Jean Améry

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Jean Améry
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Grand prix de littérature de l'Académie bavaroise des beaux-arts (en) ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Ehrengrab Jean Amery.jpg

sépulture

Hans Mayer, alias Jean Améry, est un écrivain et essayiste autrichien né à Vienne le 31 octobre 1912 et mort à Salzbourg (suicide) le 17 octobre 1978.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Vienne, capitale de l'Empire austro-hongrois, Hans Mayer est issu d'une double culture : son père est juif et sa mère catholique, avec des origines juives. Son père meurt lors de la Première Guerre mondiale. Il est éduqué en catholique par sa mère. Il retourne à Vienne en 1926 et commence des études qu'il ne termine pas. En 1930, il commence à travailler sous la direction de Léopold Langhammer comme bibliothécaire dans une université populaire.

À ce moment-là, Hans Mayer, élevé dans la religion catholique donc, est pétri des valeurs traditionnelles autrichiennes. Il ignore les créations avant-gardistes et de gauche pourtant abondantes dans Vienne à cette époque. Élevé en province, il aime la littérature de terroir populaire. Il parle d'ailleurs le patois tyrolien. Il commence à écrire des romans (Le Pont, et en 1935, Les Naufragés).

Opposant au régime nazi, il émigre au moment de l'Anschluss en 1938 en Belgique où il milite et se fait arrêter et enfermer à deux reprises. Il est emprisonné, après l'invasion allemande, dans le camp de concentration de Gurs, dans le sud de la France. Il est arrêté par la Gestapo en juillet 1943 pour son activité dans la Résistance belge. Torturé au fort de Breendonk, il est ensuite déporté à Auschwitz en raison de ses origines juives et revient de ce camp d'extermination en tant que rescapé.

Après la guerre, il gagne sa vie en écrivant des articles pour une agence de presse suisse. Il lui est très difficile de parler de ce qu'il a vécu à Auschwitz, de ce qui ne s'appelle pas encore « la Shoah ». Mais le procès pour crime contre l'humanité des SS ayant sévi à Auschwitz qui a lieu à Francfort entre 1963 et 1965 lui permet de rompre « l'obscur envoûtement qui le paralysait ». Il couche par écrit son témoignage et ses réflexions dans un célèbre essai paru en 1966 en Allemagne Par delà le crime et le châtiment. Cet ouvrage, qui se veut une description de « la situation de l'intellectuel dans un camp de concentration »[1], utilise l'introspection et l'observation de ses propres expériences psychiques pour faire l'écriture un véritable processus d'exploration des effets de la barbarie sur la victime qui y est livrée[2]. L'intellectuel juif de langue allemande exilé devient une référence morale. Les essais Du vieillissement (1968) et Porter la main sur soi (1976) rencontrent un lectorat important.

Améry se montre très critique envers les témoins qui pardonnent et la société allemande qui oublie. Pour lui, afin d'éviter de répéter les mêmes erreurs, la culture occidentale devrait affronter une profonde auto-analyse et une véritable reconversion morale. Seulement ainsi les victimes, avec leurs brulants souvenirs et leurs critiques, auraient pu avoir un rôle actif[Mal dit].

Il se suicide en 1978 dans un hôtel de Salzbourg.

Bien qu'esprit solitaire[C'est-à-dire ?], il fut très proche de la poétesse, romancière et essayiste autrichienne Ingeborg Bachmann.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Par-delà le crime et le châtiment - Essai pour surmonter l'insurmontable, Arles, Actes Sud, 1995 [éd. originale 1966]
  • Du vieillissement, Paris, Payot, 1991 [1968] ; rééd. Petite Bibliothèque Payot, 2009
  • Lefeu ou la démolition, Arles, Actes Sud, 1996 [1974]
  • Porter la main sur soi - Du suicide, Arles, Actes Sud, 1999 [1976]
  • Charles Bovary, médecin de campagne, Arles, Actes Sud, 1995 [1978]
  • Les Naufragés, Arles, Actes Sud, 2010 [1935]
  • « L’homme enfanté par l’esprit de la violence » [1969], traduit de l'allemand par Julie-Françoise Kruidenier et Adrian Daub, dans Les Temps modernes, Gallimard, 2006/1, no 635-636 sur Cairn.info.

Biographies et études[modifier | modifier le code]

  • Irène Heidelberger-Leonard, Jean Améry, Arles, Actes Sud, 2007
  • Sous la direction de Jürgen Doll, Jean Améry (1912-1978). De l'expérience des camps à l'écriture engagée, Paris, L'Harmattan, 2006
  • Anne Henry, "Shoah et Témoignage. Lévi face à Améry et Bettelheim", Paris, L'Harmattan, 2005
  • W. G. Sebald, Avec les yeux de l’oiseau de nuit : sur Jean Améry (p. 143–162) In Campo Santo : traduit de l’allemand par Patrick Charbonneau et Sibylle Muller : Titre original : Campo Santo : Actes Sud, 2009 pour la traduction française. (ISBN 978-2-7427-8080-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Améry, Par-delà le crime et le châtiment. Essai pour surmonter l'insurmontable, trad. de l'allemand par F. Wuilmart, Actes Sud, 1995, p. 7
  2. Daniel Oppenheim, « L'Expérience de la barbarie par l'intellectuel et l'éthique du témoignage selon Jean Améry », dans Plurielles, no 19, Paris, AJHL, 2015.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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