Jean-François Comte

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Jean-François Comte
JF Comte installe le deuxième volet de "La route de la digue" (2005).jpg
J.F. Comte installe le deuxième volet de "La route de la digue" (2005)
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 85 ans)
Nationalité
Activité
Conjoint
Distinction

Né le 2 janvier 1933, Jean-François Comte fut d’abord principalement cinéaste puis romancier et se consacra ensuite essentiellement à la peinture. Il fut le premier compagnon de l’écrivaine Francine Ségeste. Il est décédé le 16 février 2018[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un père chirurgien et d’une mère sculptrice (Florence Conti qui, fascinée par le nu féminin, aura une influence décisive sur la peinture de son fils), Jean-François Comte semble d’abord promis aux études classiques : passionné de grec, lauréat du concours général, khâgne au lycée Henri IV...

Il bifurque vite vers le cinéma, après un stage au Centre d’Etude de Radio-Télévision, département de l’alors ORTF. Il est engagé comme « Creative Supervisor » dans une agence de publicité londonienne où il dessine des story-boards, réalise et écrit des films tout en commençant à peindre. Il rentre à Paris à la veille des évènements de Mai 68 et participe à l’activité des cinéastes engagés.

Il crée alors son agence de production de spots publicitaires, ATVZ, tout en continuant à peindre, mais publie également plusieurs romans de science-fiction.

À partir des années 1990, il cesse progressivement toute activité cinématographique ou littéraire, et se consacre presque entièrement à la peinture.

Le cinéaste[modifier | modifier le code]

Mis à part sa participation au cinéma politique de Mai 68 (un film sur Simca-Poissy), son activité est essentiellement publicitaire (pour le compte d’une agence britannique puis pour son propre compte) et documentaire.

En tant que cinéaste publicitaire, il réalise une centaine de films et reçoit plusieurs distinctions telles que : Lions d’or, d’argent et de bronze aux festivals du film publicitaire de Venise et Cannes[2], TV Mail Awards (Londres)[3], Clio du American TV Commercials Festival (New-York)[4]etc.[5].

En tant que réalisateur documentaire, il participe notamment pour FR3 à l'écriture d'une série, "Le roman de France", dont il réalise un épisode, Ève, la Pierre et le Serpent, sur la sculpture d’Autun et de Vézelay. Il prolonge cette veine par un film sur les bâtisseurs cisterciens de l’Abbaye de Fontenay, Les pierres apprivoisées.

Le romancier[modifier | modifier le code]

Présenté à Marcel Jullian par des amis qui évoluent dans la sphère SF, il publie un premier roman de science-fiction, Sylvie et les Vivisecteurs, Atelier Marcel Jullian, et collaborera à la revue de poésie Vagabondages chez le même éditeur (coordination, choix de poèmes, éditoriaux...)

Jean-François Comte publie ensuite deux autres romans de science-fiction, Les Géants Couverts d’Algues et Le Doge des Miroirs, illustrés par Jean-Pierre Andrevon dans la collection Futurs des Éditions de l’Aurore.

Le peintre[modifier | modifier le code]

La peinture de Jean-François Comte, d’abord en huile aux couleurs vives et en général chaudes, restera toujours figurative, organisée par le dessin d’après modèle et (à part quelques portraits) orientée vers le nu féminin. « Une œuvre entière faisant référence à plusieurs champs disciplinaires, peinture, dessin, cinéma, écriture, mathématiques, à partir d'un seul thème, le corps féminin. » (Brigitte Camus[6])

Mais à partir de la fin des années 1990 se dessine une orientation décisive : de l’intrusion des lignes visibles de perspective et de construction à la mise en perspective du tableau lui-même. Cette évolution s’enracine sans doute dans sa culture optique de cinéaste et de cadreur, plus particulièrement de documentariste de la sculpture romane, mais aussi dans une passion pour les nombres et la géométrie (rectangle d’or etc).

Les lignes de perspective et de construction deviennent d’abord de plus en plus apparentes sur la toile (Un peu de rouge, 1998). Puis la construction même du tableau éclate en plusieurs toiles solidaires d’une structure fixe, polyptyque permettant au spectateur de faire jouer la perspective en se déplaçant: une construction inspirée des retables. Il en résulte une évolution vers une sorte de peinture-sculpture monumentale, avec pour sujet, comme toujours, de grands nus, dont les jeux de recouvrement/dévoilement, selon la position du spectateur, permet une véritable exploration du caché . «…Tout un soubassement, une mathématique de l’espace, des calculs de géomètre, la prise en compte de l’histoire de la peinture sans laquelle on ne peut parler de modernité, et surtout, la sagacité des femmes elles-mêmes : nombre d’entre elles ont jugé que cette « cause » valait le sacrifice de leur pudeur et le don de leur nudité comme d’autres donnent leur corps à la Science » observe le metteur en scène et critique Bruno Streiff[7] dans une étude consacrée au peintre, où il compare l’érotisme de la peinture de Jean-François Comte à celle d’Egon Schiele[8]. Puis, très logiquement chez un homme pétri de culture classique, et grecque en particulier, apparaissent des thèmes de l’art religieux chrétien ou de la mythologie grecque, traités parfois avec ironie (L’écartelée, Diomède et Aphrodite, 2007), et tout aussi logiquement la figure du Cheval aux côtés de la Femme[9].

