Mathieu Jouve Jourdan

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Mathieu Jouve Jourdan dit Jourdan Coupe-Tête

Mathieu Jouve dit Jourdan dit Jourdan Coupe-Tête (né le 5 octobre 1746 à Saint-Jeures, Haute-Loire - mort le 27 mai 1794 à Paris) était un bandit et un révolutionnaire français, qui fut guillotiné en 1794.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mathieu Jouve fut baptisé catholique le 6 octobre 1746, à Saint-Jeures de Bonas (actuellement en Haute-Loire), par Titoulet, curé de Saint-Félicien (actuellement en Ardèche). Il était le fils de Pierre Jouve et de Jeanne-Marie Gibert. Né en Haute-Loire, il est en général dit "Ardéchois".

Boucher, maréchal-ferrant, soldat, Mathieu Jouve Jourdan est issu d’une ancienne famille de Saint-Agrève, dotée d’armoiries depuis le XIVe siècle. Il attaque le château de Paulin (à Monistrol) et y vole 30 000 livres. Condamné à être roué, il réussit à s’évader, et passe au service du cardinal de Rohan, qui lui obtient la grâce en 1783[1].

Il est ensuite cabaretier à Paris quand débute la Révolution. Participant à la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, on lui a attribué l'assassinat et la décapitation du gouverneur de forteresse Bernard-René Jordan de Launay, dont il avait été palefrenier. On l'a aussi rendu responsable des atrocités nocturnes commises à Versailles lors des Journées des 5 et 6 octobre 1789.

Illustration du "Massacre de la Glacière", gravure sur bois de la fin du XVIIIe siècle

Après avoir quitté la capitale, il s’installe comme négociant à Avignon, et se rallie aux patriotes qui souhaitent le rattachement de la ville et du Comtat venaissin à la France. Il participe à la prise du palais des Papes, alors résidence du vice-légat le 10 juin 1790[2]. Chef des volontaires du Vaucluse favorables à l'annexion du Comtat Venaissin à la France, il se signale par sa cruauté, incendiant châteaux et récoltes des partisans de la papauté.

Toujours à la tête de l’armée du Vaucluse, il renverse la municipalité le 21 août 1791[3]. Il est surnommé « Jourdan Coupe-Tête », après les massacres de la Glacière, en Avignon, les 16 et 17 octobre 1791. Il échappe à la justice grâce à l'amnistie de mars 1792.

En 1793, les députés de la Convention lui confient le commandement de la gendarmerie des départements du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Son comportement brutal soulève de nombreuses protestations. Jourdan Coupe-Tête passe les bornes le jour où il fait arrêter sans ordres, dans le cadre des affrontements de ventôse an II (mars 1794) entre factions révolutionnaires, des membres du tribunal criminel du département de Vaucluse. Le Comité de salut public le fait arrêter à Avignon le 23 avril et transférer à Paris. Son jugement est expédié rapidement et il monte sur l'échafaud le 27 mai 1794, deux mois avant Maximilien de Robespierre.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Adrien Faure : Jourdan Coupe-tête : l'histoire de Mathieu Jouve, enfant de Saint-Jeures de Bonas, général des « braves brigands de Vaucluse » (5 octobre 1746 - 8 prairial an II). Polignac: Éd. du Roure, 2005. (ISBN 2-906278-52-1).
  • Ernest Daudet : Jourdan Coupe-Tête. Paris: Flammarion, 1888.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Albert Ceccarelli, La Révolution à l’Isle sur la Sorgue et en Vaucluse, Éditions Scriba, 1989, 2-86736-018-8, p 51
  2. Albert Ceccarelli, La Révolution..., p 51
  3. Albert Ceccarelli, La Révolution..., p 52

Liens externes[modifier | modifier le code]