Hatsumōde

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Hatsumōde (初詣 ou 初詣で?) est un rituel observé au Japon pendant la période du Nouvel An. Il consiste à effectuer une première visite à un sanctuaire shinto ou à un temple bouddhique.

Origine[modifier | modifier le code]

Durant l'époque d'Edo (1603 - 1868), une coutume appelée ehomairi[l 1] est devenue populaire : se rendre, le premier jour de la nouvelle année, dans un sanctuaire shinto ou un temple bouddhique, afin de prier les toshigami, les divinités shintō, annonciatrices de la nouvelle année et souvent assimilées aux ancêtres. Le lieu saint était choisi en fonction de la direction d'arrivée des divinités, considérée comme favorable selon des indications de l'astrologie chinoise, et sa visite avait lieu à la tombée de la nuit[1],[2]. Cette coutume a perduré jusqu'à la fin de l'ère Meiji (1868 - 1912). Par la suite, la première visite de l'année d'un lieu saint, hatsumōde, se déroulait dans un sanctuaire ou un temple célèbre, ou un lieu saint lié à la famille. Au cours des années 1950, la période de hatsumōde a été déplacée dans la journée, du coucher du soleil aux environs de minuit, du fait du développement des transports en commun nocturnes[1].

Une autre version ancienne d'ehomairi imposait aux pères de famille de passer la dernière nuit de l'année dans un lieu saint, du coucher du soleil jusquà l'aube du premier jour du nouvel an. Le maître de maison était ensuite rejoint par tous les autres membres de sa famille[2],[3].

Déroulement[modifier | modifier le code]

La période de Hatsumōde s'ouvre dès que, dans les temples bouddhiques, les 108 coups de la cloche (joya no kane), installée dans le shōrō du temple, a fini de retentir, lors du passage à la nouvel année[l 2],[4]. Elle s'étend traditionnellement sur les trois premiers jours de l'année[l 3],[5], mais peut durer jusqu'au retrait des kadomatsu, décorations du Nouvel An japonais, le 7 janvier[l 4]. Dans la région englobant Kyoto et Osaka, nommée Kamigata pendant l'époque d'Edo, la période de Hatsumōde s'étirait jusquà la première pleine lune du calendrier luni-solaire traditionnel, généralement le 15 janvier[6].

Dans l'enceinte du lieu saint, le rituel comprend[7],[8],[1] :

  • la première purification à l'encens ;
  • la première prière, portant souvent sur la santé, le bonheur et la prospérité en affaires ;
  • une offrande d'argent[l 5] ;
  • le premier verre de saké (toso), qui peut être bu à la maison ;
  • l'acquisition, pour la nouvelle année, d'un talisman (o-fuda), d'une prédiction écrite (omikuji), d'un hamaya, flèche décorative vendue comme porte-bonheur, ou d'une amulette protectrice.

Certaines personnes ne se contentent pas de la visite d'un seul lieu de culte ; elle effectuent un pèlerinage qui en inclut plusieurs, chacun dédié à l'une des Sept Divinités du Bonheur[7].

Les sanctuaires ne désemplissent pas pendant quatre jours, en particulier le soir du 31 décembre (ōmisoka), des millions de Japonais se massant devant les sanctuaires les plus habituellement visités tels que le Meiji-jingū du quartier de Shibuya, à Tokyo, le Fushimi Inari-taisha de Kyoto, le sanctuaire d'Ise, à Ise (préfecture de Mie), le Tsurugaoka Hachiman-gū de Kamakura (préfecture de Kanagawa), et le temple Sensō, dans le quartier d'Asakusa de la capitale japonaise[9],[10]. Début 2017, le sanctuaire Meiji de Tokyo a accuilli 3,18 millions de visiteurs, devant le sanctuaire Narita-san Shinshō de Narita (préfecture de Chiba), visité par 3,09 millions de personnes, et le Kawasaki Daishi de Kawasaki (préfecture de Kanagawa), dans l'enceinte duquel se sont rendus 3,08 millions de personnes[8].

Hatsumōde n'est plus tellement une pratique religieuse, mais plus une sorte de rite social.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes lexicales bilingues[modifier | modifier le code]

  1. Ehomairi (恵方参り ou 恵方詣り?, litt. « visite d'un lieux saint suivant une direction favorable »).
  2. Joya no kane (除夜の鐘?, litt. « carillon de la veille du nouvel an »).
  3. Les trois premiers jours de l'année (三が日, san ga nichi?).
  4. La première semaine de l'année (松の内, matsu no uchi?, litt. « pin à l'intérieur »).
  5. Offrande d'argent (賽銭, saisen?, litt. « pièce de monnaie de visite au temple/sanctuaire »).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (ja) « あなたが知らない初詣の疑問と作法、教えます » [« Instructions concernant la pratique de hatsumōde »], Nihon Keizai Shinbun,‎ (consulté le 22 février 2019), p. 1, 3-4.
  2. a et b (ja) Asahi Shinbun, « 初詣で » [« Hatsumōde »], sur Kotobank,‎ (consulté le 15 février 2019).
  3. (ja) Asahi Shinbun, « 恵方参り » [« Ehomairi »], sur Kotobank,‎ (consulté le 22 février 2019).
  4. (ja) Asahi Shinbun, « 除夜の鐘 » [« Joya no kane »], sur Kotobank,‎ (consulté le 22 février 2019).
  5. (ja) Asahi Shinbun, « 三が日 » [« Les trois premiers jours de l'année »], sur Kotobank,‎ (consulté le 17 février 2019).
  6. (ja) Asahi Shinbun, « 松の内 » [« La première semaine de l'année »], sur Kotobank,‎ (consulté le 22 février 2019).
  7. a et b (en) Yuki Yamauchi, « Head to your local shrine or temple this new year » [« Visite au sanctuaire ou au temple local pour le Nouvrl An »], The Japan Times, (consulté le 17 février 2019).
  8. a et b Ministère des Affaires étrangères (Japon), « Les fêtes annuelles » [PDF], sur Web Japan, (consulté le 17 février 2019), p. 1.
  9. (en) « 2017 rings in across Japan as shrine, temple throngs pray for good year », The Japan Times, (consulté le 17 février 2019).
  10. (en) « Best wishes and prayers for the new year » [« Meilleurs vœux et prières du Nouvel An »], The Japan Times, (consulté le 17 février 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]