Association française pour l'information scientifique.

Prises de position[modifier | modifier le code]

Il est très critique du système de santé français, dénonçant le peu d'attention accordée au malade et la trop grande intervention de l'État[3]. Il plaide par exemple pour une plus grande autonomie des hôpitaux et dénonce les acteurs des hôpitaux, qui, selon lui, « confondent service du public et service public, voire défense du statut public »[4]. Il dénonce la centralisation excessive du système de santé et veut l'autonomie complète des établissements hospitaliers[5].

Dans son livre Les prêcheurs de l'apocalypse, pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires (2007), Jean de Kervasdoué appelle de ses vœux un débat scientifique et non politique concernant les questions d'environnement, dénonçant ceux qu'il appelle les « prophètes de l'apocalypse » et qui jouent selon lui sur les peurs environnementales de la société pour imposer leurs vues sans qu'elles soient justifiées scientifiquement[2]. Il est très critique envers les médias et la désinformation qu'ils véhiculent[6] et dénonce les « supercheries » et « mensonges » de certains acteurs de l’écologie[7]. Il « s'acharne contre le principe de précaution » selon Le Figaro[8] et s'oppose à l’inscription de ce principe dans la Constitution du 4 octobre 1958, écrivant que « la faille la plus profonde de ce principe de précaution, son péché originel est un péché d'orgueil. Il laisse croire que l'on pourrait se prémunir de tout car l'on pourrait toujours déceler la cause d'une catastrophe potentielle »[9].

Jean de Kervasdoué considère que le réchauffement climatique touchera en premier les habitants des pays pauvres[10]. Il considère que les seules possibilités réelles de développement durable passent par l'énergie nucléaire ; en particulier, il écrit que cette énergie serait pour l’espèce humaine des milliers de fois moins mortelle, moins polluante, et moins dangereuse que le charbon[11]. Il se prononce également pour le développement des organismes génétiquement modifiés, affirme l'inefficacité de l'homéopathie, proclame l'innocuité du Wi-Fi et soutient que les antennes relais sont sans effets sur la santé humaine.

Dans son ouvrage La peur est au-dessus de nos moyens, Pour en finir avec le principe de précaution (2011), il dresse un réquisitoire contre le principe de précaution dans le domaine environnemental et de la santé[12]

En 2014, il déclare dans une interview dans le journal en ligne Contrepoints que « les OGM sont un bienfait pour l’humanité » et que « l'utilisation actuelle des pesticides n’est pas dangereuse pour la santé »[13].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Ils croient que la nature est bonne, Robert Laffont, 2016, 180 p.
  • Ils ont perdu la raison, Robert Laffont, 2014.
  • Pour en finir avec les histoires d'eau : l'imposture hydrologique, Plon, 2012.
  • La peur est au-dessus de nos moyens, Pour en finir avec le principe de précaution, Plon, 2011.
  • Très cher santé (La santé à tout prix), Perrin, 2009
  • Les prêcheurs de l'apocalypse : pour en finir avec les délires écologiques et sanitaires, Plon, 2007, 250 p.
  • L'hôpital vu du lit, Seuil, 2004, 167 p.
  • La crise des professions de santé, Dunod, 2003
  • Notre État : le livre-vérité de la fonction publique (participation), Robert Laffont, 2000
  • La santé intouchable : enquête sur une crise et ses remèdes, Éditions J.-C. Lattès, 1996

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. CV sur le site du CNAM
  2. a et b « Kervasdoué règle ses comptes avec les prophètes de l'apocalypse », Le Figaro, 24 octobre 2007.
  3. Entretien avec Jean de Kervasdoué, Société Civile no 41, Ifrap, 2004
  4. « Non au consensus mou », L'Express, 27 février 2003.
  5. Alain Madelin, Quand les autruches relèveront la tête, chap.5, [lire en ligne]
  6. « Chaque jour, je suis surpris par la masse considérable d'informations touchant la santé et son aspect inquiétant, inutile, inadapté, ridicule au point d’être drôle si cette désinformation n’était pas aussi dangereuse.... Les idées fausses deviennent des lieux communs et les idées folles des conseils thérapeutiques avisés. » in Les prêcheurs de l'apocalypse, p. 11.
  7. « Les errances de l’écologie politique m'indignent parce que, le plus souvent, elles sont contredites par des faits » in Les prêcheurs de l'apocalypse, p. 18
  8. « Kervasdoué règle ses comptes avec les prophètes de l'apocalypse », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  9. in Les prêcheurs de l'apocalypse, p. 127.
  10. Les prêcheurs de l'apocalypse, p. 196 et 220.
  11. Les prêcheurs de l'apocalypse, p. 116 et 223
  12. Michel Grignon, « Note de lecture critique », Revue française des affaires sociales, no 4,‎ , p. 181–187 (ISSN 0035-2985, lire en ligne) :

    « Le principe (tel qu’énoncé par de Kervasdoué) dit que, s’il existe de « bonnes raisons » de redouter un danger sur la santé ou sur l’environnement en raison d’une activité humaine, il est raisonnable d’interrompre cette activité en attendant d’avoir accumulé suffisamment de preuves empiriques sur la réalité et l’ampleur du danger. Jean de Kervasdoué s’oppose à ce principe [...]. Le réquisitoire est véritablement développé dans les deux derniers chapitres du livre (respectivement chapitre 9 « Précautionneuse » et chapitre 10 « Raisonnable »), qui suivent une série de huit chapitres démontrant l’absence de mérite scientifique de la plupart des revendications écologistes ou de santé publique. »

  13. Pierre-Louis Gourdoux, « J. de Kervasdoué : "les OGM sont un bienfait pour l’humanité" », Contrepoints,‎ (lire en ligne)

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