Jean Baptiste Breton

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Jean-Baptiste Breton
Image illustrative de l'article Jean Baptiste Breton

Surnom Berton
Naissance
Euilly ou Francheval
Décès
Poitiers
Origine Drapeau de la France France
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 1791
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes

Jean-Baptiste Breton, dit Berton, né le à Euilly (Ardennes), près de Sedan [1] et exécuté le à Poitiers, est un général français du Premier Empire.

Guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Il fait ses études à Sedan et, à dix-sept ans, il entre à l'école militaire de Brienne, d'où il passe à l'école d'artillerie de Châlons, et en 1793, il entre comme sous-lieutenant dans le bataillon de chasseurs des Ardennes. On lit dans un de ses états de service, délivré à Hanovre le 27 floréal an XII de la République :

... A eu un cheval tué sous lui à Neerwinden. Il fait 30 prisonniers dans une escarmouche, à Avesnes, avec un détachement de 25 hommes ; a un second cheval tué sous lui, le 28 fructidor an IV, en chargeant sur deux pièces d'artillerie ennemies, sur les hauteurs de Nassau. Le 30 floréal an V, il charge l'ennemi à la tête d'une compagnie, dans la plaine de Wiesbaden, fait 50 prisonniers, prend une pièce de canon et deux caissons, et fait mettre bas les armes à trois compagnies de Croates. Il a fait toutes les campagnes de la Révolution et les campagnes de Hanovre avec zèle, bravoure et distinction. »
Signé. Le général chef d'état-major Berthier.

Berton fait, en outre, les campagnes des années VII, VIII et IX aux armées du Rhin et du Danube, celles des ans XIII, XIV, 1806 et 1807 à la Grande Armée, celles de 1808 à 1813 en Espagne, celle de 1814 à l'armée du Midi, et en 1815 la campagne de Waterloo.

Attaché à l'état-major du maréchal Bernadotte, il le suivit à Austerlitz, à Iéna, etc. Par sa brillante conduite à Lubeck, où est traqué et pris le général Blücher, il reçoit le grade de chef d'escadron, en 1807. Le maréchal Victor qui a l'occasion d'apprécier Berton aux batailles de Friedland et d'Espinosa, le propose à l'Empereur, dans une revue, pour le grade de colonel.

L'Empereur, n'ayant pas de régiment libre, fait Berton adjudant-commandant et chevalier de l'Empire[2] (22 novembre 1808). Le nouvel adjudant se fait remarquer à la bataille de Talavera, où il enlève la haute position de ce double piton sur lequel s'élève la ville. A Osana, où il conduit à l'ennemi les lanciers polonais avec habileté, sang-froid et intrépidité, à la bataille de la Sierra-Morena où, à la tête d'un détachement de mille hommes, il se rend maître de Malaga, vigoureusement défendue par 7 à 8 000 Espagnols. Le maréchal Soult lui donne le gouvernement militaire de l'Andalousie. En 1813, lorsque l'armée doit évacuer l'Andalousie à la suite de la bataille des Arapyles, Berton rend de grands services par sa valeur et par son sang-froid. Enfin, le 30 mai 1813, Napoléon Ier lui confére le titre de général de brigade. Dans ce nouveau grade, Berton ne dément pas la belle conduite qu'il a tenue jusqu'alors ; il combat à Orthez le 27 février puis se couvre de gloire à la bataille de Toulouse.

La première Restauration le met à la retraite. En 1815, Berton commande une brigade du corps d'Exelmans et se fait encore remarquer à Waterloo.

Mis une deuxième fois à la demi-solde à la seconde Restauration, il emploie ses loisirs à des travaux littéraires, tout en complotant sur Paris, en Anjou et en Touraine pour renverser le Roi, faire revenir l'Empereur d'exil, puis, à la mort de celui-ci, de rétablir le duc de Reichstadt sur le trône impérial[3]. Lors d'un incendie dans la ville de Saumur du 24 décembre 1821, plusieurs sous-officiers de l’école de cavalerie qui se portaient à la rescousse des civils sont tués par la chute d'un mur. Une liste de conspirationnistes est trouvée dans la poche de l'un d'eux. 40 sous-officiers de l'école sont arrêtés, le dirigeant de l'école, le Maréchal Gentil-Saint-Alphonse est tenu à des explications par le pouvoir royal, l'école est transférée à Versailles le 5 novembre 1823[3].

Le 24 février 1822, trompé par des agents provocateurs[4], il se met à la tête de 150 hommes, établit un gouvernement provisoire à Thouars et marche sur Saumur, mais bientôt les insurgés se débandent face au pouvoir déjà prévenu par l'incident saumurois et Berton se réfugie à Laleu chez un de ses amis, trahi par un nommé Wolfel qui feint de partager ses projets, il est arrêté par lui le 17 juin, condamné à mort par la Cour royale de Poitiers et exécuté le 5 octobre 1822.

La place sur laquelle il a été guillotiné a été rebaptisée place de la Liberté en mémoire de ses dernières paroles, et un monument élevé en 1903 (une statue de la Liberté).

On a de lui un Précis historique de la bataille de Waterloo, Paris, 1818.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Baptiste Boulliot, Biographie ardennaise, 1830, vol.1, p.102 (qui reprend Jacques-Alphonse Mahul, Annuaire nécrologique, 1823, p.20) indique qu'il est né à Francheval en 1774.
  2. Émile Campardon, Liste des membres de la noblesse impériale : dressée d'après les registres de lettres patentes conservés aux Archives nationales, vol. In-8°, Société d'histoire de la révolution française, , 2e éd., 189 p. (lire en ligne)
  3. a et b Jacques Perrier et Durand (dir.), L'Épopée du Cadre noir de Saumur, Lavauzelle, , 110 p. (ISBN 2-7025-0331-4), p. 17
  4. Histoire de la conspiration de Saumur. Mort du général Berton. Par le colonel Gaucauchais. 1832

Sources[modifier | modifier le code]