Jean Jourdan

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Jean Jourdan
Defaut.svg
Fonction
Président du comité local de libération (d)
Aimargues
août -
René Bernard (d)
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Le Cailar
Surnom
Chocho
Chopard
Nationalité
Activités
Militant politique, anarchisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie

Jean Jourdan, dit Chocho, né le à Aimargues et mort le au Cailar, est un militant anarchiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Gendre d'Urban Ravel, né en 1877 et surnommé Crausti[1],[2], il est le frère de Paul Jourdan ; celui-ci, de son côté, s'illustrera par quelques actions.

Paul[modifier | modifier le code]

Paul Jourdan
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Jean JourdanVoir et modifier les données sur Wikidata

Né en 1901, il est l'aîné de Jean. En 1926, avec des « fanfaristes libertaires » de l'orphéon de Crausti, il perturbe le conseil de révision de Vauvert en jouant L’Internationale et Le drapeau rouge. Ouvrier agricole comme son frère, il cesse de militer avant la Seconde Guerre mondiale, mais continue d'être surveillé par la police. En 1945, il est, avec Jean, secrétaire du comité de Libération d'Aimargues. Marié et père d'un enfant, il meurt en 1979[3],[4].

Engagement[modifier | modifier le code]

Jean Jourdan quitte l’école à l’âge de douze ans. Après avoir suivi un apprentissage de maréchal-ferrant, il devient ouvrier agricole.

Inspiré par la lecture de Sébastien Faure, il devient anarchiste et adhère au Groupe d’études sociales créé à Aimargues dans les années 1920. Il rencontre Nestor Makhno venu s'y réfugier en 1924.

En 1927, le Groupe d'études sociales, devenu le groupe anarchiste d'Aimargues, est constitué d’une douzaine de personnes et contribue à la création d'une coopérative de consommation, La Fourmi, sous l’influence du courant coopératiste de Charles Gide.

Jean Jourdan héberge souvent les orateurs des conférences organisées à Aimargues dont Maurice Joyeux. Il participe également, en 1934, à l’hébergement de Paul Roussenq.

Lors de la guerre d’Espagne, il aide à recruter des volontaires, et André Prudhommeaux lui confie la mission d’acheter des armes et de les faire passer en Espagne. C’est à cette occasion qu’il participe au cambriolage d’une armurerie à Narbonne.

Mobilisé en 1939, il choisit l'insoumission et change d’identité et de ville. Un an plus tard, il est arrêté à Aimargues et interné au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe, où il rencontre Émile Armand. Il aurait alors fait jouer ses relations avec un socialiste pacifiste rallié au régime de Vichy pour être libéré, ce qui lui vaudra d'être accusé par d'aucuns d'avoir « trafiqué avec les Allemands »[5].

À la Libération, Augustin Pourreau quitte ses fonctions de maire d'Aimargues et Jean Jourdan est nommé à la tête du comité local de Libération. Il organise la réquisition de denrées alimentaires pour la population et s’oppose à la tonte de femmes du village suspectées d’avoir fréquenté l’occupant. Il prend également part à l'opération de réquisition au mas de Malherbes, habité par Marguerite Hugo[6]. Prenant la parole au nom du groupe, il réclame trois mille kilos de pommes de terre, « fruit du travail des ouvriers »[7]. Selon lui, devant son entêtement, il convoque la mémoire de son aïeul Victor Hugo pour la persuader : « Si votre grand-père revenait, comment comprendrait-il cette scène, et qui pourrait-il accuser ? Les misérables d'Aimargues ou sa petite-fille ? [...] Il a pardonné Jourdan Coupe-Tête [...] Jourdan d'Aimargues n'est pas un monstre, il demande ces pommes de terre pour une population de deux mille habitants qui ne mange plus à sa faim depuis cinq ans. Non Marguerite, si vous continuez à refuser, c'est que vous n'avez pas du sang de Hugo dans les veines »[8]. À l'en croire, elle cède les yeux « rempli[s] de larme »[9]. Il la remercie en lui récitant des passages du Christ au Vatican[9].

Mais s'effaçant devant René Bernard, il refuse de devenir formellement président du comité, puis maire du village, mais accepte néanmoins d'en être le secrétaire avec son frère Paul.

Au sortir de la guerre, le groupe libertaire et le syndicat autonome d’Aimargues sont exsangues. Jean Jourdan se brouille avec ses ex-camarades et s’installe dans le village voisin, Le Cailar, sur une parcelle achetée en 1948, où il ouvre, avec sa femme Marie, une guinguette connue sous le nom de Guinguette à Chocho.

Ayant subi une vasectomie, il n'eut pas de postérité[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « RAVEL Urban [dit CROSTI »], maitron-en-ligne.univ-paris1.fr.
  2. « RAVEL, Urban « CROSTI » », militants-anarchistes.info.
  3. « JOURDAN Paul, Philippe », maitron-en-ligne.univ-paris1.fr.
  4. « JOURDAN, Paul », militants-anarchistes.info.
  5. Cazalis 2001, p. 105.
  6. Pauline Cazalis (dir. Frédéric Rousseau), L'Anarchisme entre lutte sociale et prise de pouvoir : Aimargues (1900-1951) (mémoire de maîtrise en histoire), université Montpellier-III, 2001, p. 105 — consultable aux Archives départementales de l'Hérault (cote TAR 668).
  7. Falguières 2006, p. 129.
  8. Falguières 2006, p. 130.
  9. a et b Falguières 2006, p. 131.
  10. Cazalis 2001, p. 115.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Michel Falguières, Jean Jourdan, dit Chocho : libertaire d'Aimargues, de 1908 à 1948, Nîmes, Comédia, , 183 p.
  • Edmond Lanfranchi, L’Insoumis, entretien avec Michel Falguières, Vauvert Plus, lire en ligne.
  • Jean Parès, Souvenirs de 1934 à 1971, avril 2014, page 19.
  • Daniel Vidal, « Jean Jourdan, libertaire d’Aimargues », Le Monde libertaire, n° 1532, 6-12 novembre 2008, page 20.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]