Hans von Seeckt

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Hans von Seeckt, né le à Schleswig et mort le à Berlin, est un général allemand, réorganisateur de l'armée allemande (Reichswehr) après la Première Guerre mondiale et le traité de Versailles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans la ville de Schleswig, Hans est le troisième enfant de Richard von Seeckt (1833-1909), général d'infanterie prussien, et de sa femme Auguste. Il entre dans le 1er régiment de grenadiers de la Garde de l'armée prussienne en 1885[1] et intègre l'état-major en 1899[2]. Pendant la Première Guerre mondiale, il occupe plusieurs postes de haut niveau sur le front oriental, dont celui de chef d'état-major de August von Mackensen alors que celui-ci commandait la 11e armée.

Après la guerre et la dissolution de l'armée impériale, von Seeckt organise la nouvelle armée (Reichswehr) sous des contraintes définies dans le traité de Versailles[3],[4]. Il pose les bases d'une Reichswehr forte et déguise le commandement (un grand état-major étant interdit) sous le nom de « Truppenamt (en) » ou « office des troupes ». Il est également connu pour son attitude hostile envers le nouvel État de Pologne et pour son souhait de constituer une alliance avec la Russie bolchevique contre la Pologne. Après avoir reçu des signes encourageants en provenance du bureau de Trotski, Seeckt envoie des délégués afin de conclure une alliance avec les Soviétiques à l'insu du gouvernement de Weimar.

Le rôle de Seeckt pendant le putsch de Kapp, en 1920 reste ambigu : il ne soutient pas la rébellion, mais ne la combat pas non plus.

De 1920 à 1926, Seeckt occupe le poste de « Chef der Heeresleitung ». En cherchant à construire une armée professionnelle et apolitique, il perpétue la notion de l'armée comme un État dans l'État. Il admire le concept britannique d'une petite armée régulière très entraînée dans laquelle toute activité politique est interdite. Cela correspond aux conditions du traité de Versailles dont le but était la création d'une armée professionnelle plafonnée à 100 000 volontaires, avec peu de réservistes, largement inférieure en nombre aux effectifs de l'armée française.

Il est poussé à la démission en 1926 après avoir autorisé le prince Guillaume de Prusse, petit-fils de l'ancien Kaiser, à assister à des manœuvres militaires en uniforme de l'ancienne armée impériale, sans avoir sollicité l'accord du gouvernement.

De 1930 à 1932, il est membre du Reichstag pour le parti populaire allemand (DVP). De 1933 à 1935, il est conseiller militaire de Tchang Kaï-chek dans le cadre de la coopération militaire sino-germanique.

Pour aller plus loin[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hans von Seeckt (German general) », Encyclopædia Britannica Online, (consulté le )
  2. Abenheim, Donald. "Seeckt, Gen Hans von". The Oxford Companion to Military History. Ed., Richard Holmes. Oxford University Press, 2001.
  3. Corum, 1992, p. 83.
  4. Wheeler-Bennett, 2005, p. 71.

Ouvrages publiés (en français)[modifier | modifier le code]

  • Pensées d'un soldat, Éditions du cavalier, 1932

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Karl Dietrich Bracher, Erich Matthias (de), Hans Meier-Welcker (Hrsg.): Die Anfänge der Ära Seeckt. Militär und Innenpolitik 1920–1922. Quellen zur Geschichte des Parlamentarismus und der politischen Parteien. bearbeitet von Heinz Hürten. Droste, Düsseldorf 1979, (ISBN 3-7700-5107-6).
  • Brewster S. Chamberlain: Der Attentatsplan gegen Seeckt 1924 (in: Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte 4/1977)
  • Harold Gordon, « The Character of Hans von Seeckt », Military Affairs, vol. 20, no 2,‎ (JSTOR 1983219)
  • N. H. Gaworek, Chief of Staff, Annapolis MD, Naval Institute Press, , 134–148 p., « Hans von Seeckt »
  • Heinz Guderian Achtung-Panzer! London, Wellington House, 1937. (Reissue edition, 1999).
  • Marian Kent, The Great powers and the end of the Ottoman Empire Boston: G. Allen & Unwin, 1984.
  • Lionel Kochan, « General von Seeckt », Contemporary Review, vol. 178,‎ july–dec 1950, p. 37
  • Ronald Lewin, Rommel As Military Commander, New York, B&N Books, (1re éd. 1968), 272 p. (ISBN 978-0-7607-0861-3)
  • B. H. Liddell Hart The German Generals Talk. New York, NY: Morrow, 1948.
  • Hans Meier-Welcker: Seeckt. Bernard und Graefe, Frankfurt am Main, 1967
  • Williamson Murray et Alan Millet, A War To Be Won Cambridge: Belknap Press, 2000. ISBN
  • Matthias Strohn, The German Army and the Defense of the Reich: Military Doctrine and the Conduct of the Defensive Battle 1918-1939. Cambridge: Cambridge University Press, 2011.
  • Hans van de Ven (en) War and Nationalism in China: 1925-1945 London: Routledge, 2003. ISBN
  • Wolfram Wette, The Wehrmacht: History, Myth, Reality (en), Cambridge, Mass., Harvard University Press, , 372 p. (ISBN 978-0-674-02577-6)
  • John Wheeler-Bennett (en) The Nemesis of Power: German Army in Politics, 1918-1945. New York: Palgrave Macmillan Publishing Company, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]