Du fait de cette évolution vers une peinture monumentale, ces œuvres ont plutôt pour clientèle la commande publique[10]… ou des amateurs disposant de place !

La fin de sa vie d'artiste fut marquée par la progression de sa maladie de Parkinson. Il s'en explique pour une équipe de jeunes psychologues cliniques dans le petit documentaire Peinture en mouvements.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

  • L'ordre règne à Simcaville, documentaire militant réalisé en mai-juin 1968. Production Slone-Iskra, Coréalisé avec Catherine Moulin.
  • Ève, la Pierre et le Serpent. Sur les tympans et chapiteaux d’Autun et Vézelay (dans la série « Le roman de France », Arcanal, diffusé par FR3, 1989)
  • Les Pierres apprivoisées, sur un texte de Fernand Pouillon, France Supervision, 1995
  • Bébé Cadum, documentaire. Tracol Film pour Planète, 1998.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1999 OCDE, Palais Monaco. Paris
  • 2000 Grands nus panoramiques, Fondation Taylor. Paris.
  • 2001 Travelling à l’Atelier. Hôtel-Galerie de l’Atelier. Villeneuve- lès- Avignon
  • 2003 Peintures. Atelier Lecoq. St Rémy de Provence
  • 2003 Femmes en 3 D Cluny
  • 2003 Femmes Univers Mairie. Châteauroux
  • 2004 Château de Cartes, Maison des Jeunes et de la culture. Corbeil
  • 2004 Métamorphoses Orangerie de la Mothe-Saint-Héray
  • 2005 Femmes-Univers l’Orangerie. Centre Culturel. Roissy-en-France
  • 2005 Etr’anges ou la vie sexuelle du St Esprit, Avec Marie Rigot, Chapelle-Ste Anne. Tours
  • 2005 Château de Cartes. Chapelle de la Citadelle. Blaye
  • 2005 Retour à l’Origine. Galerie Garcia Laporte, rue de Miromesnil. Paris
  • 2005 Eve, cette inconnue qui enfanta l’Univers. Médiathèque Jean Moulin. Margny-lès-Compiègne
  • 2007 Open Art. Expo internationale organisée par le Collectif « les Seize Anges » à Rueil-Malmaison
  • 2007 Château de Cartes. Galerie Garcia-Laporte rue de Miromesnil. Paris
  • 2009 Ève au Bûcher, Saint-Germer de Fly (avec le soutien de la Région Picardie)
  • 2011 : miroirs et savoirs. Atelier Saint Germer de Fly. Conseil Régional de Picardie
  • 2012 : les arts à Dompierre, Normandie
  • 2014 Transparence: la peau et les eaux Germer de Fly (avec le soutien de la région Picardie)
  • 2015: Les Paysages du Corps. Château d'Eau - Château d'Art. Bourges[11]

Études consacrées à l’auteur[modifier | modifier le code]

  • Le roman Sylvie et les vivisecteurs a fait l’objet d’importantes recensions et discussions début 1979. Le Magazine Littéraire de février y consacre « Le vif du sujet » de Robert Louit, Libération du 15 février aborde sa recension en première page. Dans Le Matin de Paris du 16 janvier, Henri-François Rey conteste que ce soit vraiment un roman de science-fiction, ce que réaffirme l’éditorial de Fiction de février. Fiction revient sur le sujet dans son numéro d’avril (« La ménagerie des plaisirs furtifs »).
  • Bruno Streiff, dans Le nu est l’avenir de l’œil, catalogue pour l’exposition Ève au Bûcher, édité par la Région Picardie, procède à une longue anlayse de l'apport pictural de Jean-François Comte.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Avis de décès Jean François COMTE », sur www.avis-de-deces.net (consulté le 24 février 2018)
  2. Lions d'or pour Peau Douce, Fly-Tox, Gold Tea, d’argent pour Levi’s
  3. Pour Stork Margarine
  4. Clio catégorie Public Service, pour Pensez à ceux qui vous aiment, client : Sécurité routière, 1971
  5. Par exemple : médaille à l’International Film and TV Festival of New-York, avec Levi’s Mariage, client Dupuy Compton, 1972.
  6. Voir Brigitte Camus,« Jean-François COMTE : L'hymne à la femme », Antiquaires Contact, 1er aout 2006. Voir aussi son article "Châteaux de femme" pour le Journal des Arts.
  7. Site de B. Streiff
  8. Bruno Streiff, Le nu est l’avenir de l’œil, catalogue pour l’exposition Ève au Bûcher, édité par la Région Picardie.
  9. Voir les galeries photos sur le site de l'atelier et surtout sur le site du peintre, où plusieurs polyptyques sont analysés. Par exemple : Bas rouge (2002)
  10. Par exemple L’écartelée, commande de la Région Picardie.
  11. « Exposition - Les paysages du corps », sur Oise. Les Chambres de l'Abbaye.St Germer de Fly. (consulté le 24 février 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]